PARIS : Visite du Pape en Algérie – Le mouvement Peup…
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PARIS : Visite du Pape en Algérie – Le mouvement Peuple Pied-Noir dénonce un « oubli caractérisé »
Le mouvement Peuple Pied-Noir dénonce l’oubli des victimes de sa communauté à l’occasion de la visite du Pape Léon XIV en Algérie du 13 au 15 avril.
À quelques jours du déplacement historique du Pape Léon XIV en Algérie, prévu du 13 au 15 avril prochains, le mouvement Peuple Pied-Noir exprime sa profonde déception. Dans un communiqué de presse diffusé ce jeudi, l’organisation qui milite pour les droits et la reconnaissance de cette communauté critique sévèrement un programme officiel qui, selon elle, occulte une partie tragique de l’histoire des chrétiens sur cette terre.
Un programme papal axé sur la réconciliation
La visite du Saint-Père est attendue comme un moment fort de dialogue interreligieux et de mémoire partagée. Le programme annoncé prévoit plusieurs étapes symboliques : le souverain pontife se rendra sur les traces des religieuses espagnoles de Bab-El-Oued, se recueillera au Mémorial des Martyrs, lieu emblématique de l’indépendance algérienne, et consacrera un hommage solennel aux victimes de la « décennie noire », la guerre civile qui a ensanglanté le pays dans les années 1990. Ces gestes visent à panser les plaies d’un passé complexe et à promouvoir la paix.
L’indignation face à une mémoire jugée sélective
Cette démarche est cependant jugée insuffisante et partiale par le comité exécutif du mouvement Peuple Pied-Noir. L’organisation, qui œuvre « pour la reconnaissance, les droits imprescriptibles, la place, la réparation des préjudices tant en Algérie qu’en France », dénonce ce qu’elle qualifie d’« oubli caractérisé » des drames qui ont touché la communauté chrétienne et pied-noire.
Le communiqué énumère une longue liste de souffrances ignorées par le Vatican : les 600 cimetières chrétiens « abandonnés et saccagés », les églises « désertées et dépouillées » à travers le pays, ainsi que le sort des « milliers de disparus jamais retrouvés » après les événements de 1962.
Des figures martyres oubliées
Le mouvement rappelle également le souvenir de figures catholiques assassinées, dont le silence du programme papal est jugé assourdissant. Sont ainsi cités Monseigneur Pierre Claverie, évêque d’Oran d’origine pied-noire, assassiné en 1996, ainsi que les sept moines de Tibhirine, dont le massacre la même année a profondément marqué les esprits en France comme en Algérie. La situation des « chrétiens actuellement pourchassés » est aussi mise en avant comme un sujet crucial délibérément évité.
Pour l’organisation, ce voyage ne pourra atteindre ses objectifs de paix sans une approche plus inclusive et honnête de toutes les pages de l’histoire. « Aucune réconciliation ne peut intervenir sans une reconnaissance réciproque des drames et des victimes ainsi que de toutes les composantes, d’hier et d’aujourd’hui, d’une même nation », conclut le comité exécutif, signé par Eric Wagner, Jean-Paul Gavino, Christian Schembré et Pierre Courbis.

