PARIS : Économie – L’océan, angle mort des stra…
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PARIS : Économie – L’océan, angle mort des stratégies d’entreprise selon une étude
Le cabinet UTOPIES révèle dans une étude que près de 40 % de l’emploi en France dépend de l’océan, un enjeu majeur ignoré par les entreprises.
Paris – Alors que le Traité sur la protection de la haute mer entre en vigueur cette année, le cabinet UTOPIES a dévoilé ce 26 février une étude inédite intitulée « L’océan, angle mort des stratégies d’entreprise ». Réalisée en partenariat avec Crédit Mutuel Arkéa, Mauritius Commercial Bank (MCB) et Seafoodia/Pure Ocean, cette analyse met en lumière la dépendance massive mais largement sous-estimée de l’économie française aux écosystèmes marins. Le constat est sans appel : l’océan est un pilier de l’activité économique, mais reste le grand absent des stratégies de la plupart des entreprises.
Un enjeu stratégique et économique sous-estimé
L’étude révèle un chiffre marquant : près de 40 % des emplois en France, soit environ 11 millions, dépendent directement ou indirectement de l’océan. Cette dépendance se décompose en 14,4 % de manière directe (interaction avec les ressources, milieux ou infrastructures maritimes) et 26 % de manière indirecte via les chaînes de valeur. Pourtant, cet enjeu vital est souvent ignoré, cantonné à une vision réductrice qui ne concernerait que les entreprises littorales ou celles exploitant directement les ressources marines.
Cette méconnaissance expose des filières entières à des risques économiques majeurs. La dégradation des océans, accélérée par la surpêche, la pollution plastique ou encore l’agriculture intensive, a des conséquences concrètes : l’acidification des eaux (+30 % depuis l’ère préindustrielle) et la surexploitation d’un tiers des stocks de poissons menacent directement la sécurité alimentaire, la stabilité des chaînes d’approvisionnement, l’assurabilité des zones côtières et l’économie touristique. À mesure que les écosystèmes marins se fragilisent, ce sont des actifs, des emplois et des infrastructures qui deviennent vulnérables.
Une dépendance indirecte qui irrigue tout le territoire
L’un des apports majeurs de l’étude est de quantifier la dépendance indirecte, qui pèse près de deux fois plus lourd que la dépendance directe. Elle concerne l’ensemble des acteurs économiques qui, même éloignés des côtes, participent aux chaînes de valeur maritimes : fournisseurs, sous-traitants, acteurs de la logistique ou de la R&D. Le secteur du commerce et du négoce apparaît ainsi comme le plus dépendant, avec 1,25 million d’emplois concernés. L’analyse démontre que l’économie maritime irrigue l’ensemble du territoire. Le cas du Grand Paris est particulièrement éloquent : sans aucun littoral, il représente le premier bassin d’emplois liés à l’océan en France, avec plus de 350 000 postes en dépendance directe (notamment logistique) et 800 000 en dépendance indirecte. Ce constat balaie l’idée reçue selon laquelle l’océan ne serait l’affaire que des régions côtières.
Zoom sur le bassin versant méditerranéen
En se concentrant sur le bassin versant méditerranéen, l’étude offre une lecture concrète des interactions entre activités locales et milieux marins. Elle révèle une forte concentration des impacts dans les départements des Bouches-du-Rhône, de l’Hérault et le long de la vallée du Rhône, en lien direct avec la densité des pôles économiques, l’activité de pêche et le tourisme. L’analyse met également en évidence les interconnexions entre façades maritimes, montrant par exemple comment le secteur de la pêche en Méditerranée est indirectement lié aux grands ports atlantiques comme Le Havre ou Brest.
L’efficience bleue : vers un nouveau modèle économique
Face à ce double constat d’une dépendance massive et d’impacts sous-estimés, UTOPIES propose une approche novatrice : l’efficience bleue. Ce concept vise à « faire mieux avec moins » en substituant des intrants fossiles ou terrestres par des ressources marines locales (algues, coquilles, enzymes, coproduits de la pêche) sans exercer de pression supplémentaire sur les écosystèmes. Cette stratégie ouvre des perspectives de transformation économique, notamment pour les économies insulaires et côtières très dépendantes des importations. En favorisant des chaînes de valeur locales à faible impact, l’efficience bleue permet de développer de nouveaux marchés (produits « clean label », matériaux bas carbone) tout en renforçant l’autonomie et la résilience des territoires. Pour les auteurs de l’étude, ce que les entreprises ont appris à faire pour le climat, elles doivent désormais l’appliquer à l’océan.
Créé en 1993, UTOPIES (https://utopies.com/) est un cabinet de conseil pionnier en France, dédié à la transformation durable des entreprises. Il accompagne la réinvention des modèles économiques au prisme des grands enjeux environnementaux et sociétaux.

