PARIS : Numérique – Une étude révèle l’épuiseme…
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PARIS : Numérique – Une étude révèle l’épuisement et l’anxiété généralisés liés à l’hyperconnexion
Une nouvelle étude de PlayersTime montre que la majorité des utilisateurs se sentent dépendants et épuisés par les réseaux sociaux.
Alors que les débats sur la régulation des plateformes comme TikTok et Instagram s’intensifient, une nouvelle enquête menée en avril auprès de 1 509 adultes, principalement en Amérique du Nord et en Europe, met en lumière les conséquences de l’hyperconnexion sur le bien-être mental et physique. L’étude, commanditée par PlayersTime, révèle un paradoxe : si les utilisateurs sont de plus en plus conscients des effets néfastes de leur temps d’écran, une grande partie se sent incapable de réduire significativement sa consommation.
Une dépendance reconnue mais subie
Les chiffres de l’enquête sont sans équivoque : près de la moitié des sondés (49,3 %) admettent être dépendants des réseaux sociaux. Cette perception est particulièrement marquée chez les femmes (61,1 % contre 40,6 % pour les hommes). Plus alarmant encore, ce sentiment d’addiction se transforme en une forme d’impuissance pour beaucoup. En effet, 64,1 % des personnes interrogées souhaitent arrêter le « scrolling » incessant et 61 % voudraient passer moins de temps en ligne, mais déclarent ne pas y parvenir. Seuls 10,1 % se disent satisfaits de leur vie numérique, témoignant d’une frustration généralisée face à des habitudes digitales devenues incontrôlables.
La génération Z en première ligne de l’hyperconnexion
L’étude souligne une fracture générationnelle profonde. La génération Z (18-29 ans) apparaît comme la plus exposée : 74,1 % de ses membres se sentent dépendants des réseaux sociaux. Le temps d’écran explose dans cette tranche d’âge, avec 78,6 % d’entre eux passant plus de trois heures par jour sur ces plateformes, contre seulement 7,5 % des baby-boomers. Pour ces jeunes adultes, l’hyperconnexion n’est plus une exception mais la norme. L’impact sur la productivité est également considérable, puisque plus de 90 % des jeunes de la génération Z déclarent que les réseaux sociaux les distraient fréquemment de leur travail ou de leurs responsabilités. Le téléphone rythme leur quotidien, avec près de 82 % des sondés qui le consultent dans les cinq minutes suivant leur réveil.
Un lourd tribut émotionnel et physique
Loin d’apporter un sentiment de bien-être, le temps prolongé passé en ligne engendre majoritairement des émotions négatives. Après de longues sessions, 64,4 % des participants se sentent fatigués et épuisés, 56,5 % évoquent un burn-out ou une surcharge mentale, et 45,7 % se sentent vidés. Moins de 3 % déclarent se sentir heureux ou productifs. Le phénomène du « doomscrolling », qui consiste à consulter en continu des nouvelles négatives, aggrave la situation : 54,9 % des sondés se sentent plus anxieux après s’y être adonnés, tandis que seulement 20,9 % estiment être mieux informés.
Le paradoxe de l’information : méfiance et dépendance
L’enquête met en exergue une contradiction majeure dans le rapport à l’information. Alors qu’une majorité d’utilisateurs (65,3 %) remettent souvent ou presque toujours en question la crédibilité des contenus qu’ils consultent, 55,3 % continuent de s’informer quotidiennement via les réseaux sociaux. Plus paradoxal encore, ces mêmes plateformes sont considérées comme la source d’information la moins fiable par 54,9 % des répondants. Cette dissonance révèle à quel point la dépendance à ces canaux d’information est profondément ancrée, malgré une méfiance généralisée.
Aleksandra Dimitrova, analyste de données et auteure de l’étude chez PlayersTime, commente ces résultats : « Avec plus de la moitié des utilisateurs passant plus de 3 heures par jour sur les réseaux sociaux et près de 55 % admettant faire du « scrolling » incessant quotidiennement, le problème s’intensifie, en particulier pour les jeunes générations. Ils ne s’adaptent pas aux réseaux sociaux, au trop-plein de contenu et au « slop » de l’IA, ils grandissent dans cet environnement. Nous observons une prise de conscience des utilisateurs, une majorité admettant ouvertement se sentir dépendante, mais tout autant déclarent avoir du mal à réduire leur consommation. Bien que le problème soit identifié, il reste non résolu, et le coût émotionnel devient plus difficile à ignorer, la plupart des utilisateurs signalant fatigue, anxiété et épuisement après un temps prolongé en ligne. En parallèle, les plateformes restent la principale porte d’entrée vers l’actualité pour plus de la moitié des utilisateurs, malgré une méfiance généralisée envers le contenu qu’elles diffusent. Cette contradiction montre à quel point cette dépendance numérique est profondément ancrée et difficile à surmonter ».
L’étude complète est disponible sur le site de PlayersTime (https://www.playerstime.com/reports/doomscrolling-survey/). L’ensemble des données brutes de l’enquête est également accessible au public via Google Drive (https://docs.google.com/spreadsheets/d/1rU_XFEu2BCKXyRzONWIbo5oSyeun2Ax7_nKPAoXHzKk/edit?gid=86565799#gid=86565799).


