PARIS : Élections intercommunales – Stabilité, lente…
Partager :
PARIS : Élections intercommunales – Stabilité, lente féminisation et percées aux extrêmes
L’analyse d’Intercommunalités de France révèle une stabilité des présidents, une lente féminisation et une nouvelle carte politique locale.
À la suite des élections municipales des 15 et 22 mars 2026 et de l’installation des nouveaux conseils intercommunaux achevée le 24 avril, l’association Intercommunalités de France a publié ce mercredi 6 mai une analyse complète des résultats concernant l’élection des présidents de communautés de communes, d’agglomérations et de métropoles. Ce recensement exhaustif, mené par l’association qui fédère près de 80 % de la population française, dresse le portrait des nouveaux exécutifs locaux. Il met en lumière les grandes tendances de ce « troisième tour » électoral, marqué par une forte stabilité, une parité qui progresse lentement et des changements notables dans le paysage politique.
Pour rappel, les élus intercommunaux sont désignés lors du scrutin municipal. Dans les communes de plus de 1 000 habitants, ils sont élus au suffrage universel direct via un fléchage sur le même bulletin de vote. Dans celles de moins de 1 000 habitants, les sièges sont attribués aux élus municipaux dans l’ordre du tableau (maire, premier adjoint, etc.).
Stabilité et prime aux sortants
Le premier enseignement de ce scrutin est la grande stabilité à la tête des exécutifs intercommunaux. Plus de la moitié des présidents sortants, soit 53,8 %, ont été reconduits dans leurs fonctions. Ce chiffre est quasiment identique à celui observé lors du précédent renouvellement en 2020, qui s’élevait à 54,6 %. Cette continuité témoigne de la confiance accordée aux élus en place pour poursuivre les projets engagés au sein de leurs territoires. Le vote des conseillers communautaires, qui élisent le président, a donc majoritairement validé les gestions précédentes, assurant une forme de permanence dans la gouvernance locale à travers le pays.
Une féminisation en progression mais encore limitée
Si la parité reste un objectif lointain, la féminisation des présidences intercommunales connaît une progression constante et notable. La part des femmes élues à la tête d’une intercommunalité atteint désormais 14,6 %. Bien que ce pourcentage demeure modeste, il représente une augmentation significative de plus de trois points par rapport à 2020. Plus marquant encore, ce chiffre a doublé en l’espace de deux mandats, puisqu’il n’était que de 7 % en 2014. Cette évolution, bien que lente, indique une tendance de fond vers une plus grande représentation des femmes aux postes de décision clés des collectivités locales.
Le profil type du président : un maire hors de la ville-centre
L’étude confirme une caractéristique bien ancrée de la gouvernance intercommunale : la « prime aux maires ». Une écrasante majorité des présidents, 87,2 %, cumule cette fonction avec un mandat de maire. Cependant, contrairement à une idée reçue, le pouvoir n’est pas systématiquement concentré dans les mains du maire de la commune la plus peuplée. En effet, près de deux tiers des présidents (61 %) sont issus d’une autre commune que la ville-centre. Le profil type qui se dégage est même celui d’un maire d’une commune périphérique dans 54 % des cas, illustrant la recherche d’équilibres territoriaux où les plus petites communes pèsent également dans la gouvernance.
De nouveaux équilibres politiques
Reflet direct des résultats des élections municipales, la carte politique des présidences intercommunales a sensiblement évolué. La droite traditionnelle et le centre droit confirment leur ancrage et conservent la majorité des présidences. En revanche, la gauche, et plus particulièrement les socialistes, voit son nombre de présidences diminuer de manière notable. Les faits les plus saillants de ce scrutin sont les percées réalisées aux deux extrêmes de l’échiquier politique. L’extrême-droite prend la tête de 14 intercommunalités, marquant une implantation locale inédite à cette échelle. La France insoumise, quant à elle, préside désormais deux intercommunalités.
Intercommunalités de France, association nationale d’élus représentant les métropoles, agglomérations et communautés de communes, met à disposition l’ensemble de son analyse et des cartes détaillées sur son portail.
L’étude complète est disponible sur le site de l’association Intercommunalités de France (https://www.intercommunalites.fr).
L’analyse cartographique spécifique
via Press Agence.


