PARIS : Franquelin LOPES : « L’IA ne remplace pas les techn…
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PARIS : Franquelin LOPES : « L’IA ne remplace pas les techniciens, elle les augmente »
Selon Jiliti, l’IA transforme la maintenance IT en levier stratégique, créant des « techniciens augmentés » pour optimiser la durée de vie des équipements.
À Paris, le secteur de la maintenance informatique connaît une mutation profonde, propulsée par l’intelligence artificielle. Face à la complexification croissante des infrastructures IT, aux tensions géopolitiques qui perturbent les chaînes d’approvisionnement et aux pressions budgétaires, la maintenance n’est plus une simple activité corrective. Elle devient, selon une analyse de Jiliti, un levier stratégique majeur pour la performance des entreprises, visant à prolonger la durée de vie des équipements, optimiser les coûts et réduire l’empreinte carbone du numérique.
L’avènement du « technicien augmenté »
Loin des clichés sur le remplacement de l’humain par la machine, l’intelligence artificielle s’impose comme un véritable copilote pour les experts de terrain. Son rôle est de démultiplier leurs capacités en accélérant l’analyse des incidents, en fournissant des recommandations d’intervention pertinentes et en exploitant d’immenses bases de connaissances techniques. L’IA devient ainsi un outil d’aide à la décision qui augmente la productivité et la précision des diagnostics sur des systèmes toujours plus complexes.
« L’IA ne remplace pas les techniciens, elle les augmente. Elle permet de diagnostiquer plus vite des infrastructures devenues extrêmement complexes. Mais l’expertise humaine reste centrale pour comprendre les environnements clients et intervenir efficacement », souligne Franquelin Lopes, Directeur Technique de Jiliti, leader européen de la gestion des infrastructures IT. Pour lui, la connaissance fine du contexte client et le discernement humain demeurent irremplaçables.
Une réponse stratégique aux tensions économiques et géopolitiques
Cette nouvelle efficacité a des conséquences économiques directes. Elle permet notamment aux acteurs de la maintenance tierce-partie (TPM) de proposer des services à des tarifs attractifs face aux contrats souvent rigides et onéreux des constructeurs. Dans un contexte où les tensions internationales allongent considérablement les délais de livraison pour le matériel neuf, cette approche offre une flexibilité cruciale aux directeurs des systèmes d’information (DSI).
Le recours à des équipements de génération précédente (N-1), maintenus en parfait état de fonctionnement grâce à une expertise renforcée par l’IA, devient une option stratégique. « Une infrastructure prolongée par une maintenance experte, ou une machine de génération précédente déployée immédiatement, c’est aujourd’hui une réponse opérationnelle concrète », précise Franquelin Lopes. Le « technicien augmenté » est la clé qui rend ce modèle économiquement viable et permet aux entreprises d’absorber de nouvelles charges de travail sans subir les aléas des cycles d’approvisionnement mondiaux.
Vers une maintenance durable et souveraine
Au-delà de l’agilité opérationnelle, cette transformation s’inscrit dans une démarche plus large d’économie circulaire et de souveraineté numérique. En prolongeant la vie des serveurs, des systèmes de stockage et des équipements réseau, la maintenance augmentée contribue directement à réduire l’empreinte environnementale du secteur IT, un enjeu de plus en plus central pour les organisations.
Cette tendance devrait encore s’accélérer avec l’arrivée attendue du Digital Product Passport en 2027. Cette initiative européenne vise à renforcer la traçabilité et la maintenabilité des produits électroniques, favorisant ainsi les modèles économiques basés sur la durabilité. La maintenance, historiquement perçue comme un centre de coût, se mue ainsi en un métier d’experts assistés par la donnée, au carrefour de la performance économique, de la résilience opérationnelle et de la responsabilité environnementale.


