PARIS : François KRAUSS : « La Gen Z compense la récession…
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PARIS : François KRAUSS : « La Gen Z compense la récession sexuelle par le plaisir solo »
Une étude Ifop pour espaceplaisir révèle que les jeunes femmes font moins l’amour mais compensent par une sexualité solo assumée.
Moins de rapports sexuels, mais pas moins de plaisir. C’est le paradoxe que révèle une nouvelle étude Ifop pour espaceplaisir, dévoilée ce mercredi 27 mai, sur la sexualité des jeunes femmes de 15 à 29 ans. Le phénomène de « récession sexuelle », observé à l’international, touche de plein fouet la France : la sexualité partagée perd de sa centralité, mais les femmes de la Génération Z réinventent leur rapport au plaisir en investissant massivement la masturbation et l’usage de sextoys.
La « sex recession », une tendance de fond confirmée
Les chiffres de l’Observatoire du bien-être sexuel de la Gen Z sont sans équivoque et confirment un désengagement progressif de la sexualité à deux. Seules 38 % des jeunes femmes de 15 à 24 ans estiment que la sexualité est « très importante » ou « indispensable » dans leur vie, un chiffre en chute libre par rapport à 1990 où elles étaient 62 %. Cette tendance se double d’une dissociation croissante entre amour et sexe : 56 % des 18-24 ans pourraient aujourd’hui vivre en couple sans relations sexuelles, contre 42 % en 2000.
Cette baisse de la libido se traduit concrètement dans les pratiques. Un tiers (33 %) des femmes de 20 à 29 ans n’a eu aucun rapport sexuel au cours du dernier mois, soit près du double qu’en 1998 (19 %). « La « sex recession » française semble refléter une transformation des conditions sociales de la rencontre amoureuse. Les jeunes adultes vivent plus longtemps chez leurs parents, se mettent plus tard en couple, sortent moins le soir, et passent en moyenne plusieurs heures par jour devant des écrans qui captent ce qui était hier du « temps sexuel » », analyse François Kraus de l’Ifop.
Moins de rapports, mais une satisfaction intacte
Malgré ce recul marqué de l’activité sexuelle, le niveau de satisfaction des jeunes femmes reste étonnamment stable. Près de trois sur quatre (74 %) se déclarent satisfaites de leur vie intime, une proportion identique à celle de 2014. Ce paradoxe s’explique par une autonomisation du plaisir féminin, qui ne dépend plus exclusivement du partenaire.
La masturbation est ainsi devenue une pratique majoritaire, adoptée par 71 % des femmes de la Gen Z. « La normalisation de la masturbation féminine est l’une des évolutions les plus marquantes de l’histoire récente de la sexualité. Là où la génération précédente devait encore arracher cette pratique au tabou, les jeunes femmes d’aujourd’hui en font une composante banale de leur vie intime », souligne François Kraus. Cette évolution s’appuie sur la démocratisation des sextoys, que 39 % des jeunes femmes ont déjà utilisés en solo.
L’essor du plaisir solo et des sextoys
L’usage des accessoires intimes connaît une croissance spectaculaire. En moins de dix ans, la part des jeunes femmes de 18-24 ans utilisant un sextoy chaque semaine a triplé, passant de 4 % en 2017 à 13 % en 2026. L’étude montre que le sextoy agit comme un véritable « accélérateur d’orgasme », particulièrement en solo : 36 % des orgasmes obtenus lors de la dernière masturbation l’ont été grâce à un sextoy.
Ce plaisir mécanisé met en lumière la persistance de l’« orgasm gap » dans les relations hétérosexuelles, où seules 9 % des femmes atteignent l’orgasme via un sextoy avec un partenaire. « Le sextoy révèle ici un « plafond de verre orgastique » qui pèse toujours sur la sexualité hétérosexuelle. Les jeunes femmes comptent davantage sur elles-mêmes – et sur leurs accessoires – que sur leur partenaire pour jouir », conclut François Kraus.
Un plaisir assumé mais encore tabou
Si ces pratiques sont désormais ancrées dans le quotidien, la parole, elle, peine à se libérer. L’étude révèle que le plaisir autoérotique reste un sujet largement dissimulé dans les cercles amicaux. Plus d’une jeune femme sur deux (55 %) a déjà caché à ses amies qu’elle se masturbait, et 52 % ont tu leur usage d’un sextoy en solo. Un paradoxe qui illustre, selon l’Ifop, que « les sociabilités féminines demeurent en partie régies par des codes implicites de retenue sexuelle ».
L’étude a été réalisée par questionnaire en ligne du 23 au 27 janvier 2026 auprès d’un échantillon représentatif de 1 011 femmes de 15 à 29 ans. Fondé en 2010, espaceplaisir (https://www.espaceplaisir.fr/) est un acteur français du bien-être intime qui propose des produits et des contenus pédagogiques. L’étude complète est disponible sur son site (https://www.espaceplaisir.fr/presse-etude-ifop-sex-recession).
via Press Agence.


