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WASHINGTON : Technologie – La complexité de Microsoft 365 freine le déploiement de l’intelligence artificielle

Une étude de CoreView révèle que 82 % des responsables informatiques jugent Microsoft 365 trop complexe, obligeant plus de la moitié des entreprises à restreindre l’IA.

L’intelligence artificielle promettait une révolution dans la gestion des environnements numériques, mais la réalité du terrain semble bien plus nuancée. Selon une nouvelle étude dévoilée ce jeudi 5 mars 2026 par CoreView (https://www.coreview.com/), spécialiste de la résilience des environnements Microsoft 365, l’adoption des outils automatisés se heurte à un mur de complexité opérationnelle et de risques sécuritaires.

Le constat est sévère : alors que 70 % des responsables informatiques estiment qu’une administration pilotée par l’IA serait précieuse pour leurs organisations, la mise en pratique s’avère périlleuse. Le rapport indique que 51 % des grandes entreprises ont dû annuler des modifications apportées par l’IA au sein de Microsoft 365. Ces retours en arrière sont principalement motivés par des préoccupations liées à la sécurité et à la gouvernance des données.

Une charge opérationnelle devenue écrasante

La plateforme collaborative de Microsoft, utilisée par plus de deux millions d’entreprises à travers le monde, a connu une expansion rapide de ses fonctionnalités. Cette croissance exponentielle a un coût : la gestion quotidienne de l’outil est devenue un fardeau pour les départements informatiques. D’après l’étude, 82 % des responsables IT décrivent cette gestion comme une charge opérationnelle lourde. Ce sentiment est particulièrement marqué au Royaume-Uni (85 %) et aux États-Unis (83 %), suivis par l’Allemagne (74 %).

Plus inquiétant encore, une entreprise sur cinq déclare qu’il est désormais « presque impossible » de gérer et de sécuriser Microsoft 365 à l’échelle de l’organisation. « Microsoft 365 est devenu opérationnellement écrasant, et les organisations se tournent vers l’automatisation pour faire face », a déclaré Andrew Sivieri, Chief Product & Technology Officer de CoreView.

Cependant, l’expert met en garde contre une fuite en avant technologique sans bases solides : « L’IA est déployée dans des environnements qui n’y sont pas prêts […] Lorsque les contrôles de gouvernance et de sécurité ne sont pas déjà en place, l’IA ne résout pas le problème, elle l’accélère. Sans structure ni garde-fous, l’automatisation fait passer le risque en production plus vite que les équipes ne peuvent le maîtriser », a précisé M. Sivieri.

Des failles de sécurité critiques et omniprésentes

L’analyse des données portant sur 1,6 million d’utilisateurs met en lumière des vulnérabilités structurelles majeures. Le rapport identifie six domaines de risque principaux, à commencer par une pression constante sur les infrastructures d’authentification. En moyenne, chaque organisation doit faire face à plus de 140 000 tentatives de connexion échouées par semaine. Ce volume massif contraint les équipes techniques à une analyse permanente des événements de sécurité potentiels.

Par ailleurs, les fondamentaux de la sécurité numérique semblent négligés par une large majorité d’acteurs. L’étude révèle que 90 % des organisations peinent à appliquer des contrôles de base. Le chiffre le plus alarmant concerne l’authentification multifacteur (MFA) : près de neuf organisations sur dix (87 %) comptent au moins certains administrateurs ne disposant pas de cette protection essentielle. Globalement, la MFA n’est activée que pour 28 % des administrateurs et seulement 7 % des utilisateurs finaux, laissant la porte ouverte aux intrusions.

Un déficit de visibilité et de contrôle

La complexité de l’environnement entraîne également une perte de maîtrise pour les directions des systèmes d’information. Près de la moitié des entreprises (45 %) avouent ne pas avoir une visibilité complète sur leur environnement Microsoft 365. Ce manque de transparence oblige les équipes à s’appuyer sur une supervision manuelle et des interventions réactives plutôt que préventives.

Les conséquences de ce pilotage à l’aveugle sont concrètes : 43 % des organisations signalent des audits échoués ou retardés en raison de rapports lents ou incomplets. Les problèmes de conformité ne sont souvent détectés que lors des contrôles réglementaires, bien trop tard pour être corrigés sans impact.

Face à ces défis, la confiance des dirigeants s’érode. Un quart des responsables informatiques rencontrent une résistance de leur direction générale quant à l’adoption de l’IA, craignant que celle-ci n’agisse sans supervision adéquate. Pour 45 % des sondés, le succès futur de ces technologies dépendra impérativement de la traçabilité et de l’explicabilité des actions menées par les algorithmes.

Cette étude repose sur une enquête menée fin 2025 auprès de 500 responsables informatiques de grandes entreprises au Royaume-Uni, aux États-Unis, en Allemagne et en Australie.