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MARSEILLE : Alain GARGANI : « L’État doit agir vite pour desserrer la pression sur nos TPE-PME »

La CPME Sud alerte sur la dégradation de la situation des TPE-PME, menacées par le choc des coûts et la hausse du chômage à 8,1 %.

Alors que le gouvernement a présenté ce jeudi des mesures de soutien face aux répercussions économiques de la crise au Moyen-Orient, la Confédération des Petites et Moyennes Entreprises (CPME) de la région Sud tire la sonnette d’alarme. S’appuyant sur une enquête menée du 28 avril au 12 mai 2026 auprès de 2 350 dirigeants, l’organisation patronale dénonce une détérioration rapide de la santé des TPE-PME, qui ne parviennent plus à absorber seules le choc des coûts. Un constat corroboré par les derniers chiffres de l’Insee, qui font état d’un taux de chômage au sens du BIT de 8,1 % au premier trimestre 2026, en hausse de 0,7 point sur un an. Ce franchissement d’un seuil symbolique confirme la transformation des inquiétudes en une crise économique et sociale tangible.

MARSEILLE : Alain Gargani : « L'État doit agir vite pour desserrer la pression sur nos TPE-PME »

Un choc des coûts qui fragilise les entreprises

Selon l’enquête de la CPME Sud, la situation économique des petites et moyennes entreprises se dégrade nettement. Près de la moitié des dirigeants interrogés (45 %) constatent une détérioration de la situation globale de leur structure au premier semestre 2026, et les perspectives pour le second semestre demeurent sombres. Les marges sont comprimées, les trésoreries fragilisées et l’incertitude pèse lourdement sur les carnets de commandes.

La trésorerie est devenue le principal point de tension. 38 % des dirigeants la jugent « tendue ou critique », et pour 11 % d’entre eux, la survie de leur entreprise est menacée à court terme. Cette fragilité financière est accentuée par un accès au crédit bancaire de plus en plus difficile pour les entreprises les plus exposées. La crise au Moyen-Orient agit comme un puissant catalyseur : 78 % des chefs d’entreprise déclarent que leur activité est directement impactée par la flambée des prix des carburants, de l’énergie et des matières premières. Incapables de répercuter intégralement ces hausses sur leurs prix de vente sans risquer de perdre leurs marchés, de nombreuses TPE-PME se retrouvent prises dans un effet ciseau dévastateur.

Des conséquences directes sur l’emploi

Cette dégradation rapide des équilibres économiques se répercute inévitablement sur le front de l’emploi. L’équation est simple : la baisse d’activité, conjuguée à la hausse des charges et à des trésoreries exsangues, force les entreprises à freiner leurs investissements et, dans les cas les plus critiques, à réduire leurs effectifs. Déjà, près d’un dirigeant sur cinq indique avoir procédé à des licenciements au cours du premier semestre.

Dans ce climat tendu, la CPME Sud exhorte le gouvernement à ne prendre aucune mesure qui pourrait alourdir le coût du travail. À quelques jours d’une revalorisation automatique du SMIC de 2,4 % prévue pour le 1er juin, toute modification des règles de calcul ou des allègements de charges pourrait porter un coup fatal à des entreprises déjà très affaiblies.

« Cette remontée du chômage n’est malheureusement pas une surprise : c’est la traduction directe des conséquences d’une crise que nous signalons depuis des mois et qui gagne désormais l’ensemble de l’économie française. Sur le terrain, les entreprises sont entrées dans une logique de résistance, dans un climat extrêmement anxiogène, avec des coûts qui explosent et des trésoreries sous tension. Dans ce contexte, la priorité absolue doit être de préserver l’emploi, et donc de préserver les entreprises. Si nous continuons à les asphyxier, nous prendrons le risque d’une véritable hécatombe économique et sociale. L’État doit agir vite pour desserrer la pression et redonner de l’oxygène à nos TPE-PME », déclare Alain Gargani, président de la CPME Sud.

Des demandes ciblées pour éviter l’asphyxie

Face à l’accumulation des périls, la CPME Sud appelle l’exécutif à des actions concrètes et rapides. L’organisation demande notamment la mise en place d’un dispositif de report ou d’étalement des charges fiscales et sociales pour les entreprises les plus en difficulté. Elle insiste également sur la nécessité de préserver le soutien à l’investissement, un levier indispensable pour ne pas compromettre la capacité de rebond de l’économie une fois la crise passée. L’enjeu est clair : éviter que les arbitrages de court terme ne condamnent l’avenir de milliers d’entreprises et d’emplois sur le territoire.

via Press Agence.