MARSEILLE : Îlots de chaleur et pollution – AtmoSud a…
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MARSEILLE : Îlots de chaleur et pollution – AtmoSud alerte sur l’urgence de rafraîchir les villes
Face à l’intensification des canicules et des pics d’ozone, AtmoSud organise une conférence le 25 juin pour explorer les solutions de renaturation.
Après une vague de chaleur et de pollution à l’ozone jugée « précoce et exceptionnelle » en mai, la Métropole Aix-Marseille-Provence se prépare à un été sous haute tension. Le réchauffement climatique rend les îlots de chaleur urbains (ICU) plus fréquents et intenses, transformant ce phénomène en un enjeu de santé publique majeur. Selon Santé Publique France, la chaleur a causé près de 40 000 décès évitables dans le pays depuis 2017, une statistique alarmante qui pousse les acteurs locaux à agir.
Dans ce contexte, l’observatoire de la qualité de l’air AtmoSud se positionne en première ligne pour analyser et proposer des solutions durables.
Un rendez-vous pour penser la ville de demain
Pour répondre à ces défis croisés, AtmoSud organise une journée-conférence le jeudi 25 juin au Jardin du Pharo à Marseille. Cet événement, dédié au projet COOL AM Métropolis, vise à décrypter l’évolution des îlots de chaleur et des émissions de CO2 sur le territoire métropolitain à l’horizon 2050. La journée s’articulera en deux temps : une matinée consacrée aux présentations scientifiques pour comprendre les mécanismes en jeu, suivie d’un après-midi d’ateliers et de tables-rondes orientées vers les solutions concrètes, notamment la végétalisation et la renaturation urbaine.
L’ozone, un polluant tenace et importé
La chaleur estivale ne vient jamais seule. Elle s’accompagne de pics de pollution à l’ozone, un polluant particulièrement agressif pour les voies respiratoires. Une récente étude de l’Inserm, publiée dans la revue Nature Medicine, révèle une réalité méconnue : sur les 114 447 décès prématurés attribués à l’ozone en Europe entre 2015 et 2017, 88,3 % seraient dus à de l’ozone importé de régions hors du continent.
Ce constat explique en partie pourquoi, malgré les efforts de réduction des émissions locales en région Sud, les niveaux de fond de ce polluant stagnent, maintenant le territoire en tête des régions françaises les plus touchées. La lutte contre l’ozone nécessite donc une approche qui dépasse les frontières locales et nationales.
Végétaliser : une solution à double tranchant
La renaturation des villes est unanimement citée comme le principal levier d’action pour rafraîchir les zones urbaines. Cependant, le choix des essences végétales est crucial. Le projet RESILIENCE France 2030, auquel AtmoSud est partenaire, se penche sur cette question complexe. Barbara D’Anna, directrice de recherche au CNRS et responsable scientifique du projet, apporte une nuance importante.
« Le but est donc d’identifier quelles espèces végétales contribuent à l’abaissement des températures, au bien-être en ville, tout en étant favorable à la qualité de l’air », explique Barbara D’Anna.
Certaines plantes, en effet, émettent des composés organiques volatils (COV) qui, sous l’effet du soleil et en se mélangeant aux polluants d’origine humaine, peuvent paradoxalement contribuer à la formation d’ozone.
Des actions concrètes : l’exemple des cours d’écoles
La Métropole Aix-Marseille-Provence a déjà engagé des actions concrètes avec son programme « Vers des cours d’écoles désimperméabilisées et renaturées ». Lancé en 2024, il a déjà reçu l’adhésion de 43 communes pour un total de 90 écoles. L’école de Lambesc, projet pilote, a vu son bitume remplacé par des sols perméables et des dizaines d’arbres. Pour Capucine Edou, vice-présidente métropolitaine déléguée à la Transition écologique, l’enjeu est à la fois environnemental et social.
« Les ICU sont un sujet de santé publique et d’habitabilité du territoire métropolitain qui demande d’intervenir de façon structurante », affirme Capucine Edou.
Elle souligne que le territoire concentre une part importante de populations vulnérables, pour qui la surchauffe urbaine accentue la précarité énergétique. Ces projets de renaturation, suivis de près par AtmoSud pour en mesurer les bénéfices sur la qualité de l’air, sont une première réponse tangible à un problème qui ne fera que s’amplifier dans les décennies à venir. À cette problématique s’ajoute également la pollution aux particules fines, dont 65 % proviendraient de l’usure des pneus selon une étude allemande, un phénomène que la transition vers le véhicule électrique ne résoudra pas.
via Presse Agence (rédigé à partir d’un communiqué de presse transmis à la rédaction).

