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PARIS : Raphaël MAISONNIER : « La qualité des relations au travail est un véritable levier de performance »

Une nouvelle enquête de Fasterclass révèle un profond malaise dans les entreprises françaises où la parole reste bridée et le dialogue difficile.

Un salarié sur deux ne se sent pas pleinement intégré, 57 % estiment que leur avis est rarement pris en compte et seuls 8 % osent aborder ouvertement les tensions : le climat relationnel dans les entreprises françaises est sous pression. C’est le constat alarmant d’une enquête nationale menée par Fasterclass, organisme spécialisé dans les compétences comportementales, auprès de 3 653 actifs. Le sondage explore trois dimensions fondamentales du vécu professionnel : l’inclusion, l’autonomie et l’ouverture. Les résultats montrent une fracture nette entre les attentes des salariés et les pratiques managériales actuelles.

« La qualité des relations au travail n’est pas un sujet annexe, c’est un véritable levier de performance. Quand les équipes se comprennent, se parlent et se font confiance, elles produisent mieux, décident plus vite et s’adaptent plus efficacement », analyse Raphaël Maisonnier, CEO de Fasterclass. Pour lui, les chiffres révèlent une « faille majeure du management », car le bien-être et la performance découlent directement de la capacité des équipes à établir des liens de confiance.

Un sentiment d’intégration fragile

L’enquête met en lumière une cohésion d’équipe très précaire. Si 53 % des salariés se sentent globalement intégrés, ils ne sont que 23 % à l’être « tout à fait ». À l’inverse, 47 % des actifs ne se sentent pas pleinement à leur place, dont 16 % « pas du tout ».

Ce malaise est renforcé par le sentiment de ne pas être écouté. Seuls 14 % des salariés estiment que leur avis est régulièrement pris en compte, tandis que 57 % jugent qu’il ne l’est que rarement, voire « presque jamais » pour 24 % d’entre eux. Cette situation est aggravée par un manque de clarté dans la répartition des missions : 41 % des répondants pensent que les rôles dans leur équipe sont flous ou mal définis, ce qui génère tensions et incompréhensions.

Autonomie en berne et manque de moyens

Si près de sept salariés sur dix se sentent compétents et légitimes dans leur rôle, leur capacité d’action est souvent entravée. À peine un sur cinq (19 %) déclare disposer de l’autonomie et des moyens nécessaires pour effectuer correctement son travail. Plus d’un tiers des actifs (36 %) se sentent bridés, déclarant manquer de marge de manœuvre, de ressources ou se sentant même « bloqués » dans leurs tâches (8 %).

Le lourd poids du silence et des non-dits

La communication directe et honnête reste le principal défi. Près de six salariés sur dix (58 %) jugent difficile de parler franchement au sein de leur équipe, par peur d’être jugés ou sanctionnés. Le symptôme le plus marquant de cette culture du non-dit est la gestion des conflits : une écrasante majorité (71 %) des salariés avoue que les désaccords sont évités ou que les tensions sont laissées pour compte, finissant par « nuire au travail collectif ». Seuls 8 % affirment aborder ouvertement les problèmes pour trouver une solution.

« Ce silence n’est jamais neutre : il est presque toujours le symptôme d’une absence de sécurité psychologique. Quand un salarié choisit de se taire, ce n’est pas par manque d’opinion, c’est parce qu’il a évalué qu’il était plus risqué de parler que de se taire », explique Raphaël Maisonnier. « Et ce calcul a un coût, pour tout le monde : les tensions non dites finissent par éroder la confiance, ralentir les décisions, dégrader la collaboration et user les individus. »

Reconnaissance et écoute, clés de l’amélioration

Interrogés sur les leviers pour améliorer les relations, les salariés ne plébiscitent pas la convivialité mais des changements plus profonds. En tête de leurs attentes figurent la reconnaissance du travail accompli (31 %), une écoute réelle de la part des collègues et managers (25 %) et la possibilité d’avoir des échanges francs et directs (17 %).

La connaissance de soi, angle mort du management

L’enquête, inspirée des travaux du psychologue William Schutz sur l’Élément Humain®, pointe une compétence largement négligée : la connaissance de soi. Pour 77 % des salariés, ce sujet est rarement abordé ou totalement éclipsé par la culture du résultat et de la performance. « La connaissance de soi est une compétence managériale fondamentale. Un manager qui ne se connaît pas ne peut pas réellement comprendre ses équipes, ni instaurer la confiance nécessaire à leur engagement », conclut Raphaël Maisonnier.

L’étude a été réalisée en ligne du 13 au 21 mai 2026 auprès d’un échantillon représentatif de 3 653 actifs français. Fasterclass (https://www.fasterclass.fr/) est un organisme de formation et de coaching qui accompagne les entreprises dans le développement des compétences managériales et relationnelles. L’enquête complète est disponible en ligne.

 

via Press Agence.