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PARIS : Cyrielle CHATELAIN : « Réparer plutôt que subir fac…

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PARIS : Cyrielle CHATELAIN : « Réparer plutôt que subir face à la vie chère »

Face à la flambée des prix, le groupe Écologiste et Social dévoile un kit anti-inflation alliant aides d’urgence et transition écologique.

Face à la répétition des crises énergétiques et à leurs conséquences sur le pouvoir d’achat, le groupe Écologiste et Social à l’Assemblée nationale a présenté ce mercredi son « kit anti-inflation ». Porté par sa présidente Cyrielle Chatelain et les députées Christine Arrighi, Marie Pochon et Eva Sas, ce plan vise à « réparer plutôt que subir » en proposant des mesures de protection immédiate pour les ménages et des transformations structurelles pour sortir de la dépendance aux énergies fossiles.

Le groupe parlementaire dénonce une « dépendance organisée » au pétrole et au gaz, entretenue par des gouvernements qui privilégieraient « l’improvisation au courage, les rustines à la bifurcation ». Pour les écologistes, la réponse gouvernementale actuelle, qualifiée de simple communication, ne protège pas suffisamment les Français. « Un euro investi dans l’écologie, c’est un euro investi dans la souveraineté et dans le pouvoir d’achat », martèle Cyrielle Chatelain dans l’éditorial du dossier de presse, affirmant que la transition écologique est la seule solution durable contre l’inflation. La conférence de presse de présentation est disponible en replay (https://youtu.be/F1hoXmtmslM).

Taxer les superprofits pour financer la transition

La première mesure phare du kit est d’ordre fiscal. Les écologistes proposent d’instaurer une contribution exceptionnelle de solidarité sur les entreprises pétro-gazières pour les exercices 2026 à 2028. Elle consisterait en une taxation à 66 % des bénéfices dépassant de 20 % la moyenne des résultats imposables sur la période 2021-2024. Le groupe critique la taxe précédente du gouvernement, jugée « symbolique » avec seulement 61 millions d’euros rapportés, alors que TotalEnergies affichait 15,2 milliards d’euros de bénéfices en 2024. L’objectif est de « faire payer les profiteurs de guerre, pas les ménages » et d’allouer ces fonds à l’isolation des logements et à la mobilité propre.

Bloquer les prix et révolutionner la mobilité

Pour contrer l’envolée des prix à la pompe, le plan préconise le blocage immédiat des marges de raffinage et de distribution, accusées d’alimenter les surprofits. Au-delà de cette mesure d’urgence, les écologistes veulent offrir des alternatives concrètes à la voiture thermique. Ils proposent la création d’un parc social d’un million de véhicules électriques pour les classes populaires et moyennes, soulignant qu’une recharge électrique coûte deux fois moins cher qu’un plein d’essence.

Le transport ferroviaire est également au cœur de leur stratégie avec une proposition de baisse de 50 % des prix du train, à l’image de ce qui a été fait en Lituanie. Le groupe souligne que le taux de remplissage des TER n’étant que de 25 % en France, une telle mesure pourrait s’autofinancer par l’augmentation du nombre de voyageurs.

Garantir l’accès à une alimentation saine et de qualité

Face à une précarité alimentaire grandissante, touchant 16 % des Français, le groupe Écologiste et Social avance une mesure sans coût pour les finances publiques : contraindre par la loi les cinq plus grandes enseignes de la grande distribution à vendre une liste de 100 aliments sains à prix coûtant, c’est-à-dire sans marge. Cette liste serait établie avec des diététiciens et des associations. Un blocage des marges de la grande distribution est également spécifiquement demandé pour les territoires ultramarins, particulièrement touchés par les situations de monopole.

Parallèlement, pour soutenir une agriculture moins dépendante des énergies fossiles et des intrants chimiques, le plan prévoit un fonds d’urgence pour la transition agroécologique, destiné à accompagner les agriculteurs se convertissant au bio.

Un bouclier énergie et logement renforcé

Le kit propose de renforcer massivement les protections sociales. Il demande de tripler le montant moyen du chèque énergie et d’élargir son accès aux 30 % des ménages les plus modestes. Autre mesure forte : l’interdiction totale et toute l’année des coupures d’électricité et de gaz dans les résidences principales, une exigence, selon le groupe, du droit européen que la France n’appliquerait pas.

Enfin, sur le volet du logement, premier poste de dépense des ménages précaires, les écologistes réclament le gel immédiat de l’Indice de Référence des Loyers (IRL) pour stopper la hausse des loyers indexée sur l’inflation. À plus long terme, ils souhaitent la mise en place d’une garantie universelle des loyers pour sécuriser locataires et propriétaires.