Passer au contenu principal

PARIS : Matthieu AUBRY : « La mise à jour de Google Analyti…

Partager :

PARIS : Matthieu AUBRY : « La mise à jour de Google Analytics soulève des questions cruciales sur le contrôle des données »

La future mise à jour de Google Analytics, liant le suivi au consentement de l’utilisateur, renforce l’enjeu du contrôle des données pour les entreprises.

La prochaine mise à jour du mode Consentement de Google Analytics, prévue pour le 15 juin 2026, s’apprête à redéfinir les règles de la collecte et du partage des données en ligne. Pour Matthieu Aubry, co-fondateur et CPO de Matomo, cette évolution technique met en lumière une tendance de fond : la place centrale de la vie privée dans la conception même des outils numériques.

« La mise à jour prévue sur Google Analytics au niveau du mode Consentement soulève des questions cruciales sur le contrôle des données, et sur la façon dont celui-ci évolue », souligne-t-il.

Un contrôle des données transféré à l’utilisateur

Le changement majeur réside dans le transfert du contrôle de la collecte des données depuis les paramètres de la plateforme d’analyse vers les signaux de consentement émis par l’utilisateur. Concrètement, à partir du 15 juin, le partage d’informations entre Google Analytics et Google Ads ne dépendra plus des réglages choisis par l’entreprise, mais quasi exclusivement du consentement recueilli via la bannière de cookies.

Si un utilisateur accepte le traçage, les données circuleront comme auparavant. En revanche, s’il refuse, le volume de données disponibles pour l’analyse et le ciblage publicitaire sera drastiquement réduit. Cette nouvelle dépendance place les entreprises face à un double défi : le taux d’acceptation des cookies par les internautes et la qualité technique de la configuration de leur gestionnaire de consentement (CMP).

Transparence et conformité : de nouveaux défis

Cette évolution renforce l’importance de la transparence et de la conformité réglementaire, notamment avec le RGPD.

« La qualité des données dépend désormais de deux facteurs clés : la proportion d’utilisateurs qui donnent leur consentement et la qualité de la configuration du consentement », explique Matthieu Aubry.

Or, la complexité de la mise en œuvre de ces systèmes expose de nombreuses organisations à des risques de non-conformité, souvent par manque de maîtrise technique.

Selon le CPO de Matomo, il ne s’agit pas de critiquer une entreprise en particulier, mais de constater une mutation globale de l’écosystème numérique.

« La protection de la vie privée devient un choix conceptuel dans la manière dont les systèmes de données sont conçus », insiste-t-il.

Deux approches pour l’analyse web

Face à cette nouvelle donne, deux philosophies s’affrontent. La première cherche à préserver à tout prix les performances marketing et publicitaires malgré les contraintes croissantes en matière de confidentialité, souvent au prix de montages techniques complexes. La seconde, à l’inverse, choisit de donner la priorité au contrôle total et à la propriété des données dès la conception de l’architecture d’analyse.

Matthieu Aubry invite les entreprises à s’interroger sur leur propre stratégie : « Comprenons-nous pleinement l’impact de notre configuration des consentements sur les flux de données ? Sommes-nous sûrs de notre conformité ? Disposons-nous toujours du niveau de contrôle que nous pensons avoir ? ».

L’essor des solutions « privacy by design »

Dans ce contexte, la demande pour des approches simplifiant la conformité s’intensifie. Les solutions d’analyse web axées sur la protection de la vie privée, conformes aux recommandations d’autorités comme la CNIL en France et ne reposant pas sur des configurations de consentement complexes, gagnent en popularité.

C’est le positionnement de plateformes comme Matomo (), une alternative open source à Google Analytics qui permet aux organisations de conserver 100 % de la propriété de leurs données. Recommandée par la CNIL, elle peut, sous certaines conditions, être dispensée du recueil de consentement.

« Nous sommes convaincus que l’avenir appartient aux solutions qui intègrent la protection de la vie privée dès le départ, offrant ainsi un contrôle total aux entreprises tout en respectant les réglementations », conclut Matthieu Aubry.

via Press Agence.