ARLES : Rencontres de la Photographie 2026 – Une édit…
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ARLES : Rencontres de la Photographie 2026 – Une édition entre histoire industrielle, écologie et relecture sociale
L’édition 2026 des Rencontres d’Arles proposera un programme riche et varié, explorant des thèmes allant de l’histoire industrielle à la cause animale.
Du 6 juillet au 4 octobre 2026, la ville d’Arles vibrera une nouvelle fois au rythme de la photographie avec une nouvelle édition des Rencontres. Le programme dévoilé s’annonce particulièrement éclectique, invitant le public à un voyage à travers les époques, les styles et les questionnements contemporains. Cinq expositions majeures donneront le ton, abordant des sujets aussi divers que la poésie urbaine, la place de l’animal dans notre imaginaire, l’histoire de la sécurité au travail, la symbolique de la fleur et la relecture subversive de l’histoire américaine.
Voyage chromatique avec Harry Gruyaert
Le photographe belge Harry Gruyaert, né à Anvers en 1941, conviera les visiteurs à un vaste « travelling urbain » dans la chapelle du Méjean. Son travail se caractérise par une maîtrise exceptionnelle de la couleur et de la composition. Qu’il capture des scènes à Tokyo, New York ou Ouarzazate, l’artiste ne se concentre pas tant sur le sujet que sur l’agencement des formes, des ombres nettes et des couleurs intenses. Ses clichés, rythmés comme une phrase de jazz, transforment l’asphalte des métropoles en une partition musicale où vibrent les émotions et les sensations.
L’animal, un modèle à travers l’objectif
Pour la première fois, une exposition d’envergure explorera la place de l’animal comme modèle dans l’histoire de la photographie. Présentée aux Ateliers, « Modèle animal : 200 ans de photographie » rassemblera plus de 200 œuvres pour analyser comment les photographes ont façonné notre représentation du monde animal. L’exposition, qui voyagera ensuite à Photo Élysée à Lausanne de décembre 2026 à avril 2027, s’articulera autour de sept thématiques, du regard anatomique au regard viral des réseaux sociaux. Elle réunira les plus grands noms, des microphotographies d’August Bertsch au 19ème siècle aux braques de William Wegman, en passant par les lamas de Martin Parr ou les chats de Fukase, démontrant l’intense présence de l’animal dans notre imaginaire collectif.
EDF, 80 ans de prévention des risques
À l’occasion de son 80ème anniversaire, EDF ouvrira ses archives pour une exposition inédite à Ground Control. Elle retracera l’histoire de la politique de prévention des risques mise en place dès 1947, au lendemain de la guerre, pour sécuriser les chantiers titanesques d’électrification de la France. L’exposition alternera des photographies d’architecture industrielle, témoignant du gigantisme des installations, et des images pédagogiques issues de campagnes de sécurité. Avec le recul, certaines de ces mises en scène sur la manière de porter une charge ou de grimper sur un poteau électrique apparaissent aujourd’hui décalées et amusantes, offrant une plongée fascinante dans l’histoire ouvrière et technique du pays.
La fleur, icône écologique et photographique
Dans le Jardin d’été, une trentaine d’artistes contemporains proposeront une relecture stimulante du motif de la fleur. L’exposition montrera comment ce sujet classique est devenu un formidable laboratoire pour régénérer la photographie elle-même, en explorant de nouvelles démarches éthiques et écologiques. Les œuvres d’Alice Pallot, Anaïs Tondeur ou encore Suzanne Lafont mettront en lumière des processus de fabrication plus respectueux de l’environnement, avec un recours à des techniques anciennes comme le cyanotype ou l’anthotype. Loin d’être une simple mode, la fleur s’affirme ici comme un puissant symbole d’actualité, au cœur des préoccupations esthétiques et environnementales.
Humour et subversion : l’Amérique revisitée
Enfin, l’Ancien Collège Mistral accueillera le fruit d’une collaboration jubilatoire entre le réalisateur Lee Shulman, fondateur de The Anonymous Project, et l’autoportraitiste sénégalais Omar Victor Diop. Ce dernier s’est glissé avec humour dans des diapositives de familles américaines blanches des années 1950 et 1960. En s’immisçant dans ces scènes de barbecues ou de fêtes d’anniversaire, au cœur d’une Amérique ségrégationniste où il n’aurait pas été invité, Omar Victor Diop propose une performance subversive. Leur travail interroge avec finesse les représentations, l’absence et les non-dits de l’histoire.


