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BRAZZAVILLE : Financement du développement – « L’Afri…

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BRAZZAVILLE : Financement du développement – « L’Afrique a les atouts nécessaires » pour mobiliser ses capitaux

Réunis lors des Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement, des experts ont appelé à renforcer les systèmes financiers du continent.

C’est un constat partagé par tous les acteurs du développement : l’Afrique fait face à un déficit annuel de financement estimé à 400 milliards de dollars. Pour relever ce défi colossal dans un contexte mondial fragmenté, des systèmes financiers plus solides, mieux intégrés et plus autonomes sont essentiels. Telle a été la conclusion d’une table ronde de haut niveau organisée par la Banque africaine de développement (www.AfDB.org) le mercredi 27 mai, dans le cadre de ses Assemblées annuelles 2026 qui se tiennent à Brazzaville, en République du Congo.

Sous le thème « Renforcer et consolider les systèmes financiers et la capacité d’action de l’Afrique dans un monde en mutation », la session, modérée par Hassatou N’Sele, vice-présidente chargée des Finances du Groupe de la Banque, a rassemblé un large éventail d’acteurs pour explorer les pistes de mobilisation des ressources à grande échelle.

Une expertise internationale pour un défi continental

Pour nourrir la réflexion, la session a réuni des dirigeants d’institutions financières, des régulateurs, des banquiers centraux et des experts juridiques. Le panel comprenait notamment Dieudonné Fikiri Alimasi (Banque centrale de la RDC), Michel Dzombala (Banque des États de l’Afrique centrale), Ngueto Tiraïna Yambaye (Fonds africain de garantie et de coopération économique), Manuel Moses (African Trade & Investment Development Insurance), Kalidou Gadio (DLA Piper), Cedrick Motetcho (Banque arabe pour le développement économique en Afrique) et le professeur Carlos Lopes (Université du Cap).

Invitant Nobumitsu Hayashi, gouverneur de la Japan Bank for International Cooperation, à partager l’expérience asiatique, Hassatou N’Sele a rappelé que « le Japon est un partenaire constant et de longue date du développement en Afrique ». M. Hayashi a souligné que le rétablissement financier du Japon et de l’Asie après les crises du 20ème siècle reposait sur l’intégration régionale, des marchés nationaux solides et le développement de marchés obligataires en monnaie locale.

« Nous développons fortement l’intégration financière, car c’est le véritable moteur de la croissance économique durable dans les pays asiatiques », a ajouté M. Hayashi.

La NAFAD, un cadre pour l’autonomie financière

Les intervenants ont salué la pertinence de la Nouvelle architecture financière africaine pour le développement (NAFAD), une initiative lancée par la Banque africaine de développement pour aider à combler le déficit de financement. Cette approche vise à mieux coordonner et mobiliser les ressources internes au continent.

Pour Manuel Moses, directeur général de l’African Trade & Investment Development Insurance (ATIDI), le potentiel est immense. Il a affirmé que l’Afrique dispose déjà de ressources importantes qui peuvent être mieux mobilisées, et que la NAFAD offre un cadre structurant pour organiser ces efforts de manière plus efficace depuis l’intérieur du continent.

Confiance, risque et réformes : les chantiers prioritaires

Les débats ont mis en lumière plusieurs leviers d’action cruciaux. Dieudonné Fikiri Alimasi, premier vice-gouverneur de la Banque centrale de la République démocratique du Congo, a insisté sur la nécessité de rétablir la confiance dans les monnaies locales, conditionnée par une stabilité macroéconomique durable et une adoption accélérée des technologies financières.

De son côté, Ngueto Tiraïna Yambaye, président du FAGACE, a appelé à une collaboration renforcée entre les institutions africaines pour changer la perception du risque chez les investisseurs. Un point de vue complété par Kalidou Gadio, qui a plaidé pour des réformes juridiques et réglementaires audacieuses afin de supprimer les obstacles à l’utilisation des capitaux, y compris les fonds souverains. Pour le professeur Carlos Lopes, les politiques macroéconomiques doivent mieux soutenir la transformation structurelle en utilisant les capitaux nationaux à long terme, comme les fonds de pension.

En conclusion, les experts se sont accordés sur un point : le défi de l’Afrique ne réside pas tant dans un manque de ressources que dans l’urgence de les mobiliser plus efficacement. Un sentiment résumé par Dieudonné Fikiri Alimasi :

« L’Afrique possède tous les atouts nécessaires pour transformer ses économies ».

Pour revoir la session, suivez ce lien : https://apo-opa.co/430tdAX

Plus d’informations sur les Assemblées annuelles 2026 sont disponibles ici : https://AM.AfDB.org

via Presse Agence.