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PARIS : Baromètre DRH 2026 – La maîtrise des coûts de…

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PARIS : Baromètre DRH 2026 – La maîtrise des coûts devient la priorité absolue, les managers en première ligne

Une étude révèle que les DRH priorisent la réduction des coûts en 2026, tout en faisant face à un épuisement managérial et une santé mentale préoccupants.

Le Baromètre des DRH 2026, publié ce mardi à Paris, dresse un constat sans équivoque : l’ère de l’euphorie post-Covid est révolue, laissant place à un pragmatisme économique dicté par un environnement incertain. Menée auprès de 168 directeurs des ressources humaines de grands groupes, l’étude réalisée par ABV Group, le Groupe RH&M et Sopra Steria Next montre que la fonction RH se retrouve au cœur d’arbitrages complexes, écartelée entre la nécessité de performance économique et la préservation du pacte social.

Un impératif de performance économique

Les priorités stratégiques des entreprises pour 2026 sont claires et orientées vers l’exécution : la croissance du chiffre d’affaires (67 %), l’amélioration de la profitabilité (55 %) et la transformation de l’entreprise (51 %). En réponse, les DRH alignent leurs objectifs, faisant du soutien à la transformation leur mission numéro un (89 %).

Cependant, la pression sur les coûts sociaux s’intensifie de manière inédite. Si la maîtrise des coûts reste une préoccupation majeure pour 92 % des DRH, l’urgence de les réduire activement connaît une forte hausse, passant de 41 % en 2025 à 52 % en 2026. Cette rigueur budgétaire contraint fortement les leviers traditionnels, notamment les augmentations salariales générales, forçant les RH à innover pour maintenir l’engagement.

Le management intermédiaire, maillon faible ?

Le baromètre lance un véritable signal d’alerte concernant le management intermédiaire. Près de 40 % des DRH constatent une montée significative de la fatigue, de la démotivation, voire du burn-out au sein de cette population. Placé en première ligne pour piloter la performance et accompagner les transformations continues, le management subit une pression considérable qui en fait aujourd’hui un point de fragilité majeur pour les organisations.

Ce constat est corroboré par l’importance croissante accordée à la santé mentale, considérée comme une priorité par 75 % des entreprises. Toutefois, un décalage subsiste entre la déclaration d’intention et la mise en œuvre : seuls 57 % des sondés ont déployé des dispositifs concrets, tandis que 21 % sont en cours de déploiement, signe que l’action peine encore à suivre la prise de conscience.

L’IA, une adoption progressive et prudente

L’intégration de l’intelligence artificielle progresse par paliers, loin d’une révolution généralisée. La majorité des entreprises se situe encore dans des phases amont : 30 % en sont à la veille ou l’exploration, 28 % mènent leurs premiers projets pilotes et 26 % ont initié un déploiement sur des processus ciblés, principalement le recrutement (cité comme le plus fort potentiel par 78 % des DRH).

La prudence reste de mise, la préoccupation principale étant la sécurité et la confidentialité des données des employés (39 %). Ce risque est accentué par le fait que 70 % des entreprises n’ont pas encore défini de gouvernance claire (charte éthique, comité de pilotage) pour encadrer l’usage de ces nouveaux outils.

Des arbitrages sur le pacte social

Dans ce contexte de rationalisation, plusieurs équilibres sont redéfinis. Le modèle du télétravail hybride semble désormais stabilisé, 72 % des DRH le jugeant équilibré et ne prévoyant pas de renégociation majeure. Par ailleurs, la future directive européenne sur la transparence salariale pousse les entreprises à se préparer : 64 % sont en cours de mise en conformité, percevant majoritairement cette évolution comme une opportunité (39 %) ou un non-sujet (36 %).

En conclusion, l’année 2026 s’annonce comme une année de lucidité pour la fonction RH. Contraints par des budgets serrés, les DRH doivent redoubler d’agilité pour piloter la transformation humaine tout en répondant à une exigence de performance économique accrue, un exercice d’équilibriste dont le succès reposera largement sur le soutien apporté à une ligne managériale sous tension.

L’étude a été réalisée auprès de 168 DRH, dont 82 % siègent au comité exécutif (COMEX), issus d’entreprises de toutes tailles et avec un périmètre de responsabilité majoritairement français (59 %).

Le Baromètre des DRH est une initiative de trois partenaires : ABV Group (www.abv-group.com), un cabinet de conseil en recherche d’économies de coûts ; le Groupe RH&M (www.grouperhm.com), un réseau dédié au rayonnement de la fonction DRH ; et Sopra Steria Next (www.soprasteria.com), le cabinet de conseil en transformation digitale du groupe Sopra Steria.