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PIERREFEU DU VAR : Jean-Paul Paloméros : « Le porte-avions Charles de Gaulle, outil de dissuasion et de réactivité face aux tensions iraniennes »

Face aux tensions croissantes au Moyen-Orient, un expert en défense éclaire le rôle stratégique du porte-avions Charles de Gaulle et l’autonomie militaire de l’Iran.

La Société des Membres de la Légion d’honneur du Var se mobilise pour faire rayonner ses actions au cœur du département. Au-delà du bilan d’activités (entraide, jeunesse, apprentissage), nous aurons le privilège de clore nos travaux par l’intervention d’un grand témoin de l’actualité mondiale avec le Général d’armée aérienne Jean-Paul Paloméros Ancien Chef d’état-major de l’Armée de l’air (2009-2012) Ancien Commandant suprême allié Transformation de l’OTAN (2012-2015). Il a partagé son analyse sur la situation internationale actuelle, un éclairage précieux dans le contexte géopolitique contemporain.

La situation géopolitique actuelle, notamment en Iran, place le porte-avions Charles de Gaulle au cœur des stratégies de défense et de dissuasion françaises dans la région. Un expert en défense, interrogé ce jour, a détaillé les missions et la posture de la France et de ses alliés face à ces enjeux.

Assemblée Annuelle Enjeux départementaux et intervention exceptionnelle du Général d’armée aérienne Jean-Paul Paloméros.
Vendredi 10 avril 2026
Le Mas du Pourret
49 Route d’Hyères à Pierrefeu du Var

Le rôle du porte-avions Charles de Gaulle

Le Charles de Gaulle assure une mission cruciale de sécurité à partir de son poste d’observatoire et de contrôle en Méditerranée. « Il assure la sécurité au sens large du terme de la région qui est entre notre pays en particulier et le Moyen-Orient », a expliqué le Général d’armée aérienne Jean-Paul Paloméros.

Le porte-avions est ainsi prêt à toute éventualité, y compris à intervenir là où le président de la République déciderait de l’envoyer, potentiellement dans le Golfe Persique, bien que cela ne soit pas la situation actuelle.

L’expert a souligné que le Charles de Gaulle représente un « outil de réactivité » et un moyen de « projeter de la puissance aérienne ».

Les rafales décollant du porte-avions ont une allonge significative, leur permettant d’intervenir sur les différentes parties du conflit. Cette capacité est mise au profit des pays avec lesquels la France est engagée pour assurer leur sécurité, notamment dans le cadre d’accords de défense.

« Je pense au Qatar, je pense aux Émirats, un peu tous les pays du Golfe », a-t-il précisé.

Pour l’heure, son utilité est « plutôt une utilité dissuasive », a affirmé l’expert.

Le bâtiment collecte également du renseignement et anticipe, agissant comme un « outil d’anticipation ».

Il ne faut pas que la crise puisse s’étendre, notamment en Méditerranée, où les enjeux sont « très très lourds ».

Avec ce « point vraiment névralgique » qu’est le Canal de Suez, la France doit s’assurer d’être prête à toute éventualité.

« Nous ne souhaitons pas, c’est le Président qui l’a dit, rentrer en guerre », mais nous ne souhaitons pas participer à la phase offensive, mais nous sommes prêts à participer aux phases ultérieures », a-t-il rappelé.

Cela signifie qu’en cas de poursuite du cessez-le-feu et d’avancée des négociations, la France serait prête à envoyer les moyens nécessaires pour assurer, par exemple, la continuité de l’accès au Détroit d’Ormuz, qui est « la clé de cette crise aujourd’hui ».

L’Iran, une puissance résiliente ?

Concernant l’Iran, une analyse macroscopique suggère que le pays « peut sortir vainqueur entre guillemets de cette » phase très aiguë et intense.

Cette résilience s’explique par sa capacité à préserver son « outil stratégique » : la capacité de frappe avec des missiles balistiques et des drones.

L’Iran disposerait encore de « 400 et quelques kilos d’uranium enrichi », même s’il n’est pas encore en capacité de construire la bombe. Cet élément est jugé « essentiel ».

De plus, l’Iran « tient en respect finalement non seulement la coalition américano-israélienne, mais aussi les pays du Golfe ».

C’est là le point « le plus délicat », car l’Iran a démontré qu’il avait les moyens de frapper ces pays d’une « manière peut-être pas existentielle, mais de manière très très très très forte », avec des impacts qui n’ont pas encore été totalement mesurés.

Éventualité d’une attaque terrestre et perspectives

La question d’une éventuelle attaque terrestre de la part des États-Unis est « compliquée à dire ».

Si une telle action devait avoir lieu, elle serait probablement limitée, « vu les moyens qui sont déployés ». Les objectifs qui viendraient immédiatement à l’esprit incluent la fameuse île de Kharg, d’où proviennent 80 à 90 % des flux pétroliers iraniens. De même, les centres de commandement et les personnalités incarnant le pouvoir seraient des cibles potentielles.

Cependant, l’expert a mis en garde contre une interprétation hâtive de la situation.

« Il ne faut pas confondre ce moment de tranquillité très très très éphémère, si je puis dire, avec une paix durable. On en est quand même assez loin ».

Un cessez-le-feu, bien qu’apportant un « moment de tranquillité », ne doit pas être confondu avec l’établissement d’une paix stable.

Photos Philippe OLIVIER (PRESSE AGENCE – LA GAZETTE DU VAR).