PARIS : Francis LELONG : « L’IA dans les PME : un fos…
Partager :

PARIS : Francis LELONG : « L’IA dans les PME : un fossé entre le buzz et la réalité opérationnelle »
Le baromètre 2026 d’Alegria.group, mené sur 100 PME, révèle une faible intégration de l’IA malgré l’engouement médiatique ambiant.
Alors que l’intelligence artificielle s’impose dans le débat public comme une révolution incontournable, son déploiement concret au sein du tissu économique français reste un défi majeur. Alegria.group, acteur européen spécialisé dans le No-Code et l’IA générative, publie son baromètre annuel sur la maturité des PME françaises en la matière. L’étude, menée auprès de 100 entreprises, dresse un constat sans appel : un décalage profond persiste entre le discours ambiant et la réalité opérationnelle, révélant une France à deux vitesses où l’expérimentation prime encore sur l’industrialisation.
Un paradoxe de maturité à 5/10
Le premier enseignement du baromètre est chiffré : la maturité moyenne des petites et moyennes entreprises françaises face à l’IA s’établit à seulement 5 sur 10. Ce score illustre une phase de transition : la technologie est connue, parfois testée, mais son intégration dans les processus stratégiques reste limitée. Le défi est avant tout humain et structurel. En effet, 50 % des entreprises interrogées déclarent un niveau de compétences internes faible, voire inexistant. Plus alarmant, 34 % des PME n’ont encore aucun plan de formation prévu pour accompagner leurs collaborateurs dans cette transformation, creusant un fossé entre le besoin de nouvelles compétences et les moyens alloués pour les acquérir.
L’IA « Bricolage » : une pratique isolée et déconnectée
Loin des fantasmes de systèmes ultra-connectés, l’usage de l’IA dans les PME relève encore majoritairement du « bricolage intelligent ». Pour 40 % des répondants, l’utilisation de ces technologies reste une pratique strictement individuelle, cantonnée à quelques collaborateurs curieux. Le baromètre met surtout en lumière une déconnexion critique : 58 % des entreprises n’ont établi aucune connexion entre les outils d’IA et leurs logiciels métiers fondamentaux, tels que les CRM ou les ERP. Ce cloisonnement empêche de réaliser les gains de productivité promis par la technologie. En conséquence, seules 9 % des structures étudiées ont réussi à intégrer l’intelligence artificielle dans la majorité de leurs processus clés.
Des budgets encore timides, un ROI difficile à mesurer
Malgré une prise de conscience de l’importance du sujet, l’engagement financier demeure prudent. Pour l’année 2026, 68 % des PME prévoient un budget consacré à l’IA inférieur à 5 000 euros. Seuls 3 % des dirigeants envisagent d’investir plus de 20 000 euros. Cet investissement modeste s’explique en partie par une difficulté à évaluer le retour sur investissement (ROI), qui reste flou ou non mesurable pour 52 % des décideurs. Sans indicateurs clairs de performance, les entreprises hésitent à engager des budgets plus conséquents, créant un cercle vicieux qui freine l’adoption à grande échelle.
« Ce baromètre est un signal d’alarme mais aussi une immense opportunité. Il confirme que la technologie est là, mais que le passage à l’acte opérationnel manque encore de méthode et d’accompagnement. La véritable souveraineté de nos PME passera par leur capacité à connecter l’IA à leurs métiers de manière concrète, et non plus seulement expérimentale », analyse Francis Lelong, CEO d’Alegria.group et co-fondateur de Sarenza.
Confidentialité et fiabilité : les vraies craintes des dirigeants
Contrairement à une idée répandue, la principale crainte des dirigeants de PME n’est pas la destruction d’emplois, citée comme une préoccupation par seulement 19 % d’entre eux. Leurs inquiétudes sont bien plus pragmatiques. La confidentialité et la protection des données sensibles arrivent en tête des préoccupations pour 55 % des répondants. Viennent ensuite la fiabilité des résultats générés par l’IA (43 %) et la conformité réglementaire, notamment avec le RGPD (36 %). Paradoxalement, le climat interne au sein des équipes est majoritairement positif : 46 % des entreprises notent un véritable enthousiasme, contre seulement 7 % de résistance.
Leader européen des technologies No-Code et de l’IA générative, Alegria.group a pour mission de démocratiser la création de solutions logicielles. À travers son studio de production Alegria.tech et son école de formation Alegria.academy, le groupe accompagne les entreprises dans leur transformation numérique en plaçant l’IA opérationnelle au cœur de leur stratégie.
