PARIS : Souffrance au travail – Le Sénat auditionne s…
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PARIS : Souffrance au travail – Le Sénat auditionne syndicats et Assurance maladie
Une mission d’information du Sénat sur la souffrance au travail auditionnera le 31 mars les syndicats et la Caisse d’assurance maladie.
Dans le cadre de sa mission d’information intitulée « La souffrance psychique au travail : un défi sociétal et collectif à relever », le Sénat organisera une journée d’auditions cruciales le mardi 31 mars prochain. Cette initiative, lancée le 4 février dernier, vise à analyser en profondeur un phénomène en nette augmentation, exacerbé par les récents bouleversements des modes de travail et la crise sanitaire.
La mission, présidée par la sénatrice des Landes Monique Lubin (Socialiste, Écologiste et Républicain) et dont la rapporteure est Annick Girardin (Rassemblement Démocratique et Social Européen – Saint-Pierre-et-Miquelon), entend poser un diagnostic complet sur les causes et les conséquences de cette dégradation de la santé mentale dans la sphère professionnelle.
Un enjeu sociétal majeur
Le constat de départ de la mission sénatoriale est sans équivoque : la prévalence de la souffrance psychique liée à l’activité professionnelle ne peut plus être ignorée. Plusieurs facteurs sont mis en avant pour expliquer cette tendance, notamment le délitement du collectif en entreprise, les injonctions contradictoires imposées aux travailleurs, les conflits de valeurs ou encore une fragilité psychologique générale.
Alors que le travail demeure en France une source d’accomplissement personnel, son impact sur la santé mentale peut conduire à des situations d’épuisement professionnel, aussi connu sous le nom de « burn-out ». Ce syndrome, qui se traduit par un épuisement physique, émotionnel et mental, est souvent la conséquence directe d’un surinvestissement personnel préjudiciable à la santé.
Une approche globale et préventive
La mission d’information s’est fixé pour objectif d’adopter une approche la plus large possible, consciente que l’épuisement professionnel ne se limite pas aux salariés du secteur privé mais touche également les agents de la fonction publique et les travailleurs non-salariés. Les travaux porteront donc sur l’appréhension de ce phénomène par les entreprises, les pouvoirs publics et le système de santé.
Deux axes principaux seront explorés : d’une part, l’évaluation des politiques de prévention qui peuvent être mises en place en amont pour endiguer le problème ; d’autre part, l’analyse des modalités d’accompagnement des victimes, notamment pour faciliter leur retour à l’emploi et leur reconstruction personnelle et professionnelle.
La reconnaissance en maladie professionnelle en débat
Un des points névralgiques des discussions portera sur les conditions de reconnaissance de l’épuisement professionnel comme maladie professionnelle. Actuellement, cette reconnaissance n’est possible qu’au cas par cas, à l’issue d’une procédure dérogatoire complexe nécessitant l’avis d’un comité régional d’experts médicaux.
Si le caractère multifactoriel de ce trouble est reconnu, sa dimension professionnelle reste prédominante. La mission examinera donc les pistes pour une meilleure prise en charge par les employeurs au titre des risques professionnels, en s’appuyant sur l’écoute des victimes, les bonnes pratiques existantes et des exemples étrangers.
Programme des auditions du 31 mars
La journée du 31 mars s’articulera en deux temps forts au Palais du Luxembourg :
– À 14h30, une table ronde réunira les organisations syndicales représentatives de salariés avec la participation de Laurent Picoto et Maroussia Krawec (CFDT), Mireille Stivala et Marc Benoît (CGT), Éric Gautron (FO), Pierre-Yves Montéléon (CFTC), ainsi que Anne-Michèle Chartier et Lucie Oneto (CFE-CGC).
– À 17h00, la mission entendra ensuite des représentants de la Caisse nationale de l’Assurance maladie (CNAM) : Anne Thiebeauld, directrice des risques professionnels, Mickaël Guiheneuf, directeur adjoint, et Khady Florent, chargée de mission santé mentale.
Ces auditions, ouvertes à la presse, pourront être suivies en direct puis en vidéo à la demande sur le site internet du Sénat, où l’ensemble des informations relatives à la mission d’information est disponible.


