PARIS : Cécile GUIVARC’H : « La formation n’est plus…
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PARIS : Cécile GUIVARC’H : « La formation n’est plus une obligation, elle est votre stratégie »
Face aux mutations profondes de l’immobilier, Cécile Guivarc’h d’Orisha Real Estate analyse pourquoi la formation devient un impératif de survie.
Longtemps perçue comme une simple formalité administrative ou une contrainte légale, la formation continue dans le secteur immobilier opère sa mue. Dans un marché chahuté par la digitalisation et la pression économique, elle quitte le domaine du réglementaire pour devenir un pilier central de la stratégie d’entreprise. C’est le constat dressé ce mercredi par Cécile Guivarc’h, Directrice de la performance opérationnelle chez Orisha Real Estate, acteur majeur des solutions numériques pour les professionnels du secteur.
Une mutation silencieuse mais radicale
Le secteur traverse une transformation profonde, bien que parfois invisible au premier regard. Entre l’accélération digitale, l’évolution des attentes des clients et la complexification des normes, le métier change. « Jamais les professionnels n’ont dû conjuguer autant de compétences différentes. Dans ce contexte, continuer à considérer la formation comme une contrainte revient à regarder le rétroviseur alors que la route change devant nous », explique Cécile Guivarc’h.
Si la loi ALUR a imposé un cadre strict de 42 heures de formation tous les trois ans, l’intention louable de garantir le professionnalisme s’est parfois heurtée à une réalité de terrain plus pragmatique : la « case à cocher ». Pour beaucoup, la conformité a primé sur la montée en compétences réelle. Or, cette approche est désormais obsolète. Les compétences immobilières, autrefois stables, deviennent « périssables » dans un environnement où le gestionnaire doit maîtriser des outils numériques complexes et où le négociateur doit savoir analyser de la donnée fine pour rassurer ses clients.
Un levier RH indispensable
Au-delà de la performance technique, l’enjeu est humain. Le secteur fait face à des tensions notables en matière de recrutement et de fidélisation. Les nouvelles générations de collaborateurs ne se contentent plus d’un statut ou d’une rémunération ; elles exigent des perspectives d’évolution concrètes. « Une entreprise qui ne forme pas devient rapidement une entreprise qui peine à retenir », analyse la directrice de la performance opérationnelle.
La formation se transforme ainsi en outil de marque employeur. Elle permet de valoriser les collaborateurs et de leur offrir les moyens de s’adapter à un marché incertain. « La formation n’est plus une réaction, mais une anticipation », ajoute l’experte. Elle ne doit plus être perçue comme un ralentissement de l’activité, mais comme la préparation de sa résilience future.
La convergence du métier et de la technologie
L’autre point de bascule réside dans la fusion entre le savoir-faire métier et la maîtrise technologique. Les outils digitaux ne sont plus de simples supports périphériques ; ils structurent la méthode de travail, la prise de décision et la qualité du service client. Pour Orisha Real Estate (https://realestate.orisha.com), qui développe des écosystèmes digitaux pour les professionnels en France, Belgique et Luxembourg, cette convergence est une évidence.
Ignorer cette réalité risque de créer une fracture numérique au sein même des agences, entre ceux qui subissent la technologie et ceux qui l’exploitent pour gagner en efficacité. « L’enjeu collectif du secteur est là : éviter une immobilité des compétences dans un marché en mouvement rapide », prévient Cécile Guivarc’h.
Vers une culture de l’apprentissage permanent
Pour les années à venir, la hiérarchie des acteurs du marché pourrait être bouleversée. La réussite ne dépendra pas uniquement de la taille de la structure, mais de sa capacité à apprendre et à s’adapter. Les entreprises les plus performantes seront celles qui auront instauré une véritable culture de l’apprentissage continu, transformant l’obligation légale en avantage compétitif.
La formation devient ainsi un facteur de confiance global : confiance des clients en quête d’expertise, confiance des équipes en quête de progression, et confiance des dirigeants qui doivent naviguer des cycles économiques de plus en plus courts. « Demain, les acteurs qui réussiront ne seront pas nécessairement les plus grands, mais les plus apprenants », conclut Cécile Guivarc’h.


