PARIS : Culture – Anne-Claire LEGENDRE devient la pre…
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PARIS : Culture – Anne-Claire LEGENDRE devient la première femme à la tête de l’Institut du monde arabe
Succédant à Jack Lang, la diplomate Anne-Claire Legendre a été élue à l’unanimité ce mardi pour engager une réforme ambitieuse de l’institution.
Une page historique se tourne au 1, rue des Fossés-Saint-Bernard. Réuni en conseil d’administration exceptionnel ce mardi 17 février 2026, l’Institut du monde arabe (IMA) a entériné un changement majeur de gouvernance. Jack Lang, figure emblématique de la vie culturelle française, a présenté sa démission formelle après treize années passées à la présidence de l’établissement. Son action a été saluée par l’ensemble des administrateurs présents.
Pour lui succéder, le choix s’est porté sur une figure de la diplomatie française : Anne-Claire Legendre. Désignée membre du Conseil d’administration sur proposition de l’État, elle a été élue à l’unanimité Présidente de l’IMA. Elle marque l’histoire de l’institution en devenant la première femme à occuper cette fonction prestigieuse depuis sa création.
Un parcours diplomatique tourné vers l’Orient
Cette nomination consacre une carrière résolument orientée vers les relations internationales et le monde arabe. Anne-Claire Legendre dispose d’une expertise terrain indéniable. Ses premiers pas de diplomate l’ont menée à l’Ambassade de France au Yémen dès 2005. Par la suite, au ministère des Affaires étrangères, elle a œuvré sur des dossiers sensibles, notamment la coopération consulaire européenne et les relations bilatérales franco-algériennes.
Son itinéraire l’a également conduite à New York, à la mission permanente de la France auprès des Nations unies (2010-2013), où elle supervisait les dossiers relatifs au Moyen-Orient au Conseil de sécurité, avant de devenir Consule générale de France dans la même ville en 2016. Entre ces deux postes new-yorkais, elle a exercé au cabinet de Laurent Fabius comme conseillère Afrique du Nord et Moyen-Orient.
Plus récemment, après avoir été Ambassadrice de France au Koweït (2020) puis porte-parole du Quai d’Orsay, elle occupait depuis décembre 2023 le poste stratégique de conseillère Afrique du Nord et Moyen-Orient du Président de la République.
Une feuille de route ambitieuse
À l’approche du 40ème anniversaire de l’IMA (fondé en 1987), la nouvelle présidente arrive avec une mission claire. Sa feuille de route prévoit la mise en œuvre d’une « réforme ambitieuse », articulée autour de plusieurs axes prioritaires : la modernisation de la gouvernance, une organisation plus lisible, et surtout le rétablissement d’une trajectoire financière soutenable. Le renforcement des règles de déontologie figure également au programme de ce nouveau mandat.
L’objectif affiché est de permettre à l’Institut de poursuivre son développement et de réaffirmer son rôle unique de pont culturel et de dialogue entre la France, l’Europe et les sociétés du monde arabe contemporain.
Une actualité culturelle foisonnante
Si la gouvernance évolue, la programmation culturelle de l’Institut demeure dense et engagée. Les visiteurs peuvent actuellement découvrir l’exposition « Tenter l’art pour soigner », qui plonge dans l’histoire de l’hôpital psychiatrique de Blida-Joinville dans les années 1960, visible jusqu’au 28 juin 2026. Autre temps fort, l’exposition « Photographier le patrimoine du Liban, 1864-1970 », qui dévoile des clichés méconnus de la Bibliothèque Orientale de Beyrouth, est accessible jusqu’au 5 avril 2026.
L’IMA prépare également la 12ème édition de ses « Journées de l’Histoire », prévues du 27 au 29 mars 2026, sur le thème des fêtes et émotions populaires dans le monde arabe.
Des trésors de collection à redécouvrir
Le musée de l’IMA continue par ailleurs d’exposer des pièces d’exception témoignant de la richesse des échanges historiques. Parmi les chefs-d’œuvre de la collection figure notamment une aiguière au nom du sultan mamelouk Hassan. Datée du milieu du 14ème siècle (vers 1356-1357), cette pièce en laiton martelé et incrusté d’or et d’argent illustre le savoir-faire de l’artisanat de grand luxe de l’époque.
Cet objet d’art raconte à lui seul l’histoire du commerce international médiéval : sa forme en poire et son bec verseur trahissent une influence indienne, tandis que les motifs de fleurs de lotus renvoient à l’art chinois, arrivé dans le monde arabe via les invasions mongoles. Une pièce qui rappelle le rôle clé de l’Égypte mamelouke, alors au contrôle de la route des Indes, comme carrefour entre l’Occident et l’Orient.
Toutes les informations sur la programmation et les visites sont disponibles sur le site officiel de l’Institut du monde arabe (http://www.imarabe.org/).


