MONTREUIL : Racisme – Le Conseil municipal adopte un…
Partager :

MONTREUIL : Racisme – Le Conseil municipal adopte un vœu contre la haine et les discriminations
Le Conseil municipal de Montreuil adopte un vœu pour dénoncer les attaques racistes visant les élus et appelle à une réponse ferme de l’État.
Face à une vague de propos haineux visant des élus issus de la diversité après les dernières élections municipales, le Conseil municipal de Montreuil a adopté ce jeudi 16 avril 2026 un vœu solennel.
Intitulé « Pour en finir avec les politiques de haine, de discrimination et de racisme et pour une République sociale et inclusive », ce texte condamne fermement les attaques et réaffirme l’engagement de la ville en faveur des valeurs républicaines.
Une réponse aux campagnes de haine
Le vœu s’inscrit dans un contexte post-électoral tendu, marqué par ce que la municipalité qualifie de « campagne médiatique d’une violence inacceptable ».
Des élus issus des quartiers populaires, incarnant un renouvellement démocratique, ont été la cible de propos racistes, sexistes et discriminatoires. Le cas de Bally Bagayoko, nouveau maire de Saint-Denis, est particulièrement mis en avant comme exemple de ces attaques.
Pour les élus de Montreuil, ces incidents ne sont pas des actes isolés mais « la conséquence directe de la logique de stigmatisation des villes populaires ».
Le texte dénonce des décennies de « politiques antisociales de l’État », citant l’abandon des services publics, l’appauvrissement des habitants et le manque de réponses aux besoins essentiels en matière de santé, de logement ou de transports. Ces discours nauséabonds, « nourris par des relents néo-coloniaux », menaceraient aujourd’hui la cohésion nationale en visant des millions de citoyens en raison de leur origine ou de leurs croyances.
Un appel à l’application stricte de la loi
Le Conseil municipal rappelle que ces discours de haine « ne relèvent pas de l’opinion mais tombent sous le coup de la Loi ».
Le vœu adopté liste une série de résolutions claires et fermes. La municipalité exprime d’abord sa « pleine et entière solidarité » avec le maire de Saint-Denis et tous les élus victimes de racisme, quelle que soit leur appartenance politique.
Le texte exige ensuite que la loi soit appliquée « sans concession pour sanctionner les propos et actes racistes ».
Il va plus loin en demandant l’application de peines d’inéligibilité pour les élus qui se rendraient coupables de tels agissements.
La municipalité fustige également « le silence du chef de l’État face à ces attaques », le qualifiant de « faute politique grave à valeur de cautionnement » dans le contexte de montée de l’extrême droite. Enfin, le vœu soutient les recours engagés auprès de l’ARCOM et de la justice contre les médias ayant relayé ces propos.
L’engagement pour une République sociale et inclusive
Au-delà de la condamnation, la Ville de Montreuil réaffirme son attachement aux principes de « liberté, d’égalité, de fraternité et de sororité ». Le combat contre les discriminations, le racisme, l’antisémitisme et l’islamophobie y est qualifié d’universaliste, visant l’objectif commun de l’égalité.
Cette résolution s’inscrit dans la continuité des actions menées par la ville, comme la création d’une délégation de lutte contre le racisme ou l’organisation d’événements dédiés. La municipalité s’engage à poursuivre la mise en place de politiques de justice sociale et écologique pour lutter contre les discriminations qui frappent les citoyens.
En conclusion, le Conseil municipal appelle l’ensemble des habitants à se mobiliser au quotidien « pour faire vivre ces valeurs, rejeter toute forme de haine ou de division, et construire ensemble une société plus juste et solidaire ».


