PARIS : Agroalimentaire – Les négociations commercial…
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PARIS : Agroalimentaire – Les négociations commerciales 2026 s’enlisent dans un climat de forte tension
Au lendemain d’un comité de suivi jugé décevant, Pact’Alim alerte sur le retard critique et la dureté des négociations commerciales qui menacent l’équilibre économique des PME françaises de l’alimentation.
Alors que le comité de suivi des négociations commerciales s’est réuni ce lundi 19 janvier 2026, l’heure n’est pas à l’apaisement entre les industriels et la grande distribution. Pact’Alim, qui représente les PME et ETI (Entreprises de Taille Intermédiaire) du secteur, dresse un bilan préoccupant de la situation. Malgré la signature d’une charte censée fluidifier les échanges, les pratiques sur le terrain semblent peu évoluer, mettant en péril la trésorerie et la pérennité de nombreuses entreprises agroalimentaires.
Des demandes de déflation systématiques
L’enquête menée par l’organisation professionnelle révèle un fossé grandissant entre les réalités économiques des fournisseurs et les exigences des acheteurs. Si la charte a permis quelques améliorations logistiques pour un quart des entreprises, comme le respect des plages horaires, le fond des négociations reste dur.
Selon le sondage, 80 % des entreprises ne constatent aucun changement positif, voire une dégradation du comportement des acheteurs. Le point de friction majeur reste le prix. Alors que les fournisseurs ont présenté des demandes de hausse moyenne de 2,5 % pour couvrir leurs coûts, les distributeurs exigent des baisses de prix (déflations) dans 85 % des cas. Ces demandes de réduction varient généralement entre -2,5 % et -5 %, un niveau que les industriels jugent « largement décorrélé des évolutions réelles des matières premières agricoles et industrielles ».
L’échéance du 15 janvier non respectée
Autre point d’inquiétude majeur : le calendrier. La charte signée prévoyait une finalisation des accords avec les PME au plus tard le 15 janvier, afin de leur offrir une visibilité indispensable. Or, à cette date, le compte n’y est pas.
Seules 20 à 30 % des PME déclarent avoir terminé leurs négociations au niveau national. La grande majorité des entreprises se trouve donc toujours en discussion, dans un climat décrit comme incertain et sous forte pression économique. Des pratiques coercitives sont également pointées du doigt par Pact’Alim, incluant des « menaces de déréférencement » ou encore des demandes d’avantages commerciaux sans contreparties réelles.
La loi Egalim et la souveraineté alimentaire en danger
Au-delà des relations commerciales, c’est l’application même des lois Egalim qui est questionnée. Le principe de « sanctuarisation » des matières premières agricoles (MPA), censé garantir que la part du prix payée aux agriculteurs ne soit pas soumise à négociation, n’est plus respecté selon l’organisation.
Ce manquement menace directement l’équilibre des transformateurs nationaux et, par ricochet, la rémunération des producteurs agricoles dans un contexte de crise du secteur. Pact’Alim rappelle que ces négociations déséquilibrées mettent en jeu « la pérennité des filières agricoles » et la capacité de la France à maîtriser son alimentation.
Face à ce constat, l’organisation appelle les pouvoirs publics et la distribution à un sursaut de responsabilité d’ici la fin des négociations, fixée au 1er mars. Elle demande un respect strict des lois Egalim et une prise de conscience pour soutenir « l’effort de guerre agricole » nécessaire à la souveraineté alimentaire.
Pact’Alim (http://www.pactalim.fr) porte la voix de plus de 3 000 PME et ETI françaises de l’alimentation, représentant 55 % du chiffre d’affaires du secteur.
Le communiqué complet est disponible via ce lien (https://www.datapressepremium.com/rmdiff/2005850/CP-PactAlim-nego-comm-19janv2026-val.pdf).