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PARIS : Romain AMBLARD : « L’entrepreneuriat food est…

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PARIS : Romain AMBLARD : « L’entrepreneuriat food est dynamisé par les néo-restaurateurs »

La troisième édition de Foodorama a réuni 1100 participants à Paris pour décrypter les défis des restaurateurs et dévoiler une étude inédite sur le secteur.

Le monde de la restauration change de visage et ses acteurs entendent bien le faire savoir. Les 9 et 10 février 2026, le Showroom République à Paris a accueilli la troisième édition de Foodorama, le salon dédié aux entrepreneurs de la « food ». Organisé par l’accélérateur Service Compris (http://www.servicecompris.co), l’événement a confirmé son statut de rendez-vous incontournable en enregistrant une hausse de fréquentation de 20 % par rapport à l’année précédente, totalisant près de 1 100 participants.

Pendant deux jours, plus de 50 intervenants et 46 partenaires ont échangé sur les enjeux cruciaux d’un secteur en pleine mutation : financement, digitalisation, expérience client ou encore hausse du coût des matières premières. Mais au-delà des chiffres, c’est une nouvelle sociologie du restaurateur qui s’est dessinée lors de ce rassemblement.

Une profession portée par la reconversion.

En marge des conférences, Service Compris a dévoilé les résultats d’une enquête exclusive menée avec l’Obsoco (L’Observatoire Société & Consommation) entre décembre 2025 et janvier 2026. Cette étude dresse le portrait inédit du restaurateur indépendant en France. Le constat est frappant : le métier est désormais massivement investi par des profils en reconversion professionnelle.

Selon les données présentées, 73 % des entrepreneurs du secteur sont des « néo-restaurateurs » issus d’autres horizons professionnels. Ces nouveaux profils se distinguent par une approche plus agile du métier. Ils n’hésitent plus à diversifier leurs revenus, à miser sur la vente à emporter et à déployer des stratégies digitales offensives sur les réseaux sociaux.

L’étude met également en lumière un rapport au travail singulier. Là où la moyenne nationale place souvent la rémunération en tête des priorités, les entrepreneurs de la restauration plébiscitent l’indépendance (70 %) et la passion (48 %). Pour 66 % d’entre eux, ce travail est synonyme d’épanouissement personnel, un score bien supérieur aux standards français. Le baromètre complet est consultable en ligne (https://www.servicecompris.co/%C3%A9tude-servicecompris-obsoco).

L’isolement, le mal du siècle pour les restaurateurs.

Si la passion est le moteur, la route reste sinueuse. L’enquête révèle que 78 % des restaurateurs souffrent de stress lié aux charges administratives et aux coûts d’exploitation. Un sentiment de solitude prédomine : 58 % des sondés se sentent peu soutenus et moins de 30 % se déclarent satisfaits de l’accompagnement administratif.

Face à ce constat, Romain Amblard, CEO et co-fondateur de Service Compris, insiste sur la nécessité de structurer la filière : « Face à un secteur en pleine mutation, cette nouvelle édition de Foodorama a montré une fois de plus que l’entrepreneuriat food est dynamisé par les néo-restaurateurs et a changé de visage depuis la pandémie. C’est bel et bien l’ambition que nous portons : réunir ceux qui façonnent la restauration d’aujourd’hui et de demain, détecter et accompagner les « food-entrepreneurs », apporter des solutions concrètes et écrire, ensemble, le futur du secteur », a déclaré l’organisateur.

Des solutions concrètes pour pérenniser l’activité.

Pour répondre à ces problématiques d’isolement et de professionnalisation, le salon a mis l’accent sur le partage d’expérience. Neuf tables rondes ont rythmé l’événement, abordant des questions parfois provocatrices mais nécessaires telles que « Trop de coffee shop va-t-il tuer le coffee shop ? » ou « Faudrait-il un diplôme pour ouvrir un resto ? ».

Des figures reconnues du secteur, comme la cheffe Chloé Charles (fondatrice de Lago), Bastien Peccoux (Tandoor Club) ou encore Barnabé Mantz (The Fork), sont venues partager leur expertise. Nouveauté de cette édition 2026, six « masterclass conseils » ont permis d’aborder des aspects très    opérationnels : recrutement du personnel, maîtrise des ratios financiers ou recherche de fonds de commerce.

Le format « speed-dating » a également rencontré un franc succès, enregistrant plus de 200 demandes de rendez-vous pour 128 créneaux disponibles. Ces sessions ont permis aux porteurs de projets de consulter des experts sur des sujets pointus comme l’approvisionnement ou la communication, confirmant le rôle du salon comme facilitateur commercial.

La relève assure le spectacle.

L’événement s’est aussi tourné vers l’avenir avec des sessions de pitchs mettant à l’honneur douze projets prometteurs pour l’année 2026. Sélectionnés par un comité d’experts, ces entrepreneurs ont présenté leurs concepts devant le public et des investisseurs potentiels. Parmi les projets remarqués figurent         « Sissi », une enseigne de restauration rapide sino-vietnamienne, « Mama Brasa », un concept festif autour de la viande braisée prévu à Barcelone, ou encore « Mimi », qui propose des lieux de restauration en containers pour redynamiser les zones rurales.

Malgré les difficultés structurelles évoquées par l’étude, l’optimisme reste de mise : plus de huit restaurateurs sur dix se déclarent satisfaits de leur activité et affirment qu’ils feraient le même choix si c’était à refaire. Fort de ce succès et de cette résilience affichée, Foodorama a d’ores et déjà annoncé son retour pour une quatrième édition en 2027.