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PARIS : Jean-Thomas SCHMITT : « Le projet de loi n’apporte pas de réponses claires »

Le président de l’Union TLF pointe les carences du projet de loi Transports et réclame un cadre fiscal plus juste pour le secteur logistique.

Alors que les débats autour de la mobilité et de la logistique occupent le devant de la scène législative, les professionnels du secteur montent au créneau. L’Union des Entreprises de Transport et de Logistique de France (Union TLF), organisation représentative de l’ensemble de la chaîne, a exprimé ce jeudi ses vives inquiétudes concernant la mouture actuelle du projet de loi Transports. Par la voix de son président, Jean-Thomas Schmitt, l’organisation appelle à une révision significative du texte pour garantir la survie et la compétitivité des entreprises françaises face à une concurrence internationale de plus en plus rude.

Un besoin urgent de stabilité réglementaire

Pour l’Union TLF, le compte n’y est pas. Le secteur, qui navigue déjà dans un contexte économique tendu, réclame avant tout de la visibilité. « Le transport de marchandises a besoin d’un cadre fiscal et réglementaire lisible et stable, qui redonne de la compétitivité à nos entreprises dans un contexte de concurrence exacerbée », a déclaré Jean-Thomas Schmitt, président de l’Union TLF.

Le dirigeant déplore le flou artistique qui entoure certaines dispositions et l’absence de vision à long terme pour les acteurs économiques. Selon l’analyse de l’organisation patronale, le texte présenté par le gouvernement échoue à fournir les réponses attendues par les transporteurs, notamment en matière de soutien économique. « En l’état actuel, le projet de loi n’apporte pas de réponses claires à ces attentes », ajoute le président.

Une pression fiscale jugée disproportionnée

Au cœur de la contestation se trouve la question fiscale. Les entreprises de transport routier estiment contribuer bien au-delà de leur impact réel sur les infrastructures. L’Union TLF met en avant des chiffres marquants pour illustrer ce déséquilibre structurel. Le projet de loi, tel qu’il est rédigé, « n’apporte aucune garantie d’allègement des coûts supportés par les transporteurs, qui financent déjà 11 % des recettes des administrations provenant de la route, soit près de deux fois plus que la part du transport routier de marchandises dans le trafic routier intérieur », précise Jean-Thomas Schmitt.

Cette disparité entre la contribution financière et l’usage réel des infrastructures est perçue comme un frein majeur à l’investissement et à la modernisation des flottes, à l’heure où la transition écologique exige des capitaux importants.

Électrification et manutention : des mesures inadaptées

Outre l’aspect purement fiscal, l’organisation pointe du doigt des mesures techniques et opérationnelles qui sembleraient déconnectées de la réalité du terrain. Deux sujets cristallisent particulièrement les tensions : les frais de manutention portuaire et la stratégie d’électrification des poids lourds.

Pour les représentants du secteur, ces dispositifs ont été élaborés sans une concertation suffisante avec les professionnels qui les appliqueront au quotidien. Le texte « prévoit par ailleurs des dispositifs insuffisamment travaillés et concertés avec les acteurs de terrain, que ce soit sur les frais de manutention portuaire ou sur l’électrification des poids lourds », regrette le représentant de l’Union TLF.

L’inquiétude porte sur les conséquences opérationnelles de ces mesures, qualifiées d’effets de bord, qui pourraient gripper la fluidité de la chaîne logistique française. « L’Union TLF appelle donc à des modifications significatives du texte pour éviter les effets de bord préjudiciables sur la compétitivité de la chaine logistique », insiste M. Schmitt.

Une volonté de dialogue maintenue

Malgré la sévérité du constat, la porte n’est pas fermée. L’organisation professionnelle réaffirme sa volonté de travailler avec les pouvoirs publics pour amender le projet. L’objectif est de transformer ce texte en un levier de performance plutôt qu’en une contrainte supplémentaire.

« Nous sommes pleinement mobilisés et prêts à contribuer activement aux travaux de concertation afin de construire, avec les pouvoirs publics, un cadre plus adapté aux réalités économiques du secteur », conclut Jean-Thomas Schmitt.

Un acteur majeur de l’économie

Cette prise de position pèse lourd dans le débat public. L’Union TLF fédère en effet l’ensemble des métiers de la chaîne du transport et de la logistique, représentant un pan essentiel de l’économie nationale. Ses adhérents interviennent sur tous les fronts de l’organisation des flux de marchandises.

Le spectre d’action de l’organisation est large, couvrant le transport routier de marchandises, la messagerie, la logistique traditionnelle ainsi que la livraison urbaine et le transport léger. L’Union représente également les acteurs du multimodal (ferroviaire et fluvial), la location de véhicules industriels, et via sa branche TLF Overseas, l’organisation de transports maritimes, aériens et les représentants en douane.