PARIS : Élections municipales 2026 – Sécurité, fiscal…
Partager :

PARIS : Élections municipales 2026 – Sécurité, fiscalité, commerce, le bilan sévère des TPE
Une enquête du SDI révèle le mécontentement des TPE sur la sécurité et la fiscalité à l’approche des élections municipales.
À l’approche des élections municipales de mars 2026, le Syndicat des Indépendants et des TPE (SDI) a publié une enquête dressant un bilan sans concession du mandat qui s’achève. Menée en ligne du 18 au 20 février auprès de 790 dirigeants de très petites entreprises, l’étude met en lumière un profond sentiment de dégradation de leur environnement de travail, marqué par une insécurité croissante, une pression fiscale jugée insoutenable et un dialogue rompu avec les élus locaux.
Les résultats complets sont disponibles sur le site du syndicat (https://sdi-pme.fr/wp-content/uploads/2026/02/Enquete-flash-Municipales-2026-1.pdf).
Un climat d’insécurité grandissant
Le premier enseignement de l’enquête est une forte détérioration du climat sécuritaire. Ainsi, 44 % des chefs d’entreprise interrogés déclarent que leurs conditions de sécurité se sont dégradées au cours des six dernières années. Ce sentiment est renforcé par le fait que 60 % d’entre eux ont déjà été directement confrontés à des incivilités, qu’il s’agisse de vols, de dégradations ou d’agressions verbales. Plus inquiétant encore, 69 % constatent une augmentation de ces actes sur les douze derniers mois.
Face à cette situation, 65 % des victimes ou témoins engagent une action, que ce soit par un dépôt de plainte ou un signalement. Si 46 % des sondés se disent satisfaits de la réactivité des forces de l’ordre, les témoignages recueillis dans l’étude révèlent une frustration palpable chez certains. « Soit la plainte n’a pas été prise, soit il ne se passe strictement rien après la plainte », rapporte un dirigeant, illustrant un sentiment d’impuissance partagé par une minorité qui ne signale plus les faits, estimant que « ça ne sert à rien ».
Une fiscalité locale jugée insupportable
Le verdict est tout aussi sévère sur le plan fiscal. Une écrasante majorité de 80 % des professionnels estiment que le niveau des taxes locales est incompatible avec la rentabilité de leur entreprise. Ce chiffre alarmant s’ajoute au constat que 56 % des répondants jugent que les services rendus par leur commune, comme la propreté ou la sécurité, ne sont pas à la hauteur des impôts acquittés. La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE) et la taxe foncière sont identifiées comme les prélèvements les plus pénalisants. Le SDI illustre cette pression par un exemple concret et frappant : une communauté de communes du Jura où la CFE a été multipliée jusqu’à six entre 2024 et 2025 pour certaines entreprises. Cette situation fiscale tendue intervient dans un contexte où 60 % des TPE ont déjà vu leur marge nette baisser en 2025.
Des centres-villes en perte de vitesse
L’environnement commercial est une autre source majeure de préoccupation. Plus de la moitié des dirigeants (56 %) indiquent qu’il s’est détérioré durant le mandat. La cause principale citée est la fermeture de commerces alentour, qui fragilise l’ensemble de l’écosystème local. Ce ressenti de terrain fait écho aux statistiques nationales, qui estiment la vacance commerciale en centres-villes entre 13 % et 14 %, bien au-dessus du seuil d’alerte de 10 %. L’enquête pointe un « cercle vicieux » : moins de commerces attirent moins de consommateurs, ce qui décourage de nouvelles implantations. « Plus aucun commerçant ne s’installe dans un centre-ville désert », déplore un participant à l’enquête. À cela s’ajoute une dégradation de l’accessibilité (stationnement, circulation, livraisons) pour 32 % des TPE.
Un dialogue de sourds avec les municipalités
Enfin, l’enquête révèle une fracture dans le dialogue entre les petites entreprises et les pouvoirs locaux. Une large majorité de 67 % des dirigeants déclarent que les décisions municipales impactant leur activité sont davantage subies que concertées. Les plans de circulation, les travaux de voirie ou encore la gestion du stationnement sont les sujets les plus souvent cités comme étant imposés sans discussion préalable. Ce chiffre met en évidence la nécessité, selon le SDI, de repenser les instances de dialogue pour mieux intégrer les acteurs économiques de proximité dans les projets qui les concernent directement.

