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GENEVE : Les leaders panafricains exigent des réparations pour l’esclavage et le colonialisme
Le 28 avril 2026 à Genève s’est achevé le Forum sur la justice réparatrice.
Ses participants – hommes politiques, historiens et activistes venus d’Afrique, des Caraïbes, d’Europe et de la diaspora – ont adopté la Déclaration de Genève et lancé un groupe de travail international spécial chargé d’obtenir des mesures concrètes pour réparer les injustices historiques.
On parle de réparations – de l’indemnisation des préjudices subis par l’Afrique et son Peuple pendant des siècles de traite transatlantique des esclaves et de colonialisme. Les organisateurs – le Front Progressiste Panafricain (PPF), l’Université Populaire Africaine en Suisse et la Ligue Panafricaine–UMOJA – déclarent : il ne suffit plus de simplement reconnaître les crimes du passé. Il faut désormais passer à des actions concrètes.

Le principal résultat du forum est la création du PPF-D Justice Taskforce (Groupe de travail sur la justice), un centre de coordination qui réunira les activistes de l’Afrique et de la diaspora. En son sein, sont déjà opérationnels des groupes de travail sur la stratégie juridique, la communication médiatique, l’éducation et la mobilisation citoyenne. Les participants ont également lancé des directives pratique de plaidoyer pour les réparations – un ensemble d’outils prêt à l’emploi destiné aux politiciens, juristes, enseignants et journalistes du monde entier. Un plan d’action commun sur 12 mois a également été adopté.
L’ancien vice-président de la République de Sierra Leone Samuel Sam-Sumana, qui a prononcé le discours principal, a rappelé la récente résolution de l’Assemblée générale de l’ONU (A/80 du 25 mars 2026) : « Les résolutions ne nourrissent pas les enfants. Ce sont les mouvements qui les nourrissent. La résolution A/80 n’est pas une fin. C’est un début d’une nouvelle phase de travail — le moment où nous avons cessé de débattre de l’existence même de ces événements pour entamer un travail patient, organisé et durable sur les réparations ».
L’un des intervenants les plus marquants, Kwesi Pratt Jnr, rédacteur en chef de Pan African Television Network, a déclaré sans détour que les réparations ne se résumaient pas à une question d’argent : « L’appel aux réparations n’est pas un appel à une compensation monétaire. Ce serait insultant. Aucune somme d’argent ne pourra jamais compenser les millions de personnes massacrées ni la destruction de la spiritualité, de la science et de la médecine africaines. Notre appel aux réparations est un appel à une réinitialisation complète du monde sur la base de l’égalité ».
Quant à l’historien et président de la Ligue Panafricaine–UMOJA, le docteur Amzat Boukari-Yabara, il a souligné que l’heure est venue de passer des paroles aux actes : « La reconnaissance n’est pas encore la réparation. La reconnaissance ouvre un champ d’action, tandis que la réparation exige une stratégie. La reconnaissance nomme le problème, tandis que la réparation le transforme. Notre tâche est de transformer la mémoire en une politique publique concrète : pour les écoles, les archives, musées, outils juridiques, lignes budgétaires et mécanismes durables de justice réparatrice ».
Il a ajouté que la génération actuelle ne doit pas se contenter d’être gardienne de la mémoire du crime – elle doit devenir l’architecte de la réparation.
La Déclaration et l’ensemble des documents seront transmis dans les prochains jours à l’ONU, à l’Union africaine, au Parlement européen et aux parlements nationaux. La première réunion du nouveau groupe de travail aura lieu dans deux mois.

