PARIS : Sciences humaines – Eduardo GOES NEVES brise…
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PARIS : Sciences humaines – Eduardo GOES NEVES brise le mythe d’une Amazonie vierge et sans histoire
Les Éditions de la MSH publient un ouvrage majeur de l’archéologue Eduardo Góes Neves qui revisite l’histoire millénaire de l’Amazonie centrale.
C’est une parution qui promet de bousculer les idées reçues sur le « poumon vert » de la planète. Dès le 19 mars 2026, les librairies accueilleront *Sous les temps de l’équateur. Une histoire ancienne de l’Amazonie centrale*. Dans cet essai traduit par David Yann Chaigne, l’archéologue brésilien Eduardo Góes Neves s’attaque à un imaginaire tenace : celui d’une forêt vierge, sauvage et historiquement vide d’hommes et de culture. Publié par les Éditions de la Maison des Sciences de l’Homme (MSH) au sein de la collection « Amérique(s) », l’ouvrage propose une plongée scientifique rigoureuse dans le passé précolonial de la région.
Déconstruire les fantasmes rétrogrades
L’ambition affichée par l’auteur est claire : il s’agit d’écrire l’histoire du « Brésil d’avant le Brésil ». Trop souvent perçue comme une périphérie sud-américaine ou un espace naturel intouché, l’Amazonie se révèle sous la plume du chercheur comme un foyer de civilisation dynamique. L’ouvrage s’attache à déconstruire l’image d’une forêt dépourvue de culture pour mettre en lumière une occupation humaine continue dont les racines plongent il y a plus de 11 000 ans.
Grâce à une approche historico-culturelle étayée par des décennies de fouilles, Eduardo Góes Neves démontre que le bassin amazonien a joué un rôle central dans le développement du continent sud-américain. Loin de l’isolement supposé, la région fut un lieu de convergence pour des populations variées, théâtre d’échanges intenses avec des peuples lointains, y compris ceux issus des hauts plateaux de la cordillère des Andes.
Des sociétés complexes sans État
L’un des points les plus saillants de cette démonstration réside dans l’analyse politique des structures sociales anciennes. L’ouvrage invite le lecteur à reconsidérer ces peuples qui, selon l’analyse de l’auteur, auraient délibérément refusé de s’organiser en État. Cette perspective offre une vision décloisonnée des trajectoires humaines, loin du modèle évolutionniste classique qui place l’apparition de l’État comme l’aboutissement inéluctable de toute société complexe.
Le livre met en avant les nombreuses innovations techniques et culturelles nées au cœur de la forêt, prouvant que l’absence de structure étatique n’était pas synonyme d’absence de développement ou de sophistication. Ce discours contestataire permet, selon l’éditeur, de « s’affranchir de fantasmes rétrogrades sur les peuples autochtones d’Amazonie ».
Une sommité de l’archéologie tropicale
La portée de cet ouvrage repose sur la légitimité scientifique de son auteur. Eduardo Góes Neves est reconnu comme l’un des plus grands spécialistes mondiaux de la région. Professeur au musée d’Archéologie et d’ethnologie de l’université de São Paulo, il coordonne également le Laboratoire d’archéologie des tropiques.
Son expertise s’appuie sur plus de trente années de recherche sur le terrain. Avec à son actif la supervision de plus de soixante projets et la publication de plus de 120 articles scientifiques, Neves est décrit comme un « infatigable défenseur de la cause amazonienne ». Son travail offre ici un nouvel éclairage sur la position historique du Brésil et résonne avec les enjeux géopolitiques et environnementaux actuels.
Un dialogue scientifique franco-brésilien
La publication de ce livre s’inscrit dans une démarche de collaboration scientifique de haut niveau, illustrée par la préface signée Stéphen Rostain. Directeur de recherches au CNRS, Stéphen Rostain est le premier archéologue français à s’être consacré exclusivement à l’Amazonie, un terrain qu’il arpente depuis plus de quarante ans. Auteur de l’ouvrage *Archéologie de l’Amazonie* (paru aux Éditions de la MSH en 2025), ses travaux ont radicalement transformé la perception du monde précolombien amazonien en Europe.
Ce livre rejoint la collection « Amérique(s) » (https://www.editions-msh.fr/collection/ameriques/), qui a pour vocation de traduire des œuvres incontournables des sciences humaines et sociales sur la grande aire américaine, du cap Horn à l’Alaska, souvent absentes du champ des études francophones. *Sous les temps de l’équateur* sera disponible au prix de 26 euros. Pour plus d’informations sur les publications de la fondation, le public est invité à consulter le site des Éditions de la MSH (https://www.editions-msh.fr/).


