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PARIS : Olivier RAINGEARD : « Conflit iranien : trois scénarios pour les marchés financiers »
Suite au conflit armé initié le 7 mars entre l’Iran, les États-Unis et Israël, la banque Neuflize OBC analyse l’impact sur les marchés financiers.
Le conflit armé engagé samedi 7 mars 2026 par les États-Unis et Israël contre l’Iran a immédiatement provoqué une onde de choc sur les marchés financiers. Alors que des frappes aériennes ont visé le territoire iranien et que Téhéran a riposté contre Israël et des intérêts américains, l’incertitude domine quant aux objectifs militaires de Washington et Tel Aviv. Dans une note d’analyse, Olivier Raingeard et Gabriel Karaboulad, respectivement directeur et directeur adjoint des investissements chez Neuflize OBC, décryptent la situation et esquissent les évolutions possibles.
Une réaction classique d’aversion au risque
Face à ces tensions géopolitiques majeures, les marchés sont passés en mode « risk-off », adoptant des comportements classiques d’aversion au risque. L’impact le plus direct a été observé sur les prix de l’énergie, qui se sont fortement appréciés, conséquence de l’arrêt des transports de pétrole et de gaz naturel liquéfié via le détroit d’Ormuz, un point de passage stratégique.
Parallèlement, les marchés actions ont accusé un net recul. Les places boursières asiatiques et européennes, plus vulnérables en raison de leur dépendance aux approvisionnements énergétiques du Moyen-Orient, ont enregistré les baisses les plus significatives. À l’inverse, les actions américaines ont montré une meilleure résistance, les investisseurs percevant ce marché comme plus défensif en période de crise.
Le dollar américain a confirmé son statut de valeur refuge en s’appréciant. Fait plus surprenant, l’or a reculé, un mouvement que les analystes de Neuflize OBC attribuent à des prises de bénéfices destinées à compenser des pertes sur d’autres classes d’actifs. Le Bitcoin, quant à lui, a progressé après plusieurs mois de correction. Du côté des obligations, la hausse attendue des prix de l’énergie a repoussé les anticipations de baisse des taux directeurs de la Réserve fédérale américaine (Fed), entraînant une progression des rendements obligataires et donc une baisse des prix des obligations souveraines. Enfin, l’indice VIX, qui mesure la volatilité, est en hausse mais ne reflète pas encore un climat de panique généralisée.
Trois scénarios pour l’avenir
Les experts de la banque privée distinguent trois scénarios principaux, déterminés par la durée du conflit et son impact sur les prix de l’énergie.
Le scénario central, jugé le plus probable avec une probabilité de 50 %, est celui d’un « statu quo » de quelques semaines. Dans cette hypothèse, les hostilités se poursuivent pendant moins d’un mois, maintenant le détroit d’Ormuz fermé et réduisant la production énergétique sans causer de dommages durables aux infrastructures. L’impact sur l’inflation et la croissance mondiale resterait modéré.
Le deuxième scénario, le plus pessimiste (25 % de probabilité), envisage un conflit prolongé sur trois mois ou plus. Une intensification des attaques endommagerait durablement les infrastructures pétrolières et gazières, provoquant une inflation durablement élevée et pesant lourdement sur l’économie.
Le troisième scénario, le plus optimiste (25 % de probabilité), table sur une amélioration rapide de la situation. Une désescalade dans les deux prochaines semaines permettrait une réouverture du détroit d’Ormuz et une normalisation rapide des flux énergétiques, avec un impact quasi nul sur la croissance mondiale.
Des conséquences variables pour les investisseurs
L’impact final sur les portefeuilles dépendra directement du scénario qui se réalisera.
Dans le cas du « statu quo », les marchés actions pourraient encore corriger, avec une surperformance des marchés américains et des secteurs de l’énergie, des matériaux et de la santé. Le pétrole pourrait atteindre 100 dollars le baril et l’indice VIX grimper autour de 35 avant un rebond rapide des marchés une fois la normalisation engagée.
Un conflit prolongé se traduirait par une correction boursière bien plus marquée. Les secteurs défensifs comme l’énergie, les biens de consommation de base et la santé résisteraient mieux. Les obligations continueraient de souffrir des craintes inflationnistes, avec un pétrole atteignant au moins 130 dollars et un VIX dépassant 40.
Enfin, une amélioration rapide provoquerait un rebond rapide des actions, au profit des marchés émergents et européens. Les valeurs financières et industrielles mèneraient la reprise, tandis que les prix des obligations progresseraient. Le pétrole reviendrait autour de 80 dollars, et la volatilité se stabiliserait.
À propos de la Banque Neuflize OBC
La Banque Neuflize OBC, banque privée d’ABN AMRO en France, propose un modèle unique fondé sur une vision intégrée des patrimoines privé et professionnel. Son offre de conseil alliée à son offre de gestion et de financements lui permet d’intervenir sur la totalité des actifs de ses clients. Présente sur l’ensemble du territoire français, la banque s’appuie sur plus de 350 ans d’histoire pour accompagner une clientèle patrimoniale exigeante. Pour plus d’informations, consultez le site www.neuflizeobc.fr.


