PARIS : Logistique – La géopolitique redessine la car…
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PARIS : Logistique – La géopolitique redessine la carte mondiale des chaînes d’approvisionnement
Confrontés à une instabilité internationale systémique, les experts de France Supply Chain et du monde académique appellent les entreprises à repenser leurs modèles logistiques pour en faire de véritables actifs de souveraineté.
Dans un monde en proie à une « polycrise » où s’entrechoquent tensions géopolitiques, urgence climatique et ruptures technologiques, la logistique ne peut plus être considérée comme une simple fonction support. C’est le constat dressé le 19 janvier dernier lors de la soirée d’échanges organisée par France Supply Chain by Aslog, en partenariat avec la Chaire Supply Chain Management & Prestations de Services Logistiques. L’événement a mis en lumière une réalité nouvelle : les chaînes d’approvisionnement sont désormais au cœur des stratégies de puissance.
L’entreprise, nouvel instrument des États
Les échanges ont souligné un changement de paradigme majeur : l’instrumentalisation croissante des entreprises par les États. La logistique devient un levier géopolitique, forçant les dirigeants à aligner leurs stratégies industrielles sur des enjeux de souveraineté nationale. Il ne s’agit plus seulement de transporter des marchandises d’un point A à un point B au meilleur coût, mais de naviguer dans un environnement où les frontières et les alliances se redessinent constamment.
Cette nouvelle donne impose une approche transversale. Les experts présents, issus du droit douanier, de la géopolitique ou encore du management portuaire, s’accordent sur l’urgence de décloisonner les organisations. La conformité douanière et fiscale, par exemple, exige désormais une coopération étroite entre les fonctions supply chain, finance et juridique.
Vers une réintégration des activités stratégiques
Face à l’incertitude et à l’augmentation des coûts sur les routes du commerce mondial, les entreprises revoient leur copie. Les débats ont mis en évidence une tendance à la « réintégration verticale ». Pour pallier les risques de rupture et la domination des grandes compagnies maritimes, certaines sociétés envisagent de réinternaliser des activités autrefois externalisées, y compris le transport maritime.
Les infrastructures logistiques, telles que les ports et les corridors fluviaux, sont réévaluées comme des actifs stratégiques vitaux. En France, des projets comme le canal Seine-Nord ou le développement du corridor Rhône-Saône (visant une hausse de 30 % du trafic d’ici 2030) illustrent cette volonté de sécuriser les flux tout en favorisant des modes de transport décarbonés.
Un dialogue pérenne entre recherche et industrie
Cette rencontre marque le début d’un cycle de conférences destiné à rapprocher le monde de l’entreprise et la recherche universitaire. France Supply Chain by Aslog (https://www.francesupplychain.org/), qui fédère 450 entreprises et 5 000 membres, prévoit de renouveler ce format deux à trois fois par an. Ces rendez-vous s’appuieront sur des partenariats avec des institutions de référence comme le CRET-LOG (Aix-Marseille Université), le CNAM ou Paris Dauphine PSL, afin d’offrir une lecture plus fine des signaux faibles qui transformeront l’économie de demain.
L’analyse complète des enjeux pour les années à venir est également relayée par le site spécialisé Truck Editions (https://www.truckeditions.com/transport-logistique-europe-2025-enjeux-2026/).