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PARIS : Dr Romain NICOLAU : « Le retard de diagnostic de la DMLA menace la vision des patients »

Dans une tribune, le chirurgien ophtalmologiste alerte sur la détection tardive de la DMLA, un enjeu majeur pour l’autonomie des seniors.

La dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) n’est plus une fatalité, mais le principal danger qui la guette aujourd’hui est insidieux : le retard de diagnostic. Dans une tribune publiée ce jour, le Dr Romain Nicolau, chirurgien ophtalmologiste et fondateur du Groupe Ophtalmologie Paris Est, tire la sonnette d’alarme. Alors que les avancées médicales permettent une prise en charge efficace, de trop nombreux patients consultent lorsque des lésions visuelles sont déjà irréversibles, compromettant leur qualité de vie et leur autonomie.

Une pathologie fréquente et silencieuse

La DMLA est une altération progressive de la macula, la zone centrale de la rétine essentielle à la vision de précision, comme la lecture ou la reconnaissance des visages. Contrairement à une idée répandue, elle ne conduit généralement pas à une cécité complète, mais l’atteinte de la vision centrale bouleverse le quotidien. « La DMLA possède une particularité redoutable : elle peut évoluer silencieusement pendant plusieurs mois avant l’apparition de symptômes réellement identifiables par les patients », souligne le Dr Romain Nicolau.

Cette maladie concerne environ 8 % de la population française, un chiffre qui grimpe de manière exponentielle avec l’âge, touchant près d’une personne sur trois après 75 ans. Pourtant, les premiers signes sont souvent banalisés : une simple difficulté à lire, une perception altérée des contrastes, une déformation des lignes droites ou une tache floue au centre du champ visuel. Or, dans le cadre de cette pathologie, chaque mois compte et peut durablement affecter le pronostic visuel.

Les technologies de dépistage, un tournant majeur

Si la DMLA a longtemps été perçue comme une dégradation inéluctable de la vue, cette perception est aujourd’hui obsolète. Les progrès considérables de l’imagerie médicale ont révolutionné le dépistage. L’avènement de la tomographie par cohérence optique (OCT) a marqué un tournant décisif. Cet examen, rapide et non invasif, fournit des images en coupe d’une extrême précision des différentes couches de la rétine, permettant de déceler des anomalies invisibles lors d’un examen classique du fond de l’œil.

Cette capacité à voir l’infiniment petit a transformé la stratégie médicale. « Cette évolution technologique a profondément modifié notre capacité à intervenir plus tôt », précise le spécialiste. Le dépistage précoce n’est plus une simple précaution, il est devenu la pierre angulaire d’une prise en charge réussie.

Des traitements efficaces sous condition

Parallèlement au dépistage, les avancées thérapeutiques ont changé la donne, notamment pour les formes dites « humides » ou exsudatives de la DMLA. Celles-ci se caractérisent par le développement de vaisseaux sanguins anormaux sous la rétine. Les traitements par injections intraoculaires d’anti-VEGF permettent de freiner, voire de stopper, la croissance de ces néovaisseaux. Pour de nombreux patients, ces injections stabilisent la vision et peuvent même entraîner une amélioration notable.

Cependant, le Dr Nicolau insiste sur une condition non négociable : le temps. « L’efficacité des traitements dépend étroitement de la rapidité du diagnostic et de la régularité du suivi ophtalmologique. Autrement dit, la médecine ne peut agir pleinement que lorsque la maladie est identifiée suffisamment tôt ».

Préserver la vision pour préserver l’autonomie

Au-delà de l’aspect médical, l’enjeu est sociétal. Lire un livre, conduire, reconnaître un proche sont des actes fondamentaux du quotidien. Un diagnostic tardif de DMLA peut rapidement entraîner une perte d’autonomie, isolant des seniors encore très actifs. Face au vieillissement de la population, la prévention devient un impératif de santé publique.

Le Dr Romain Nicolau, qui exerce au sein du Groupe Ophtalmologie Paris Est (https://www.ophtalmologie-paris-est.fr/), conclut sur un message d’espoir et de responsabilisation. Un suivi ophtalmologique régulier après 55 ans est essentiel pour identifier les premiers signes et préserver durablement ce qui est au cœur de notre interaction avec le monde : une vision fonctionnelle et une pleine autonomie.