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DRAGUIGNAN : Culture – L’Estérel, terre d’éclosion artistique au tournant du 20ème siècle

À Draguignan, dans le Var, le musée des Beaux-Arts explore le rôle méconnu de l’Estérel dans l’éclosion de l’art moderne dès le 22 mai.

Le musée des Beaux-Arts de Draguignan annonce sa prochaine grande exposition temporaire, « Les roches rouges – Éclosion artistique dans l’Estérel à l’aube du XXe siècle », qui se tiendra du 22 mai au 31 octobre 2026. À travers une cinquantaine d’œuvres et de nombreux documents d’archives, ce projet inédit se propose de réévaluer la place du massif de l’Estérel, situé à moins de 50 kilomètres du musée, comme un foyer majeur mais sous-estimé des expérimentations postimpressionnistes, du pointillisme au fauvisme en passant par le nabisme. L’institution précise par ailleurs que son exposition actuelle, « Le phare Rembrandt », reste visible jusqu’au 15 mars 2026.

Un berceau artistique méconnu

Si l’histoire de l’art a largement célébré des lieux comme la Provence de Cézanne ou la Côte d’Azur de Matisse, le massif de l’Estérel demeure encore en marge des grands récits de la modernité picturale. Pourtant, comme en témoignent les guides touristiques de l’époque, une « colonie nombreuse et distinguée d’artistes » y séjournait régulièrement, fascinée par ses paysages spectaculaires. L’exposition entend combler cette lacune en croisant l’histoire de l’art, l’histoire du tourisme et la géographie. Le projet poursuit un triple objectif : scientifique, en rassemblant des œuvres pour la première fois ; patrimonial, en réaffirmant l’Estérel comme un territoire d’art ; et éducatif, en créant des ponts avec les enjeux environnementaux contemporains.

Une scénographie immersive en cinq actes

La scénographie a été pensée comme une « déambulation sensible », invitant le visiteur à une promenade au cœur des roches rouges. Le parcours s’articulera autour de cinq axes thématiques : l’exploration et le développement touristique du massif, les itinéraires et points de vue privilégiés des artistes, la déclinaison d’un même motif, les « portraits » de roches, et enfin l’intégration de la figure humaine dans ces paysages minéraux. Des dispositifs inclusifs sont prévus pour faciliter l’accès à tous les publics. L’exposition résonne avec des préoccupations actuelles majeures telles que la protection des paysages, la régulation du tourisme et la valorisation du patrimoine naturel.

De repaire de brigands à destination prisée

La première section de l’exposition, conçue comme un cabinet de géographie, retrace la transformation radicale du massif au 19ème siècle. Longtemps considéré comme une zone dangereuse et un repaire de brigands, l’Estérel ne s’ouvre véritablement qu’avec l’arrivée du chemin de fer dans les années 1860, puis la construction de la route de la Corniche d’Or en 1903. Ces infrastructures favorisent l’essor d’un tourisme d’élite et attirent une élite culturelle. Les roches rouges deviennent alors une destination célébrée par des écrivains comme Guy de Maupassant ou Léon Bouyer, et immortalisées par les peintres.

Sur les pas des maîtres postimpressionnistes

Avec l’amélioration des accès, les artistes établissent leurs itinéraires et leurs sites de prédilection : Le Dramont, la rade d’Agay, le pic du Cap Roux ou encore les rochers d’Anthéor deviennent des motifs récurrents. L’exposition montrera comment des peintres comme Lucien Lévy-Dhurmer ont privilégié des vues en plongée pour immerger le spectateur dans le paysage. La question de la sérialité sera également centrale, illustrant comment les artistes revenaient sur un même site pour en capter les variations de lumière, de couleur et de matière, à l’instar des impressionnistes. Cette démarche se décline à travers différentes techniques – huile, pastel, aquarelle ou lithographie –, révélant la richesse des expérimentations plastiques de l’époque.

La roche, protagoniste du paysage

Loin d’être un simple décor, la roche devient un sujet pictural à part entière, un élément immuable dans un monde en mutation. De nombreuses œuvres s’intitulent d’ailleurs « Roches rouges », témoignant de véritables « portraits de rochers » où les artistes explorent la matière et la couleur. La présence humaine y est rare, accentuant le caractère sauvage et intemporel du massif. Quand elle apparaît, c’est dans des intentions variées : en symbiose avec la nature chez Louis Valtat, comme cadre mythologique pour les nus de Ker-Xavier Roussel, ou pour illustrer des scènes de la vie quotidienne sur le littoral chez Léon Detroy.

Informations pratiques

Exposition « Les roches rouges »

Du 22 mai au 31 octobre 2026

Musée des Beaux-Arts de Draguignan

9 rue de la République – 83300 Draguignan

Site internet : mba-draguignan.fr

Ouvert tous les jours de 10h à 18h, sauf le mardi.

Entrée gratuite le premier dimanche de chaque mois.

Fermetures annuelles : 1er janvier, 1er mai, 1er novembre et 25 décembre.