Passer au contenu principal

LA SEYNE-SUR-MER : Brigitte JACQUEY et Louis PORTE (Unafam)…

Partager :

LA SEYNE-SUR-MER : Brigitte JACQUEY et Louis PORTE (Unafam) : « La psychiatrie publique se trouve en grave situation de crise institutionnelle »

L’Unafam du Var alerte sur la situation critique de l’hôpital Georges Sand à La Seyne-sur-Mer, menacé par une pénurie de psychiatres.

Dans un courrier daté du 31 mars 2026 et adressé au directeur du Centre Hospitalier Intercommunal Toulon-La Seyne-sur-Mer (CHITS), l’Union nationale de familles et amis de personnes malades et/ou handicapées psychiques (Unafam) du Var a tiré la sonnette d’alarme. Par la voix de Brigitte Jacquey, sa déléguée départementale, et de Louis Porte, représentant des usagers, l’association exprime sa « vive inquiétude quant à l’évolution de la situation de la psychiatrie à l’hôpital Georges Sand de la Seyne-sur-mer ».

Une pénurie médicale alarmante

Le cœur du problème réside dans une hémorragie de personnel médical non compensée. L’association dénonce le « départ régulier de Médecins Psychiatres du CMP et des secteurs d’hospitalisation et à leur non-remplacement ». La situation serait sur le point de devenir intenable, alors que de nouveaux départs sont annoncés.

L’Unafam prévient qu’« il ne resterait bientôt qu’une seule Médecin Psychiatre sur le secteur psychiatrique de La Seyne ». Une perspective jugée « inconcevable, confinant à un impossible, pour un hôpital devant recevoir les patients, qui plus est en nombre, d’un très vaste secteur ». Cette crise des ressources humaines aggrave une situation déjà tendue depuis la fermeture, il y a plusieurs années, des urgences psychiatriques sur le site, qui avait complexifié la prise en charge des crises aiguës.

Un maillon essentiel de la santé mentale locale

L’hôpital Georges Sand est une structure pivot pour la santé mentale dans l’ouest du Var. Son secteur géographique est particulièrement étendu, couvrant un territoire allant de Saint-Mandrier-sur-Mer à Saint-Cyr-sur-Mer, et jusqu’au plateau de Signes au nord. L’impact d’un effondrement de l’offre de soins serait donc considérable pour des milliers d’habitants.

Les chiffres fournis par l’association témoignent de l’activité intense de l’établissement et de ses structures extrahospitalières. Le Centre Médico-Psychologique (CMP) de La Seyne-sur-Mer suit activement 68 patients à l’hôpital de jour, accueille 101 personnes au Centre d’Accueil Thérapeutique à Temps Partiel (CATTP), assure des soins intensifs en ambulatoire pour 36 patients et accompagne 20 autres personnes via son service de réhabilitation psychosociale.

De plus, l’hôpital a développé depuis une vingtaine d’années un dispositif d’aide au logement, comprenant neuf places en appartements thérapeutiques et treize au sein de deux maisons gouvernantes. Pour les familles, ce dispositif représente un « soutien incommensurable ».

Un appel à une action immédiate

Face à cette dégradation, l’Unafam estime qu‘« un danger pèse sur la continuité des soins et la pérennité de toutes les actions décrites, avec à la clé un risque important pour tous les patients qui y sont suivis ». L’association en appelle directement à la direction du CHITS pour « examiner avec attention la situation et trouver une solution à une situation RH psychiatrique venant possiblement mettre en péril le dispositif de soins psychiques de La Seyne-sur-mer ».

Les représentants des usagers et des familles exhortent la direction à « promouvoir une véritable politique de soutien à la santé mentale à sa population » et se tiennent à sa disposition pour une rencontre afin d’approfondir le sujet. Une copie du courrier a également été transmise à l’Agence Régionale de Santé (ARS) de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, signifiant la gravité de la situation aux autorités de tutelle.