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PARIS : UDI – Police municipale, l’État ne peut pas se défausser sur les maires
Patrice Pinard, Adjoint au Maire de Clichy (92) délégué à la sécurité, la tranquillité publique, la prévention et aux risques majeurs.
La sécurité s’est imposée comme la première préoccupation des Français. Lors des dernières élections municipales, elle a structuré une large part du débat public et demeure aujourd’hui au cœur des attentes des habitants.
Partout, elle s’impose comme la première des priorités. Et partout, ce sont les maires qui se retrouvent en première ligne.
Depuis plusieurs années, la police municipale a changé de nature. Elle n’est plus un simple appui : elle est devenue, dans de nombreuses villes, la première force de proximité, celle qui intervient, qui régule, qui rassure. Cette évolution n’est pas théorique, elle est le reflet d’un basculement profond du terrain.
Le projet de loi relatif à l’extension des prérogatives, des moyens, de l’organisation et du contrôle des polices municipales et des gardes champêtres, actuellement débattu au Parlement, acte cette réalité. Il adapte enfin un cadre juridique vieux de plus de vingt-cinq ans à une délinquance du quotidien plus diffuse et plus visible, exigeant une réactivité.
Sur le principe, il faut le dire clairement : donner davantage de capacités d’action aux policiers municipaux est une nécessité.
Mais il faut, dans le même temps, poser une limite tout aussi claire.
La police municipale n’a pas vocation à devenir une « police d’État bis ». Elle relève d’une logique de proximité, de tranquillité publique, d’intervention immédiate. La police nationale, elle, porte les missions régaliennes comme des investigations, du maintien de l’ordre ou la lutte contre la criminalité organisée. Confondre ces rôles serait une faute.
Or le risque existe. À mesure que l’État se retire du quotidien dans tant de domaines, les communes comblent le vide. Elles recrutent, elles équipent, elles investissent. Mais jusqu’où ?
On ne peut pas, d’un côté, élargir les compétences des polices municipales, et de l’autre, laisser aux seuls budgets locaux la charge de cette montée en puissance. Ce serait entériner un transfert silencieux de responsabilité, sans en assumer les conséquences.
Le continuum de sécurité ne peut pas être un alibi. Il doit être un équilibre.
Renforcer la police de proximité, oui. Mais à une condition : que l’État assume pleinement sa part.
SOURCE : UDI – Les infos de la semaine.


