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PARIS : Transparence salariale – Un salarié sur deux…

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PARIS : Transparence salariale – Un salarié sur deux prêt à exercer son nouveau droit

Une étude Figures et YouGov révèle que 47 % des salariés comptent exiger la transparence sur les rémunérations dès l’entrée en vigueur de la réforme.

Le monde de l’entreprise s’apprête à vivre un changement de paradigme majeur. Alors que le ministère du Travail a partagé, vendredi 6 mars, l’avant-projet de loi transposant la directive européenne sur la transparence des rémunérations, une enquête menée par Figures et YouGov dévoile un paysage social en pleine mutation. Selon ce baromètre, près de la moitié des salariés du secteur privé envisagent d’exercer leur nouveau droit à l’information dès son application. Cette réforme permettra à tout employé de demander à sa direction le niveau de salaire moyen des postes équivalents au sien, transformant ainsi une donnée souvent taboue en information accessible.

Un déficit d’information paradoxal chez les femmes

L’étude met en lumière une contradiction préoccupante concernant l’égalité professionnelle. Si la directive a été conçue prioritairement pour réduire les écarts de rémunération entre les femmes et les hommes, les premières concernées semblent être les moins armées pour s’en saisir. Les chiffres sont éloquents : quatre femmes sur dix déclarent n’avoir reçu aucune explication claire sur la détermination de leur salaire, contre un quart des hommes.

Cette asymétrie se retrouve dans la connaissance même du dispositif. Seulement 26 % des femmes sont informées de l’existence de cette directive, contre 38 % des hommes. Plus inquiétant encore, elles envisagent moins souvent d’activer ce droit (40 % contre 55 %). Virgile Raingeard, CEO de Figures, plateforme de gestion des rémunérations, analyse ce risque : « Si les entreprises attendent que les salariés s’en saisissent d’eux-mêmes, elles ne corrigeront que les écarts de ceux qui revendiquent, encore majoritairement des hommes. Le vrai enjeu, c’est que les entreprises s’emparent proactivement du sujet : analyser les écarts, les corriger de manière systémique, sans attendre qu’on leur demande ».

La génération Z brise les tabous

Si les disparités de genre persistent, une vague générationnelle pousse fortement vers la transparence. Pour les moins de 30 ans, le salaire n’est plus un sujet confidentiel. L’enquête révèle que 79 % d’entre eux ont déjà discuté rémunération avec un collègue et 91 % se disent prêts à révéler leur propre salaire.

Cette génération, qui ne tolère plus l’opacité, agit comme un accélérateur de la réforme. 56 % des jeunes actifs prévoient d’utiliser le nouveau droit dès sa mise en place. L’impact sur la rétention des talents est direct : près de la moitié des jeunes salariés (46 %) déclarent avoir déjà quitté une entreprise, ou envisagé de le faire, en raison d’une inégalité perçue. « Le salaire n’est plus un tabou pour la Gen Z. La culture évolue plus vite que les organisations », confirme Virgile Raingeard.

L’impréparation inquiétante des entreprises

Face à cette demande croissante, la réponse des organisations semble tarder. Si 93 % des employeurs se disent favorables à une forme de transparence, la réalité opérationnelle est tout autre. Seules 12 % des entreprises se considèrent aujourd’hui totalement prêtes pour l’entrée en vigueur de la réforme.

Le manque d’outils structurants est patent : près d’une entreprise sur deux (49 %) ne dispose pas de grille salariale formalisée. Lorsqu’elle existe, elle reste souvent confidentielle, seuls 17 % des employeurs la rendant librement consultable. Cette impréparation risque de créer des tensions internes, 71 % des employeurs s’attendant à une hausse des demandes d’augmentation une fois les données rendues publiques.

« Beaucoup se retrouvent paralysés, faute de soutien de leur direction ou de repères clairs sur les priorités à engager », note Virgile Raingeard. Pour éviter une gestion de crise au cas par cas, les entreprises devront transformer leurs politiques salariales implicites en processus documentés et justifiables. Figures (https://figures.hr/fr) accompagne d’ailleurs les organisations dans cette transition en centralisant les données de marché et l’analyse des écarts pour garantir la conformité aux nouvelles exigences légales.