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PARIS : Drame de Lyhanna – Max BAUER : « La protection de l’enfance et la justice face à un échec collectif »
« La mort de Lyhanna, 11 ans, suscite une vive émotion et met en lumière les défaillances présumées de la chaîne de protection judiciaire », déplore Max Bauer, ancien président de la Coordination Rurale du Var.
Pour Max Bauer, syndicaliste agricole du Var : « La mort tragique de Lyhanna, une fillette de 11 ans, a provoqué une onde de choc à travers le pays, dépassant le cadre du simple fait divers pour ouvrir un débat national sur l’efficacité de la protection de l’enfance et la responsabilité des institutions judiciaires. L’affaire met en cause la gestion des alertes concernant le suspect, déjà connu des services, et soulève la question d’une possible faute institutionnelle ».
Une circulaire ministérielle au cœur des interrogations
Les éléments révélés dans ce dossier pointent vers un dysfonctionnement majeur. Une circulaire pénale, signée par le garde des Sceaux Gérald Darmanin en janvier 2026, appelait spécifiquement à une action renforcée et prioritaire concernant les violences faites aux enfants.
« *Il est nécessaire de poursuivre votre mobilisation concernant les faits commis au préjudice des enfants : les violences physiques ou sexuelles doivent faire l’objet d’une vigilance particulière et d’un traitement prioritaire* », stipulait cette directive adressée aux parquets.
« Or, selon les premières informations, cette instruction n’aurait pas été pleinement appliquée par la procureure d’Auch dans le suivi des plaintes visant Jérôme B., le principal suspect dans la mort de Lyhanna. Si cette information est confirmée par les enquêtes en cours, elle démontrerait que des outils préventifs existaient mais que la chaîne de protection a failli, transformant un risque signalé en un drame irréparable », constate, déploré, Max Bauer, syndicaliste et catholique pratiquant à la paroisse de La Garde (Var).
Un « échec collectif » reconnu par la magistrature
Face à l’émotion et à la colère grandissantes, le monde judiciaire commence à réagir. Intervenant sur BFMTV-RMC, Béatrice Brugère, magistrate et secrétaire générale du syndicat Unité Magistrats, a évoqué sans détour les failles du système.
« *Il y a des enquêtes administratives en cours qui verront s’il y a eu des responsabilités individuelles mais c’est un échec collectif car la personne mise en examen était déjà dans nos radars* », a-t-elle souligné.
Pour la magistrate, ce drame met en évidence une crise plus profonde de la protection de l’enfance en France, qui ne peut plus être éludée.
« *Nous avons un problème en France sur la protection de l’enfance, il va falloir que ça devienne un enjeu premier, national* », a-t-elle insisté.
Au-delà de la question des moyens
Alors que l’argument du manque de ressources est souvent avancé pour expliquer les lenteurs ou les faiblesses du système, Béatrice Brugère estime qu’il ne peut constituer une excuse absolue.
« *On ne doit pas moralement se cacher derrière l’excuse des moyens, ça ne suffit pas. Il faut qu’on s’organise avec nos moyens pour faire en sorte que ces choses n’arrivent plus* », a-t-elle martelé.
« Cette prise de position suggère que des améliorations significatives pourraient être obtenues par une meilleure organisation, une priorisation rigoureuse des dossiers les plus sensibles et une application stricte des directives existantes. Le drame de Lyhanna relance ainsi le débat sur la nécessité d’une réponse pénale plus ferme et préventive face aux individus présentant un danger avéré pour les plus vulnérables. La société tout entière attend désormais que des responsabilités soient établies et que des mesures concrètes soient prises pour faire de la protection de l’enfance une priorité nationale effective, et non plus seulement une intention affichée », conclut Max Bauer, engagé également dans la politique du territoire dans le Var.
via Presse Agence.