Passer au contenu principal

PARIS : Violences anti-LGBTI+ – Un rapport pointe des…

Partager :

PARIS : Violences anti-LGBTI+ – Un rapport pointe des chiffres record et un faible taux de plainte

À l’occasion du Mois des Fiertés, la Fondation Jean-Jaurès a publié une étude alarmante sur la hausse et la complexité des actes anti-LGBTI+ en France.

En ouverture du Mois des Fiertés 2026, la Fondation Jean-Jaurès, en partenariat avec la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT+ (Dilcrah), frappe un grand coup en publiant une étude collective majeure sur la réalité des violences et discriminations visant les personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres et intersexes. Coordonné par Flora Bolter, codirectrice de l’Observatoire LGBTI+ de la fondation, ce rapport souligne l’urgence de disposer de données fiables pour construire des politiques publiques efficaces face à un phénomène en constante augmentation.

Une hausse alarmante des infractions

Les chiffres officiels confirment une tendance très préoccupante. Selon les données du Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI), les infractions anti-LGBTI+ enregistrées par la police et la gendarmerie ont atteint un nouveau sommet en 2025 avec 4 945 actes recensés. Ce chiffre a presque triplé en moins de dix ans, passant de 1 810 en 2016 à ce niveau historiquement haut. La légère augmentation de 2 % sur la dernière année ne doit pas être interprétée comme un ralentissement, mais plutôt comme la consolidation d’un niveau de violence inédit.

L’analyse détaillée révèle d’autres motifs d’inquiétude : la jeunesse des auteurs (un sur quatre a entre 13 et 17 ans) et des victimes (11 % ont entre 10 et 17 ans), ainsi que la part croissante de la haine en ligne, qui représente désormais 15 % de ces infractions, contre 9 % l’année précédente. Les personnes transgenres, en particulier, sont la cible d’une part croissante des attaques.

Une réalité largement sous-estimée

Le rapport insiste sur le fait que ces statistiques officielles ne sont que la partie émergée de l’iceberg. Le décalage entre les actes commis et ceux qui font l’objet d’une plainte est abyssal, masquant l’ampleur réelle du phénomène.

« Ce que l’État enregistre ne représente qu’une fraction de ce qui est vécu – seules 3 % des victimes d’actes anti-LGBT+ déclaraient avoir porté plainte en 2023 », souligne Cindy Léoni, Déléguée interministérielle, dans la préface de l’étude.

Cette sous-déclaration massive signifie que toute amélioration dans l’accueil et l’accompagnement des victimes se traduira mécaniquement par une hausse des chiffres, rendant indispensable le croisement des sources pour obtenir une vision juste.

Mesurer pour mieux agir : une conviction politique

Face à des actes aux formes multiples – violences physiques, discriminations au travail ou à l’école, harcèlement, rejet familial, cyberhaine – l’étude défend une conviction forte, résumée par Flora Bolter.

« Au regard de l’action publique, ce qui n’est pas compté ne compte pas : quand l’estimation quantitative d’une réalité sociale n’existe pas, il y a peu de chances qu’elle soit réellement prise en compte par la loi et les politiques publiques », explique la coordinatrice du rapport.

Réunissant les contributions de chercheurs, d’acteurs associatifs et de spécialistes, ce travail se veut une « boîte à outils de référence » pour les décideurs, les éducateurs et les militants. Dans un contexte européen de montée des discours de haine, le rapport réaffirme que la lutte contre les discriminations anti-LGBTI+ est un enjeu fondamental pour la cohésion démocratique. L’étude complète est disponible sur le site de la Fondation Jean-Jaurès (www.jean-jaures.org).

À propos de la Fondation Jean-Jaurès

Première des fondations politiques en France, la Fondation Jean-Jaurès est reconnue d’utilité publique depuis sa création en 1992 par Pierre Mauroy.

Sa mission est d’influencer les politiques publiques par ses analyses et ses propositions, et de contribuer à repenser en profondeur la social-démocratie à l’échelle nationale, européenne et internationale.

via Presse Agence.