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MARSEILLE : Corinne INNESTI : « Un recul incompréhensible sur le travail le 1er mai »
La CPME dénonce le recul du gouvernement sur le travail le 1er mai, une décision jugée incohérente et pénalisante pour les commerces.
La Confédération des Petites et Moyennes Entreprises (CPME) exprime son « incompréhension » et sa « colère » suite au renoncement du gouvernement à faire évoluer la législation sur le travail le 1er mai. Malgré une avancée partielle autorisant l’ouverture des artisans boulangers et fleuristes, l’organisation patronale dénonce une mesure insuffisante et incohérente, qui maintient une forte insécurité juridique pour de nombreux commerces de proximité.
Le gouvernement, en cédant à la pression des organisations syndicales, a décidé de ne pas convoquer la Commission mixte paritaire qui devait examiner la proposition de loi. Une réunion tenue le 14 avril au ministère du Travail a été qualifiée de simple « réunion d’information » par la CPME, regrettant une décision déjà prise et annoncée.
« Je partage la déception et la colère de milliers d’artisans et de commerçants qui ne comprennent pas pourquoi un texte de bon sens et soutenu par une majorité de Français a été bloqué », a déclaré Amir Reza-Tofighi, président de la CPME.
Il demande désormais « un calendrier clair et un engagement ferme du gouvernement qu’une loi puisse être adoptée avant la fin de la session parlementaire ».
Une avancée partielle jugée absurde
Si la mobilisation de la CPME a permis d’obtenir une première concession pour les artisans boulangers et fleuristes, cette décision est loin de satisfaire les représentants des TPE-PME. Ils pointent une distinction jugée arbitraire, créant une concurrence déloyale au sein même d’une profession. La branche locale des Bouches-du-Rhône monte également au créneau pour dénoncer une situation déconnectée de la réalité économique du terrain.
« Ce renoncement laisse nos commerces de proximité dans une situation absurde. Comment expliquer qu’une chaîne de restauration rapide puisse ouvrir ses portes quand le boulanger ou le fleuriste voisin risque de lourdes sanctions s’il souhaite répondre à ses clients ? Nos artisans ne demandent pas un privilège, mais un cadre sécurisé pour permettre à leurs salariés volontaires de travailler et de bénéficier d’une rémunération doublée », souligne Corinne Innesti, présidente de la CPME 13.
Le témoignage d’une commerçante désabusée
Ce sentiment d’injustice et d’incompréhension est partagé par les commerçants directement concernés. Nicole Richard-Verspieren, vice-présidente commerces de la CPME 13 et fleuriste rue de Rome à Marseille, livre un témoignage amer qui illustre le désarroi de la profession.
« On nous a fait attendre onze mois pour finalement nous annoncer que le sujet est repoussé à 2027 ! Pour un fleuriste, le 1er mai est la journée du muguet, l’une des plus importantes de l’année. Imaginer qu’un artisan puisse gérer seul un tel flux de clients, sans le renfort de ses collaborateurs, payés double… est une déconnexion totale du monde économique. C’est oublier aussi que la valeur travail contribue au pouvoir d’achat dont tout le monde s’accorde à dire qu’il est en chute libre surtout au vu du contexte énergétique actuel. C’est oublier enfin qu’il s’agit de volonté et non d’obligation de travailler, la liberté de choix en quelque sorte. Quant aux contrôles, espérons que les inspecteurs auront l’accréditation pour passer outre l’interdiction de travailler ! », a-t-elle témoigné.
Un décalage avec l’opinion publique
La position de la CPME semble pourtant en phase avec une large majorité de la population. Selon un sondage OpinionWay réalisé pour l’organisation, 74 % des Français se déclarent favorables à la possibilité, pour les salariés volontaires, de travailler le 1er mai dans certains commerces en échange d’une rémunération doublée. Un autre sondage de l’institut CSA, publié récemment, confirme également cette tendance en faveur d’un élargissement de cette possibilité à d’autres secteurs d’activité.
La mobilisation se poursuit
Face à ce qu’elle considère comme un blocage idéologique, la CPME annonce sa détermination à poursuivre le combat. L’organisation s’oppose à une renégociation globale des accords de branche et insiste pour que le texte de loi initial soit examiné par le Parlement. Elle se dit prête à envisager une réduction du périmètre du texte, à condition de « rétablir un minimum de bon sens » pour les professions les plus concernées.
Le président Amir Reza-Tofighi a martelé ce message sur plusieurs plateformes, notamment lors d’une interview sur RTL (disponible en replay<https://www.rtl.fr/actu/politique/il-faut-arreter-cette-hypocrisie-le-patron-de-la-confederation-des-pme-dit-sur-rtl-vouloir-discuter-avec-tout-le-monde-y-compris-le-rn-7900625794>) et dans une publication sur son profil LinkedIn (consulter le post<https://www.linkedin.com/posts/amir-reza-tofighi-66b4318_1ermai-travail-pme-activity-7451949403881443328-lRi8/>).
La Confédération des Petites et Moyennes Entreprises (www.cpme.fr) a affirmé qu’elle resterait « en première ligne dans le combat pour la liberté de travailler, la défense de la valeur travail et celle du pouvoir d’achat ».
via Press Agence.
