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PARIS : Fidel MARTIN : « La géopolitique est devenue un actif spéculatif »

Selon Fidel Martin (Exoé), les marchés ne voient plus les crises géopolitiques comme un risque mais comme un moteur de spéculation.

PARIS – La Bourse de New York ne craint plus les déclarations de Donald Trump sur l’Iran ; elle semble au contraire s’en délecter. C’est le constat dressé ce 12 juin 2026 par Fidel Martin, président de la société de services financiers Exoé. Dans une analyse, il décrypte comment l’incertitude géopolitique, autrefois perçue comme une menace majeure, s’est transformée en un puissant moteur de spéculation pour les investisseurs.

Alors que le président américain a multiplié les annonces contradictoires, évoquant des frappes militaires contre l’Iran avant de les suspendre, Wall Street a réagi avec une euphorie déconcertante. Le simple report d’une potentielle intervention a suffi à faire grimper les principaux indices, tandis que les cours du pétrole reculaient, signalant un retour de l’appétit pour le risque.

La géopolitique comme moteur spéculatif

Pour Fidel Martin, cette réaction paradoxale signe un changement de paradigme profond pour les marchés financiers.

« Nous sommes entrés dans une économie où la géopolitique n’est plus seulement un facteur de risque ; elle est devenue un actif spéculatif », analyse le président d’Exoé.

Il souligne qu’un simple message sur un réseau social ou une déclaration depuis le Bureau ovale peuvent aujourd’hui déplacer davantage de capitaux qu’un indicateur économique traditionnellement scruté par les analystes. Les marchés ne réagiraient plus aux événements eux-mêmes, mais à la personnalité et aux stratégies de Donald Trump.

Ormuz, épicentre de la spéculation

Le détroit d’Ormuz, par lequel transite près d’un quart des flux pétroliers mondiaux, est devenu l’illustration parfaite de ce nouveau phénomène. Chaque menace de fermeture devrait logiquement provoquer une onde de choc sur les marchés de l’énergie et pousser les investisseurs vers les valeurs refuges.

Pourtant, un scénario différent semble s’être installé. Selon l’analyse, les investisseurs parient désormais sur un cycle prévisible : une escalade verbale fait monter la tension et les prix du pétrole, suivie d’une annonce de négociation ou d’un accord « historique » qui fait chuter les cours et repartir les actions à la hausse. Pour Fidel Martin, les investisseurs ont développé une conviction troublante : « Donald Trump ne crée pas l’incertitude, il la monétise ».

Un risque devenu comportemental

Cette nouvelle dynamique transforme la nature même du risque financier. Pendant des décennies, l’évaluation des risques se fondait sur la santé des entreprises, les perspectives de croissance ou les politiques monétaires des banques centrales. Désormais, elle intègre une dimension comportementale : l’anticipation des réactions d’un seul dirigeant politique.

Ce calcul comporte un danger majeur : en considérant les crises géopolitiques comme des épisodes temporaires destinés à être rapidement résolus, les marchés sous-estiment les risques d’un dérapage réel.

« Le jour où l’escalade ne sera plus un levier de négociation mais une réalité militaire, le réveil pourrait être brutal », prévient Fidel Martin.

L’expert conclut en s’interrogeant sur la viabilité d’un modèle boursier bâti sur une « poudrière géopolitique », rappelant que les lois fondamentales de l’économie n’ont jamais été suspendues par un message sur les réseaux sociaux.

À propos d’Exoé

Fondée en 2006, Exoé est une société agréée par l’Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution (ACPR) et régulée par l’Autorité des Marchés Financiers (AMF).

Forte d’une équipe de 14 personnes, elle propose une table de négociation experte pour les professionnels de la gestion d’actifs, offrant un service d’externalisation technologique, réglementaire et humain pour l’exécution de leurs ordres de Bourse.

via Presse Agence (rédigé à partir d’un communiqué de presse transmis à la rédaction).