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NANTES : Art – « Surréelles », une traversée inédite…

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NANTES : Art – « Surréelles », une traversée inédite du surréalisme par les femmes artistes

Le Musée d’arts de Nantes annonce « Surréelles », une exposition majeure à l’automne 2026 dédiée aux femmes artistes du mouvement surréaliste.

Le Musée d’arts de Nantes se prépare à accueillir, du 20 novembre 2026 au 21 mars 2027, une exposition d’envergure intitulée « Surréelles : Une autre traversée du surréalisme ». Fort de l’un des plus importants fonds consacrés à Claude Cahun, figure nantaise et icône du mouvement, le musée propose une relecture ambitieuse et nécessaire de l’histoire du surréalisme, entièrement articulée autour des œuvres et des trajectoires des créatrices qui l’ont façonné, de ses origines à nos jours.

L’événement mettra en lumière comment ces artistes se sont emparées des concepts surréalistes pour explorer leur identité, leur inconscient et leur rapport au monde à travers une multitude de médiums : peinture, sculpture, photographie, dessin, cinéma ou encore écriture.

Une réécriture de l’histoire de l’art

S’inscrivant dans le sillage de travaux pionniers menés dès les années 1970 par des chercheuses comme Gloria Orenstein et Whitney Chadwick, qui ont dénoncé l’invisibilisation des femmes dans le récit officiel du surréalisme, l’exposition nantaise entend apporter une contribution décisive à cette réécriture. Le projet se distingue par son approche « organique », refusant la simple juxtaposition d’œuvres pour se concentrer sur les interactions, les réseaux et les échanges qui ont nourri cette constellation d’artistes.

Un accent particulier sera mis sur le rôle crucial des « passeuses » — galeristes, mécènes et collectionneuses telles que Peggy Guggenheim, Marie-Laure de Noailles ou Simone Kahn — dont le soutien matériel et intellectuel fut indispensable à la diffusion des idées surréalistes. Cette perspective contextuelle, sociale et historique offre une vision renouvelée et plus complète du mouvement.

Un parcours thématique en quatre temps

L’exposition se déploiera en quatre sections thématiques, explorant les préoccupations communes de ces créatrices. La première, « Être à soi », se penchera sur l’autoportrait et la mise en scène de soi comme des outils d’affirmation et de questionnement identitaire. La deuxième, « Des espaces traversés », analysera l’usage de l’architecture comme métaphore psychologique, l’exploration de l’occulte et la traduction des angoisses politiques face à la montée des autoritarismes dans les années 1930.

La troisième partie, « Naître femme », abordera la critique des conventions sociales, la dénonciation du foyer comme espace d’oppression et la réinterprétation du corps féminin. Enfin, la section « Transformations perpétuelles » s’intéressera à la fusion entre l’humain, l’animal et le végétal, révélant une sensibilité écologique précoce où la nature devient le miroir de l’intériorité et un puissant outil de réinvention du monde.

Hélène Delprat, une carte blanche contemporaine

Fidèle à sa vocation de dialogue entre les époques, le musée a donné carte blanche à l’artiste contemporaine Hélène Delprat. Connue pour son travail pluridisciplinaire où se mêlent peinture, vidéo, performance et un humour teinté de gravité, elle présentera dans la chapelle de l’Oratoire son œuvre vidéo et performative *Les (fausses) conférences*, qui détourne avec ironie les codes du discours savant.

Hélène Delprat interviendra également au cœur du parcours principal, dans le Patio, avec une installation en forme d’étoile. Cet espace recouvert de miroirs accueillera en son centre un mannequin à son effigie, créant un écho fragmenté et puissant aux questionnements identitaires des artistes historiques de l’exposition.

Les collections nantaises à l’honneur

L’exposition puise sa force dans les riches collections du musée, qui rappellent le lien singulier de Nantes avec le surréalisme, ville où André Breton rencontra Jacques Vaché. Le fonds exceptionnel dédié à Claude Cahun constitue le socle du projet. Il a été récemment enrichi par des acquisitions majeures d’œuvres de Meret Oppenheim, Leonor Fini, Jane Graverol, Dorothea Tanning et Jacqueline Lamba. Ces pièces maîtresses dialogueront avec de nombreux prêts prestigieux, nationaux et internationaux, pour offrir un panorama d’une richesse exceptionnelle.

Un catalogue largement illustré sera publié pour accompagner l’exposition, réunissant des essais sur les grands thèmes du parcours et sur les figures clés de ce surréalisme au féminin.

via Presse Agence.