LUXEMBOURG : Karim LAYOUNI : « Les opportunités de rénovati…
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LUXEMBOURG : Karim LAYOUNI : « Les opportunités de rénovation sont relativement rares »
Une étude de eXp Luxembourg révèle que seuls 1,7% des biens à vendre nécessitent des travaux, limitant l’accès à la propriété des primo-accédants.
Le marché immobilier luxembourgeois, déjà connu pour sa forte tension, présente une nouvelle barrière pour les acheteurs, en particulier les primo-accédants. Selon une récente étude menée par eXp Luxembourg, les biens immobiliers nécessitant une rénovation, souvent considérés comme une voie d’accès plus abordable à la propriété, se font extrêmement rares. L’analyse des annonces immobilières actuelles sur l’ensemble du territoire révèle que seulement 1,7% des logements en vente sont classés comme étant « à rénover ».
Cette pénurie d’opportunités de rénovation complexifie davantage un parcours d’achat déjà difficile dans l’un des marchés les plus chers d’Europe.
Un accès à la propriété de plus en plus contraint
Dans de nombreux marchés immobiliers à forte valeur, l’acquisition d’un bien à rénover représente une stratégie clé pour les acheteurs disposant d’un budget initial plus modeste. Elle leur permet d’acquérir un logement à un prix inférieur au marché et de l’améliorer progressivement au fil du temps. Cependant, l’étude met en lumière que cette option est aujourd’hui très limitée au Grand-Duché, fermant ainsi une porte d’entrée traditionnelle vers la propriété pour une partie de la population, notamment les jeunes ménages locaux.
De fortes disparités cantonales
L’analyse territoriale montre des écarts significatifs. Le canton de Clervaux affiche la plus forte proportion de biens à rénover, avec 5,8% des annonces. Il est suivi par Wiltz (4,0%), Echternach (3,3%), Redange (3,0%) et Remich (2,9%).
À l’opposé, certains cantons sont quasiment dépourvus de ce type de biens. Le canton de Vianden ne recense actuellement aucune maison ou appartement à rénover sur le marché. D’autres territoires affichent des taux extrêmement bas, comme Mersch (0,9%), ainsi que Diekirch et Luxembourg, qui se situent tous deux à seulement 1,1%. Cette situation illustre à quel point la rareté de ces biens est un phénomène répandu sur une grande partie du pays, y compris dans sa capitale.
L’influence de la population internationale
La structure unique de la population luxembourgeoise pourrait expliquer cette tendance. Une part importante des résidents est d’origine internationale, les immigrés représentant 69,8% des habitants des centres-villes et 46,8% de ceux des agglomérations urbaines. En conséquence, une grande partie de l’offre immobilière est présentée dans un état impeccable ou modernisé. Les vendeurs cherchent ainsi à séduire une clientèle d’expatriés, souvent en relocalisation professionnelle, qui privilégie des biens « clé en main », immédiatement habitables.
Si cette dynamique contribue à maintenir un parc immobilier d’un niveau de qualité globalement très élevé, elle réduit mécaniquement le nombre de biens abordables à rénover, pénalisant les acheteurs cherchant un projet à modeler selon leurs moyens.
« Dans de nombreux marchés immobiliers chers, les biens à rénover peuvent offrir une voie importante vers l’accession à la propriété, en particulier pour les acheteurs prêts à entreprendre un projet afin d’obtenir un prix d’achat plus bas », commente Karim Layouni, directeur de eXp Luxembourg. « Cependant, notre étude suggère qu’au Luxembourg, même ces opportunités sont relativement rares, ce qui reflète les contraintes d’offre plus larges auxquelles le marché est confronté. La population très internationale du Luxembourg façonne également la demande de logements, de nombreux acheteurs s’installant pour le travail et privilégiant donc les maisons déjà finies et prêtes à être habitées. Bien que cela contribue à maintenir un niveau de qualité élevé pour le parc immobilier, cela peut aussi rendre plus difficile pour les acheteurs l’espoir de trouver une propriété qu’ils peuvent rénover et améliorer au fil du temps pour un coût initial moindre ».
Les données de l’étude sont issues des annonces du portail Immotop.lu et des statistiques nationales du Luxembourg. L’ensemble des tableaux de données est disponible en ligne (https://docs.google.com/spreadsheets/d/e/2PACX-1vTfoR6LMKK-h1B-oipWimStEZ4j1vCbKSjc_Ls4YD6uMLU-ud89SwIrB8Vyon2bcH6tNiSJLFSzAv1J/pubhtml?gid=878736655&single=true).
