BUENOS AIRES : NJ AYUK : « L’Atlantique n’est p…
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BUENOS AIRES : NJ AYUK : « L’Atlantique n’est plus une barrière, c’est un corridor commercial »
La Chambre africaine de l’énergie promeut à Buenos Aires un partenariat énergétique transatlantique avec l’Amérique du Sud.
La prochaine conférence ARPEL, qui se tiendra du 1er au 4 juin 2026 à Buenos Aires, s’annonce comme un événement majeur pour redessiner la carte énergétique mondiale. Organisée par l’Association des entreprises pétrolières, de gaz et d’énergies renouvelables d’Amérique latine et des Caraïbes, elle vise à construire un nouveau corridor énergétique transatlantique. Dans ce contexte, la Chambre africaine de l’énergie (AEC) (https://EnergyChamber.org) entend jouer un rôle de premier plan. Une délégation menée par son président exécutif, NJ Ayuk, se rendra en Argentine pour présenter aux opérateurs sud-américains les vastes opportunités d’investissement et de collaboration qu’offre le continent africain.
Un continent africain en pleine effervescence énergétique
La participation de la délégation africaine intervient à un moment charnière. L’Afrique connaît l’un de ses cycles d’investissement en amont les plus dynamiques de la dernière décennie, avec des dépenses d’investissement prévues à hauteur de 41 milliards de dollars pour la seule année 2026. De nombreux pays multiplient les cycles d’octroi de licences et les opportunités d’entrée sur le marché, notamment l’Angola, le Nigeria, la Tanzanie, l’Algérie, la Sierra Leone et la Guinée équatoriale. Les marchés émergents affichent des résultats prometteurs, à l’image de la Namibie qui a enregistré un taux de réussite de 60 % dans ses campagnes d’exploration récentes.
Parallèlement, de nouvelles découvertes en Côte d’Ivoire et l’intensification des forages onshore et offshore ouvrent la voie à des développements commerciaux significatifs, offrant des perspectives uniques pour les entreprises sud-américaines expérimentées.
Le gaz naturel, pilier du partenariat stratégique
Le secteur du gaz naturel constitue l’un des axes de collaboration les plus prometteurs. L’Afrique se positionne pour devenir un pôle mondial du Gaz Naturel Liquéfié (GNL), avec des ressources considérables encore inexploitées. Le bassin de Rovuma au Mozambique et le delta du Niger au Nigeria recèlent à eux seuls près de 140 000 milliards de pieds cubes de gaz découvert mais non développé. Le continent fournit déjà 8,5 % du GNL mondial, et les tensions géopolitiques actuelles sur les chaînes d’approvisionnement pourraient voir ce chiffre quadrupler d’ici 2050.
Le gaz de schiste représente une autre frontière de croissance. L’Algérie détient plus de 700 000 milliards de pieds cubes de ressources de schiste, tandis que l’Afrique du Sud et la Tanzanie évaluent activement leur potentiel.
L’expertise sud-américaine comme levier de développement
Face à ces opportunités, l’expertise de l’Amérique du Sud est perçue comme un atout crucial. Le développement par l’Argentine de la formation schisteuse de Vaca Muerta, qui assure 70 % de sa production gazière, a permis d’acquérir un savoir-faire de pointe en forage horizontal, fracturation hydraulique et optimisation de la chaîne d’approvisionnement. Ce sont des compétences activement recherchées par de nombreux marchés africains pour surmonter leurs propres obstacles techniques.
« L’Atlantique n’est plus une barrière ; c’est un corridor commercial. Aucune nation de l’hémisphère sud n’est mieux placée que l’Argentine pour s’associer à l’Afrique dans le développement des énergies non conventionnelles. En exportant l’expertise durement acquise à Vaca Muerta, les entreprises sud-américaines peuvent capter la valeur en phase de démarrage dans les nouveaux bassins frontaliers africains », a déclaré NJ Ayuk, président exécutif de l’AEC.
Vers un renouveau énergétique de l’Atlantique Sud
Les synergies entre les deux continents sont déjà une réalité. La société Golar LNG, qui mène un projet majeur à Vaca Muerta, a également été pionnière dans les solutions de GNL flottant (FLNG) au Cameroun et soutient l’émergence du Sénégal et de la Mauritanie comme producteurs de GNL. Ce partage de technologies et de chaînes de valeur illustre le potentiel d’un partenariat renforcé.
La conférence ARPEL est ainsi vue comme un tournant stratégique, offrant une plateforme pour que deux des plus grandes régions frontalières du monde unissent leurs forces afin de transformer leurs ressources énergétiques en une croissance économique durable et partagée.


