Passer au contenu principal

PARIS : Emilie PASSEMARD : « Ce règlement crée un cadre eur…

Partager :

PARIS : Emilie PASSEMARD : « Ce règlement crée un cadre européen de confiance pour le partage des données de santé »

Le règlement sur l’Espace européen des données de santé (EHDS) franchit une étape décisive en permettant désormais aux citoyens français de partager leurs informations médicales de manière sécurisée et contrôlée avec les professionnels de santé partout dans l’Union européenne.

L’application « Mon espace santé » a déjà transformé le quotidien de nombreux Français en centralisant leurs informations médicales. Aujourd’hui, cette logique nationale s’étend à l’échelle du continent. Le déploiement du règlement sur l’Espace européen des données de santé (EHDS) vise à mettre un terme à la fragmentation des systèmes de santé qui compliquait jusqu’alors la prise en charge des patients lors de leurs déplacements en Europe.

Ce dispositif connecte les professionnels de santé et les patients des États membres via un réseau numérique sécurisé et interopérable, baptisé MyHealth@EU. L’objectif est clair : garantir que l’historique médical, les ordonnances ou les résultats d’examens soient accessibles instantanément, que le patient se trouve à Paris, Rome ou Berlin.

Un enjeu de confiance et d’efficacité

Pour les autorités sanitaires, il s’agit d’une avancée majeure qui dépasse la simple commodité administrative. « Ce règlement aura un impact majeur sur les patients, les aidants et les entreprises du numérique en santé : il crée un cadre européen de confiance pour favoriser le partage des données de santé, au service du soin, de la recherche médicale et de l’innovation », explique Emilie Passemard, Responsable des Affaires Réglementaires et Européennes à la Délégation au Numérique en Santé.

Elle insiste sur la méthode de déploiement : « Notre défi, en tant qu’autorités publiques nationales chargées de sa mise en œuvre, est d’impliquer tous les acteurs dès le début afin de construire ensemble la confiance nécessaire dans le système », poursuit-elle.

La fin de la rupture de soins aux frontières

Concrètement, l’EHDS résout la problématique de la barrière de la langue et de l’incompatibilité des systèmes informatiques. Jusqu’à présent, un patient français en voyage devait souvent transporter ses dossiers papier ou tenter d’expliquer ses antécédents médicaux sans garantie d’être compris.

Désormais, avec le consentement du patient, un médecin exerçant dans un autre pays de l’Union européenne peut accéder, via son propre ordinateur, aux informations vitales : allergies, traitements en cours ou antécédents chirurgicaux. Cette interopérabilité assure que les données critiques « suivent » le patient, permettant un diagnostic plus rapide et plus sûr, notamment en situation d’urgence.

Le citoyen garde le contrôle absolu

L’une des pierres angulaires de ce nouveau règlement réside dans la protection de la vie privée. L’accès aux données n’est pas automatique ni illimité. Le système est conçu pour laisser la main à l’utilisateur.

Les patients conservent un contrôle total sur leurs informations. Ils disposent de la faculté de vérifier qui a consulté leur dossier, d’ajouter des annotations, de corriger des éléments et de gérer les autorisations de partage. De plus, concernant l’utilisation secondaire des données (pour la recherche ou l’élaboration de politiques de santé), les citoyens peuvent décider si leurs données anonymisées ou pseudonymisées peuvent être exploitées, avec une possibilité de retrait à tout moment.

Un calendrier de déploiement jusqu’en 2031

La mise en place opérationnelle de l’EHDS va s’effectuer par paliers successifs afin d’assurer la robustesse technique du réseau.

D’ici 2029, les échanges concerneront le premier groupe de données prioritaires : les résumés patients et les prescriptions électroniques (e-prescriptions et e-dispensations).

L’horizon 2031 marquera la seconde étape avec l’intégration de fichiers plus lourds et complexes, tels que les examens d’imagerie médicale, les résultats de laboratoire et les comptes rendus d’hospitalisation.

Cette réforme structurelle pose les bases d’une Europe de la santé plus intégrée, où la frontière administrative ne constitue plus un risque pour la qualité des soins.