PARIS : Thomas BREUZARD : « Intégrer nos impacts et dépenda…
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PARIS : Thomas BREUZARD : « Intégrer nos impacts et dépendances au vivant dans la conduite stratégique »
Thomas Breuzard, de norsys, détaille comment son entreprise donne un rôle décisionnel à la nature pour repenser son modèle économique.
Face à l’intensification des dérèglements climatiques et à l’érosion de la biodiversité, les entreprises sont contraintes de réinventer leurs modèles. Dans sa dernière lettre d’information publiée ce 11 juin 2026, l’Agence de la Transition Écologique (ADEME) met en lumière plusieurs initiatives pionnières, de l’adaptation aux fortes chaleurs à l’écoconception, en passant par une refonte radicale de la gouvernance d’entreprise, à l’image de la société de services numériques norsys.
L’interview de Thomas Breuzard, directeur permaentreprise de norsys, y révèle une démarche inédite en France : donner une voix et un pouvoir de décision à la nature au sein même des instances stratégiques.
« Nous voulions dépasser l’unique cadre du carbone, pour réellement intégrer nos impacts et dépendances au vivant dans la conduite stratégique de notre entreprise », explique Thomas Breuzard.
Cette ambition, héritée d’une culture familiale engagée de longue date sur les questions environnementales, avec un premier bilan carbone réalisé dès 2007, s’est concrétisée en 2024 par une structuration innovante.
Une gouvernance pionnière : la nature au conseil d’administration
Le dispositif de norsys repose sur trois piliers pour assurer une représentation effective du vivant à tous les niveaux décisionnels. La nature est d’abord devenue actionnaire via un fonds de dotation, lui conférant un siège au conseil d’administration avec droit de vote et même un droit de veto sur certains sujets. Elle est ensuite intégrée comme partie prenante dans les comités de pilotage et éthique. Enfin, le Comité Social et Économique (CSE) a été transformé en Comité Social, Économique et Nature (CSEN), pour que les décisions internes intègrent systématiquement les impacts écologiques.
Un « Haut Conseil pour la Nature », composé majoritairement d’experts externes, a pour mission d’apporter un regard critique et d’inscrire des enjeux environnementaux à l’ordre du jour. Les effets sont déjà tangibles : réorientation de projets, renoncement à des marchés jugés non compatibles avec les limites planétaires, et développement d’outils comme la plateforme gratuite monACVnumérique (https://www.norsys.fr/perma-numerique/monacvnumerique) pour analyser le cycle de vie des services numériques.
S’adapter à la canicule : un impératif de sécurité et de performance
Au-delà de la gouvernance, l’ADEME souligne l’urgence pour toutes les organisations de s’adapter aux conséquences physiques du changement climatique. Avec une moyenne de douze jours de canicule par an aujourd’hui, contre trois dans les années 1980, la chaleur n’est plus un phénomène exceptionnel mais une contrainte structurelle. L’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) rappelle que le risque pour la santé devient important au-delà de 33°C.
Pour aider les employeurs, la plateforme « Plus frais au travail » (https://plusfraisautravail.ademe.fr/), lancée par l’ADEME et l’INRS, recense les solutions efficaces. Les témoignages illustrent la diversité des approches. L’entreprise de BTP Rabot Dutilleul a dû arrêter des chantiers et adapter les horaires, tandis que le cabinet Cerfrance Mayenne-Sarthe a massivement investi dans l’isolation et des systèmes de ventilation et de rafraîchissement sobres en énergie, comme le géocooling. Des enseignes comme Leroy Merlin ou Électro Dépôt végétalisent leurs parkings pour créer des îlots de fraîcheur.
Écoconception et mobilité sobre : des leviers d’innovation
La transition passe également par une refonte des produits et des modes de déplacement. À Saint-Cyr-en-Val (Loiret), la PME Altyor a fait de l’écoconception le cœur de sa stratégie industrielle, après une analyse de son bilan carbone en 2020.
« On ne fait pas un devis conçu et un devis éco-conçu. On conçoit comme ça, tout simplement », résume Yanis Cottard, président d’Altyor.
En intégrant jusqu’à 83 % de plastique recyclé dans sa production, l’entreprise a réduit son empreinte carbone de 40 % entre 2020 et 2025.
En Bretagne, le projet Décarmob’Reizh, soutenu par l’ADEME, expérimente quant à lui des véhicules intermédiaires légers (VELIS) pour les missions de terrain des collectivités (entretien d’espaces verts, propreté). Ces solutions se révèlent non seulement plus écologiques mais aussi plus économiques et mieux perçues par les citoyens.
« Aujourd’hui, un véhicule utilitaire multiservice peut coûter autour de 60 000 euros. A ce prix-là, une collectivité peut se procurer deux ou trois VELIS », souligne Alexis Avenel, de l’association Les Boîtes à Vélo – Bretagne.
Ces différentes approches, documentées par l’ADEME, montrent que la prise en compte des enjeux écologiques, loin d’être une simple contrainte, devient un puissant moteur de performance, d’innovation et d’attractivité pour les organisations qui osent repenser leurs pratiques.
via Presse Agence (rédigé à partir d’un communiqué de presse transmis à la rédaction).


