PARIS : L’IA et le monde du travail, un an après
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PARIS : L’IA et le monde du travail, un an après
La conférence L’IA et le monde du travail.
Un an après du 11 février 2026 a permis de dresser le bilan des constats, actions menées, avancées des connaissances et réalisations des acteurs – organisations internationales, gouvernements, organismes d’études et de recherches, partenaires sociaux et entreprises – depuis la conférence du 10 février 2025 organisée à l’occasion du Sommet de l’IA.
Ouverture et cadrage politique international
L’introduction a permis au ministre du Travail et des Solidarités, Jean‑Pierre Farandou, de reposer le cadre des enjeux d’adoption de l’IA, d’engagement des entreprises pour leur compétitivité et d’effort massif de formation. Il a rappelé les objectifs du plan « Osez l’IA » : 15 millions de professionnels formés à l’IA d’ici 2030, avec un accent sur l’apprentissage, les jeunes, les demandeurs d’emploi et la montée en compétences des salariés.
L’ambassadeur d’Inde a rappelé les enjeux propres à son pays et la dimension internationale des pratiques, dans la perspective de la présidence indienne du Sommet IA en 2026. Dans le sillage des avancées françaises pour une IA éthique et responsable, il a mis en avant trois priorités : inclusion, confiance et préparation des acteurs – notamment par les compétences – en s’appuyant sur des ressources telles que le playbook et les guiding principles for skilling and reskilling.
La ministre italienne en charge du travail a évoqué le rôle d’impulsion du G7 sur ces enjeux depuis 2024, ainsi que les avancées italiennes en matière de service public de l’emploi : outils à base d’IA pour l’orientation, pour améliorer la connaissance du marché du travail, mieux cibler les offres et faciliter l’intermédiation. Elle a notamment renvoyé à des dispositifs comme SIISL et AppLI.
Impacts de l’IA sur l’économie, l’emploi et le travail
Les analyses récentes ont permis de dresser plusieurs constats et enjeux.
L’étude de l’OCDE L’IA générative et les actifs dans les PME, présentée par Stefano Scarpetta (OCDE), a mis en évidence l’écart d’adoption et les défis propres aux PME : ressources limitées, fonctions transverses moins structurées, obstacles organisationnels, et enjeu de formation. L’étude souligne que l’usage de l’IA accroît aussi le besoin de compétences humaines (créativité, coopération, pensée critique), au‑delà des seules compétences techniques.
L’OIT a présenté l’étude Ressources humaines, management et gestion des risques avec l’IA, portée par Janine Berg et adossée à l’Observatoire de l’IA et du travail dans l’économie numérique. Elle montre l’ampleur déjà atteinte par l’IA dans les fonctions RH (recrutement, organisation, rémunération) et les risques de résultats décevants si les conditions de déploiement ne sont pas réunies, les approches les plus efficaces reposant sur l’implication directe des professionnels RH et des travailleurs.
L’intervention d’Emmanuelle Léon (ESCP) a apporté un regard critique, invitant à distinguer les effets imputables à l’IA de ceux liés aux évolutions contemporaines de l’organisation du travail. Au‑delà des effets macro (substitution/compensation), il est essentiel d’analyser comment l’IA transforme les tâches, la performance et la manière de travailler : adaptation des salariés, usages informels (« shadow IA ») et risques d’inégalités accrues.
Du côté des praticiens, Audrey Richard (ANDRH) a rappelé que l’IA n’est pas socialement neutre et peut accentuer des inégalités. Au‑delà de l’illusion d’automatisation, il faut évaluer les reports de charge (notamment cognitive) et les effets sur la santé mentale, ce qui appelle une approche globale de la qualité du travail, une anticipation des compétences et un accompagnement des travailleurs.
SOURCE : Ministère du Travail et de l’Emploi – Lettre hebdo.


