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PARIS : Marc SANCHEZ : « Le gouvernement laisse les TPE absorber seules les chocs »
Le SDI juge les aides gouvernementales insuffisantes face à la flambée des prix de l’énergie, laissant les TPE sans solution adaptée.
La flambée des prix de l’énergie et des carburants, avec des hausses atteignant parfois plusieurs dizaines de centimes en quelques jours, ravive l’inquiétude des très petites entreprises (TPE). Face à cette situation, le Syndicat des Indépendants et des TPE (SDI) dénonce une réponse gouvernementale trop ciblée et insuffisante, qui laisse de côté une grande partie de l’économie de proximité. Alors que la porte-parole du gouvernement, Maud Bréjon, a rappelé la fin de la logique du « quoi qu’il en coûte », le SDI alerte sur le risque de voir les TPE devenir les principales victimes de cette nouvelle crise.
« Un gouvernement qui clame son impuissance »
Pour Marc Sanchez, secrétaire général du SDI, la position de l’exécutif révèle une défaillance de l’action publique et un manque de vision stratégique face à l’urgence. Il critique vivement une posture qui consiste à constater les difficultés sans y apporter de solutions concrètes et efficaces pour les entrepreneurs.
« Un gouvernement qui se contente d’expliquer qu’il n’a plus d’argent est un gouvernement qui clame son impuissance, ce qui finit toujours par coûter très cher aux Français. À force de renoncer à agir, il laisse les TPE absorber seules les chocs. Dans un pays qui demeure la septième puissance économique mondiale et l’un de ceux où les prélèvements sont les plus élevés, une telle situation interroge directement la capacité de l’action publique à répondre efficacement aux crises économiques — et révèle des défaillances manifestes dans la manière dont elle est aujourd’hui conduite. Ce que les entrepreneurs attendent aujourd’hui, ce ne sont pas des constats ni des visites symboliques dans des stations-service, mais des décisions, des réformes et une stratégie », a-t-il déclaré.
Des TPE en première ligne face au choc
Les mesures annoncées par le gouvernement, axées sur des aides ciblées pour des secteurs spécifiques comme les transporteurs, les agriculteurs ou les pêcheurs, et sur des facilités de trésorerie (délais de paiement, reports de charges), sont jugées largement insuffisantes par le syndicat. Ces dispositifs ne compensent pas la hausse structurelle des coûts énergétiques qui pèse sur l’ensemble des acteurs économiques.
Les TPE de proximité, telles que les commerçants, les artisans, les indépendants et les professions libérales, se retrouvent particulièrement exposées. Elles cumulent en effet plusieurs fragilités : des charges énergétiques souvent incompressibles, un faible pouvoir de négociation avec leurs fournisseurs et des trésoreries limitées qui ne leur permettent pas d’absorber des hausses de coûts aussi brutales. Cette pression immédiate sur leurs marges risque de fragiliser durablement le tissu économique local et d’accélérer les cessations d’activité.
Une absence de stratégie économique claire
Au-delà des mesures d’urgence, le SDI pointe un manque de cohérence dans les politiques publiques menées ces dernières années. Le syndicat regrette que les discours sur la nécessaire réduction des dépenses publiques ou la relance de la productivité ne se soient pas traduits par des actions concrètes dans les lois de finances successives de 2024, 2025 et 2026.
Cette situation interroge sur la capacité réelle du gouvernement à orienter les moyens publics vers l’économie réelle et le soutien aux entreprises qui animent les territoires. Pour le SDI, le risque est désormais clairement identifié : si des mesures fortes ne sont pas prises rapidement, la crise énergétique actuelle pourrait inexorablement se transformer en une crise généralisée des TPE de proximité.


