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PARIS : Manuelle MALOT : « Les jeunes diplômés ne tournent…

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PARIS : Manuelle MALOT : « Les jeunes diplômés ne tournent pas le dos à l’entreprise, ils lui demandent davantage »

Loin des clichés, une étude Forvis Mazars et EDHEC révèle une génération exigeante mais engagée envers l’entreprise.

PARIS – Les nouvelles générations rejettent-elles l’entreprise et le travail ? À rebours des idées reçues, une série d’études menées sur plusieurs années par l’EDHEC NewGen Talent Centre et Forvis Mazars dresse un portrait inattendu des jeunes diplômés. Loin du désenchantement, ils perçoivent majoritairement l’entreprise comme un lieu d’épanouissement et de collaboration, tout en exigeant une profonde redéfinition du management et du contrat de travail.

Une vision positive mais critique de l’entreprise

Les chiffres sont éloquents : 80 % des jeunes issus de grandes écoles considèrent l’entreprise comme un environnement collaboratif et innovant. Ils la jugent également captivante (76 %) et ouverte (63 %). Cette vision positive se heurte cependant à des représentations persistantes d’un modèle jugé dépassé. Une large majorité continue de percevoir l’entreprise comme stressante (76 %), compliquée (71 %), verticale (69 %) et standardisée (62 %), pointant un décalage entre le potentiel perçu et la réalité managériale.

Du manager-contrôleur au manager-facilitateur

L’une des mutations les plus profondes concerne le rapport à l’autorité. Les jeunes diplômés privilégient une autorité de compétence à une autorité statutaire, aspirant à plus de confiance et d’accompagnement. « Chez Forvis Mazars, nous avons développé le principe du « manager facilitateurs » », explique Alexia Vigneau, DRH de Forvis Mazars. « Concrètement, leur rôle est d’accompagner les collaborateurs dans leur progression, pour les aider à se développer : ils ne sont donc pas des managers de mission mais bien des managers du care et du développement de l’individu ».

Cette quête d’autonomie se traduit par un plébiscite pour la flexibilité : 85 % souhaitent des horaires de travail flexibles, 48 % une semaine de quatre jours à salaire égal, et 47 % la liberté de choisir leur lieu de travail au quotidien. De plus, 53 % aspirent à des missions de terrain, loin des écrans.

Le CDI n’est plus un Graal, le premier poste une étape

L’étude révèle une nouvelle projection dans la carrière. Le premier emploi est vu comme une phase de découverte, dont la durée idéale est estimée à 17 mois en moyenne. En conséquence, le Contrat à Durée Indéterminée (CDI) n’est plus une fin en soi : seuls 59 % des sondés espèrent en décrocher un à la fin de leurs études. Le premier poste est avant tout une étape d’apprentissage pour 68 % d’entre eux, bien avant l’autonomie financière (51 %).

L’analyse distingue trois approches distinctes :

*   Les ingénieurs, en « bâtisseurs de compétences », privilégient l’acquisition de savoir-faire (61 %).

*   Les diplômés d’écoles de commerce, en « accélérateurs de carrière », voient ce premier poste comme un tremplin pour leur réseau (58 %).

*   Les profils universitaires, en phase d’« exploration lucide », ont la durée idéale la plus courte, à 13 mois.

La carrière, un pilier du projet de vie global

Le constat majeur de l’étude est que la carrière s’intègre désormais dans un projet de vie global. Les jeunes diplômés cherchent à concilier trois objectifs indissociables : se développer personnellement, contribuer utilement à la société et accéder à des revenus élevés. Le travail n’est plus une fin mais un moyen d’accomplissement personnel et collectif.

« Les jeunes diplômés ne tournent pas le dos à l’entreprise : ils lui demandent davantage parce qu’ils jugent le travail essentiel à leur épanouissement. Davantage de sens, davantage de confiance, davantage d’espace pour se construire. Ce que notre analyse révèle, c’est une génération qui arrive avec un projet : celui de conjuguer réussite professionnelle et épanouissement personnel en contribuant utilement à la société », déclare Manuelle Malot, Directrice de l’EDHEC NewGen Talent Centre.

Une vision partagée par les entreprises qui s’adaptent. « Ces résultats confortent notre conviction : l’entreprise de demain ne se construit plus sur des organigrammes, mais sur des compétences. Depuis plusieurs années, nous faisons évoluer notre modèle vers une skills-based organisation, pour que chacun évolue à son rythme selon ses compétences et ses souhaits de carrière », ajoute Alexia Vigneau.

Sources de l’étude

L’analyse s’appuie sur plusieurs publications de l’EDHEC NewGen Talent Centre (https://www.edhec.edu/fr/a-propos/relations-entreprises/newgen-talent-centre/publications-newgen) ainsi que sur des études menées en partenariat, notamment :

*   « Jeunes diplômés : Les nouvelles règles pour recruter en 2026 » (https://content.jobteaser.com/view/106384635/)

*   « Débuts de carrière des jeunes diplômés de grandes écoles » (https://www.edhec.edu/sites/default/files/2026-04/G16_Careers_FR_13042026_VF_2.pdf)

Créé en 2013, l’EDHEC NewGen Talent Centre est le centre d’expertise de l’EDHEC Business School dédié aux aspirations des nouvelles générations. Forvis Mazars est un réseau mondial de services professionnels d’audit, de fiscalité et de conseil, opérant dans plus de 100 pays.