PARIS : Alexandre de Saint-Léon : « La mobilité révèle des…
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PARIS : Alexandre de Saint-Léon : « La mobilité révèle des contradictions fascinantes »
Une vaste étude Ipsos révèle les paradoxes de la mobilité : les citoyens plébiscitent le vélo mais restent très attachés à leur voiture.
Comment nous déplaçons-nous et comment souhaitons-nous le faire demain ? Le nouveau rapport mondial sur la mobilité publié par Ipsos dresse un portrait complexe et nuancé de nos aspirations en matière de transport. Basée sur une enquête menée auprès de 23 722 personnes dans 31 pays, l’étude met en lumière les contradictions profondes qui animent les citoyens du monde entier, tiraillés entre la dépendance à la voiture individuelle, la conscience écologique et le désir de nouvelles infrastructures.
Le paradoxe de l’automobile
La voiture reste au cœur des habitudes, mais son hégémonie est de plus en plus questionnée. Selon l’étude, 43 % des sondés déclarent qu’ils ne pourraient pas imaginer leur vie sans leur véhicule personnel, un chiffre qui grimpe même à 65 % aux États-Unis. Pourtant, dans le même temps, une part presque équivalente (46 %) affirme qu’elle choisirait les transports en commun plutôt que la voiture si des raisons environnementales primaient. Ce paradoxe illustre une tension croissante entre le confort individuel et la responsabilité collective, un dilemme central pour les urbanistes et les décideurs politiques.
Consensus mondial pour les infrastructures cyclables
L’une des révélations les plus marquantes du rapport est le soutien massif et quasi unanime en faveur du développement du vélo. Pas moins de 67 % des personnes interrogées se disent favorables à la création de pistes cyclables dédiées. Fait notable, ce soutien est majoritaire dans l’ensemble des 31 pays étudiés, y compris dans les nations où la culture de l’automobile est la plus ancrée. Ce plébiscite indique une volonté claire des populations de disposer de solutions de micro-mobilité plus sûres et plus accessibles, signalant une demande forte pour une réorientation des investissements en infrastructures urbaines.
Technologies d’avenir : entre enthousiasme et scepticisme
Face aux innovations technologiques, les avis sont loin d’être unanimes. Le cas des voitures autonomes est emblématique : l’opinion mondiale se divise parfaitement en deux, avec 36 % des sondés se sentant en sécurité à leur bord et 36 % exprimant une méfiance. L’étude révèle une fracture géographique nette, opposant l’enthousiasme des pays asiatiques au scepticisme prononcé des pays occidentaux. Le constat est également mitigé pour les véhicules électriques. Malgré les objectifs climatiques affichés par les gouvernements, les consommateurs en France, aux États-Unis, au Canada et en Allemagne sont aujourd’hui plus susceptibles de rejeter que d’adopter cette motorisation, soulignant les freins persistants (coût, autonomie, infrastructure de recharge) à une transition massive.
La sécurité, une priorité partagée
Au-delà des modes de transport, la sécurité routière demeure une préoccupation majeure pour une majorité de citoyens (55 %). Cette inquiétude se traduit par une forte adhésion à des mesures de régulation : 70 % des personnes interrogées soutiennent une réduction des limitations de vitesse dans les zones résidentielles. Ce chiffre témoigne d’une aspiration collective à des espaces de vie plus apaisés et plus sûrs pour tous les usagers, en particulier les plus vulnérables. « Ces données révèlent non seulement où nous en sommes, mais aussi où nous nous dirigeons », analyse Alexandre de Saint-Léon, responsable mondial du pôle Automobile et Mobilité chez Ipsos. L’étude offre des perspectives essentielles pour comprendre les arbitrages complexes qui façonneront les villes et les modes de vie de demain.
Le rapport complet est disponible en téléchargement sur le site d’Ipsos (https://info.ipsos.com/Mjk3LUNYSi03OTUAAAGg6JIubm9ygmQEdOxGZWlSl7RZ1N-peHShSDQxIryY1DZr6wz2fqGMdPCw5Os_m3uA-32DhlU=).


