MARSEILLE : Gaëlle TELLIER : « Le vivre-ensemble ne se décr…
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MARSEILLE : Gaëlle TELLIER : « Le vivre-ensemble ne se décrète pas, il se vit chaque jour sur le terrain »
À 34 jours des municipales, un baromètre révèle que 83 % des Français feront du vivre-ensemble un critère décisif de leur vote en mars 2026.
À un mois jour pour jour du scrutin municipal, le message envoyé par les électeurs est sans équivoque. Le Groupe SOS et l’institut OpinionWay dévoilent ce lundi 9 février 2026 la seconde édition de leur baromètre « Les Français et le vivre-ensemble ». Si cette valeur est plébiscitée comme un idéal républicain, sa réalité sur le terrain apparaît largement fracturée, notamment dans le sud de la France.
Un impératif électoral pour 2026
Le constat est massif : pour 83 % des Français, la capacité d’un candidat à favoriser le lien social sera déterminante dans l’isoloir. Ce chiffre grimpe même à 89 % chez les moins de 35 ans. Pourtant, un fossé sépare l’aspiration de la réalité. À l’échelle nationale, seuls 47 % des sondés estiment que le « vivre-ensemble » est une réalité tangible aujourd’hui.
Pour Gaëlle Tellier, vice-présidente du Groupe SOS en charge des solidarités, ce paradoxe appelle à une réponse pragmatique : « Le vivre-ensemble ne se décrète pas, il se vit chaque jour sur le terrain. Nous agissons pour toutes et tous, du plus fragile au plus ordinaire : de la crèche à l’Ehpad. Ce baromètre le montre : les Français attendent des actions concrètes, visibles et utiles sur leur territoire ».
La Région Sud : la liberté individuelle avant tout
Les résultats détaillés pour la région Provence-Alpes-Côte d’Azur et la Corse, isolés dans cette étude, dessinent un paysage local singulier. Ici, la valeur cardinale n’est pas le vivre-ensemble (cité par seulement 39 % des habitants comme valeur prioritaire), mais la « liberté individuelle », plébiscitée à 58 %, soit le taux le plus élevé de France.
Le scepticisme y est également plus marqué qu’ailleurs : 33 % des habitants de la région (contre 30 % au national) perçoivent même le vivre-ensemble comme une « idéologie néfaste ».
Cependant, l’attente d’action publique reste très forte. Pour renforcer la cohésion locale, 61 % des résidents de la région PACA et de Corse placent en priorité absolue « l’accompagnement des enfants dès le plus jeune âge à la lutte contre les discriminations », loin devant la moyenne nationale. L’amélioration du cadre de vie (propreté, espaces verts) arrive en troisième position des attentes locales (40 %).
Le divorce avec le politique, le plébiscite des associations
L’enseignement majeur de ce baromètre réside dans la crise de confiance envers les institutions. Les Français ne considèrent plus l’État ou les élus comme les garants du lien social. Les responsables politiques ne sont cités que par 9 % des sondés comme acteurs du vivre-ensemble.
À l’inverse, le tissu associatif est perçu comme le dernier rempart contre l’isolement. 64 % des Français considèrent que les associations (sportives, culturelles, caritatives) contribuent concrètement à faire société. Ce chiffre valide le modèle défendu par le Groupe SOS (https://www.groupe-sos.org/), qui avec ses 22 000 employés, démontre que l’économie sociale et solidaire est devenue un pilier indispensable de la cohésion nationale.
Les freins identifiés : insécurité et individualisme
Qu’est-ce qui bloque ? Les répondants identifient deux obstacles majeurs qui se tiennent au coude-à-coude : la crainte de l’insécurité (50 %) et l’individualisme des citoyens (48 %).
Le baromètre met également en lumière les populations perçues comme étant les plus exclues de cette promesse républicaine. Sans surprise, 82 % des Français estiment que les personnes sans domicile fixe sont rejetées, suivies par les personnes en exil (72 %).
À l’approche des élections de mars 2026, les maires sortants et les candidats sont prévenus : les promesses ne suffiront plus. Les électeurs réclament des espaces de rencontre, de la sécurité et une lutte active contre l’isolement des aînés, identifiée comme la deuxième priorité d’action au niveau national.
Les données complètes de l’étude sont consultables auprès de OpinionWay (https://www.opinion-way.com/).


