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PARIS : Jean-Christophe VILLETTE : « L’IA doit intégrer la soutenabilité du travail »

À l’approche de VivaTech 2026, un expert alerte sur le risque d’« intensification invisible » du travail et l’impact de l’IA sur la santé mentale.

Alors que le salon VivaTech 2026 s’apprête à célébrer une nouvelle fois les prouesses de l’intelligence artificielle, des voix s’élèvent pour nuancer l’enthousiasme général. Derrière les promesses de gains de productivité et d’optimisation se cache une réalité plus complexe pour les salariés : l’IA, si elle n’est pas régulée, pourrait devenir un puissant facteur de stress et d’épuisement professionnel.

Loin d’être un simple outil, l’IA redéfinit en profondeur les normes et les rythmes du travail. En automatisant certaines tâches et en accélérant les processus, elle crée une nouvelle attente de performance qui, souvent, n’est ni discutée ni encadrée.

Une intensification invisible du travail

Le principal danger identifié est celui de l’« intensification invisible ». Les délais se raccourcissent, les volumes de travail à traiter augmentent et les standards de performance sont revus à la hausse de manière implicite. Une nouvelle norme s’installe insidieusement dans les organisations, résumée par l’adage « puisque c’est possible, c’est exigible ». Cette accélération constante, sans période de récupération, peut engendrer une charge mentale et cognitive considérable pour les collaborateurs.

L’IA ne transforme pas seulement les outils, elle modifie fondamentalement les attentes, les métiers et les modes de coopération. Ce changement, lorsqu’il est imposé sans accompagnement, peut générer une forte insécurité psychologique : la peur de ne pas maîtriser les nouvelles technologies, la crainte de voir ses compétences devenir obsolètes ou le doute sur la valeur de sa propre contribution future. Un salarié qui subit cette transformation sans en être acteur risque de voir son engagement et son bien-être fragilisés.

Repenser la compétitivité à l’ère de l’IA

Pour Jean-Christophe Villette, vice-président de la FIRPS (Fédération des Intervenants en Risques Psychosociaux), psychologue du travail et directeur général fondateur du cabinet EKILIBRE Conseil, la course à l’innovation technologique ne doit pas faire oublier la soutenabilité humaine. Il appelle les dirigeants à déplacer le débat stratégique.

« L’IA est un accélérateur. La question est : accélère-t-elle notre développement ou notre épuisement ? », interroge Jean-Christophe Villette.

« Le risque n’est pas l’IA en elle-même, mais l’absence de régulation de l’intensité qu’elle rend possible. Si chaque gain de productivité devient immédiatement une nouvelle exigence, alors l’innovation technologique peut se transformer en facteur d’épuisement », prévient-il.

Face à ce constat, il insiste sur la nécessité de poser les bonnes questions pour l’avenir du travail.

« La vraie question stratégique n’est pas : comment aller plus vite grâce à l’IA ? Elle est : comment intégrer l’IA sans dégrader la soutenabilité du travail ? », conclut-il.

Cette approche plaide pour un dialogue renforcé au sein des entreprises, notamment entre les Directions des Ressources Humaines (DRH) et les Directions des Systèmes d’Information (DSI), afin de construire un cadre qui fasse de l’IA un véritable progrès pour l’humain et pas seulement pour la machine.

À propos d’EKILIBRE Conseil

EKILIBRE Conseil est un cabinet de conseil indépendant qui accompagne les entreprises à trouver des solutions adaptées et innovantes pour relever les défis du bien-être et de la performance au travail.

Également organisme de formation, EKILIBRE Conseil est spécialisé dans l’accompagnement sur mesure et sectoriel du management des enjeux humains au travail.

Plus d’informations sont disponibles sur leur site officiel :

https://ekilibre-conseil.com/

via Presse Agence (rédigé à partir d’un communiqué de presse transmis à la rédaction).