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MARSEILLE : Société – La région Sud championne de l’égalité filles-garçons sur l’argent de poche

À l’approche du 8 mars, un baromètre révèle que la Provence-Alpes-Côte d’Azur figure parmi les régions les plus égalitaires concernant l’argent de poche.

Alors que la Journée internationale des droits des femmes se profile ce dimanche 8 mars, le constat national reste morose en matière d’égalité financière dès le plus jeune âge. Pourtant, dans ce tableau contrasté, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA) se distingue par une singularité positive. Selon la 6ème édition du baromètre « Argent de poche et inégalités » publié ce mercredi par le Teenage Lab de Pixpay (https://www.pixpay.fr/), les jeunes de la région bénéficient d’une parité quasi parfaite, voire légèrement favorable aux adolescentes.

Une réalité qui détonne par rapport au reste de l’hexagone. Dans la région Sud, les filles perçoivent en moyenne 0,6 euro de plus par mois que les garçons, soit un avantage annuel symbolique de 7,2 euros. Cette donnée place le territoire parmi les plus égalitaires de France, loin devant les Pays de la Loire, bonnet d’âne du classement, où les garçons reçoivent 2,4 euros de plus chaque mois.

Des inégalités nationales qui se creusent

Si la situation locale est rassurante, la tendance nationale décrite par cette étude réalisée auprès des utilisateurs de la carte de paiement pour adolescents est préoccupante. À l’échelle de la France, les filles reçoivent en moyenne 9 euros de moins par mois que les garçons, contre 6,7 euros l’année précédente. Sur une année complète, ce différentiel représente une perte de pouvoir d’achat de 108 euros pour les adolescentes.

Le fossé s’agrandit considérablement avec l’âge. Chez les 16-17 ans, l’écart grimpe à 19 euros par mois en faveur des garçons (contre 15,5 euros en 2025). À la fin de l’année, un garçon de cet âge aura perçu 229 euros de plus que son homologue féminin. Caroline Ménager, cofondatrice de Pixpay, analyse ce phénomène : « Pour cette 6ème édition, le constat est clair : malgré des intentions parentales équitables, les écarts d’argent de poche entre filles et garçons persistent et se creusent à l’adolescence ».

La mécanique insidieuse des « extras »

L’étude met en lumière une subtilité dans la distribution des revenus. Sur le papier, l’argent de poche « régulier » (fixe) est quasiment identique entre les deux sexes, avec même un léger avantage de 43 centimes pour les filles. L’inégalité se niche dans les revenus variables et les versements ponctuels. Les garçons bénéficient davantage de ces « coups de pouce » financiers qui, cumulés, créent l’écart final.

Les comportements diffèrent également face à la demande. Si les filles sont à l’origine de 58 % des demandes de rallonges auprès de leurs parents, elles réclament des sommes moins importantes (32 euros en moyenne) que les garçons (34 euros). Ces derniers sollicitent moins souvent leurs parents, mais font preuve de plus d’audace sur les montants exigés. Par ailleurs, pour compenser, les filles se tournent davantage vers le travail : 59 % des adolescents demandant des « missions » rémunérées (tâches ménagères, services) sont des filles.

Une gestion maternelle, une générosité paternelle

Au-delà des adolescents, le baromètre interroge la répartition des rôles au sein du couple parental. La charge mentale de la gestion financière des enfants repose encore massivement sur les femmes. Dans 75 % des familles, ce sont les mères qui gèrent l’argent de poche et planifient les budgets.

Paradoxalement, ce sont les pères qui se montrent les plus généreux lors des versements, donnant en moyenne 5,50 euros de plus que les mères, un écart qui atteint près de 8 euros pour les grands adolescents.

Pour Caroline Ménager, ces disparités précoces ne sont pas anecdotiques : « Ces différences constituent en réalité les premières marches d’inégalités qui se prolongent à l’âge adulte. L’argent de poche façonne le rapport à l’autonomie, à la négociation et à la valeur que l’on s’accorde. Si nous voulons une société plus égalitaire demain, c’est dès l’adolescence qu’il faut agir ». En Provence-Alpes-Côte d’Azur, le chemin semble, heureusement, déjà mieux balisé qu’ailleurs.